14/03/2018

L'escargot-balai

Il s'est enroulé

autour d'un brin d'herbe

comme si l'amour

l'avait frappé

au détour de sa marche.

 

Il est étrange

cet escargot-balai.

Veut-il prendre son envol?

Veut-il devenir sorcière

au balai magique?

 

Il a frappé l'oeil d'un poète

et le poète l'a immortalisé.

 

Et le voici oeuvre d'art...

 

L'escargot-balai

 

Photo0048.jpg

 

 

Photo0047.jpg

 

 

Photo00477.jpg

Madame, Monsieur, je pars en voyage sur mon balai volant.

 

Quelques larmes, et même une petite fille

C'est comment une chambre de passe 

qui fait l'impasse sur la vie?

C'est triste la nuit.

C'est triste le jour.

Il y passe des ombres,

des destins malheureux,

des salauds sans morale,

des petits vieux

qui cherchent une baby-sitter

d'un genre très particulier,

et même une petite fille

qui ne veut pas quitter

ce lieu de débauche

ne sachant ce que c'est

qu'une chambre d'adulte

qui cache bien son jeu.

 

J'ai été te chercher un café

et quand je suis revenu

tes yeux brillaient

comme si les larmes

avaient couvert ton beau visage.

 

Je n'ai rien dit.

Je savais que tu avais lu.

Je n'ai rien dit.

J'avais envie que tu retrouves

ton beau sourire

et que l'on passe

à une vraie passe d'armes.

 

Les romantiques ont le goût

du sang dans le sexe.

Les romantiques ne font rien

sans passion ni folie.

Les romantiques sont des guerriers

et n'aiment guère les tartufes,

les prédicateurs prétendant

détenir Dieu dans leurs spatules

leur verbe d'entubeur professionnel,

frelaté, violent, et lâche,

prétendant et répétant,

psalmodiant que les femmes

ne sont pas libres

de vivre de leur corps;

ne sont pas libres

de s'exposer aux hommes;

ne sont pas libres

de donner de leur personne

à des inconnus perdus

dans leurs fantaisies

et leurs perversions morbides.

Le prédicateur fait le vertueux

mais violente les femmes.

Le prédicateur joue sur le Verbe

mais son verbe est assassin.

 

Il faut que les poètes s'insurgent

pour apporter le verbe et le feu.

Il faut que les poètes explosent

leurs missiles poétiques

sur le dégoût de ce monde

qui ne sait qu'exprimer son désarroi

à travers des actes de terrorisme,

des violences et des viols,

des tortures et des meurtres.

 

Le poète s'insurge

mais ses bombes sont de papier.

Le poète parle de transcendance

mais refuse l'enfermement

dans l'idéologie mortifère

d'une vérité absolue,

la loi du plus violent,

du plus pervers,

du plus criminel,

encageant toutes les femmes

sous des tissus noirs,

semant la haine du différent,

du libre, et du marginal.

Le poète parle de transcendance

et de sexe jusqu'à l'incandescence.

Le poète est indécent

mais son indécence est belle pudeur

et ses actes des actes d'amour.

 

Quelques larmes,

et même une petite fille.

J'étais heureux de te revoir,

mon amour,

après ton absence de deux mois.

 

Mais c'était hier

et nos repères amoureux

ne nous ont point abandonné.

 

Alice pouvait-elle quitter

le pays aux délices

de son poète élu

roi de son coeur?

 

Tout recommence toujours avec Toi

Les aiguilles peuvent tourner.

Sans cesse, nous revenons

à notre histoire d'amour.

Tu peux faire le tour du monde

sur la pointe d'un iceberg,

rejoindre l'ours polaire

et prendre l'avion pour Göteborg

ou finir la partie à Toronto

on se retrouvera tous les deux

peau contre peau

à nos labours dans les fjords

pour pêcher notre goût du précipice,

et du vice qui a bon goût,

dans cette chambre rose glacée

à la recherche du Calice

inventant notre conte érotique

brûlant d'impatience

et d'espaces galactiques,

brûlant de fièvre sur nos lèvres,

ta jambe ouverte

ouvrant cette nouvelle page,

et mon corps

qui ne tient plus debout,

qui te renverse

sur la couette aux galipettes

ne valant pas tripette

sans le son de nos trompettes

et de nos tripes ouvertes

s'envolant par-dessus

toits et collines,

pour finir ici,

sur cette nouvelle page

auréolé du sceau du secret.

 

Sans cesse, nous remettons

l'ouvrage sur ton divan,

ma cire dans ton cadran,

l'érotisme au centre

de notre histoire

chassant tous les outrages

des concurrents

et leurs tristes numéros

autour de deux billets de cent. 

 

Toutes les conventions

sont abolies,

tous les interdits

sont jetés par la fenêtre,

tous les tabous

volent en éclats,

tous les artifices d'artistes

sont effacés.

 

Il n'y a que notre vécu,

ton cul, et les écus.

 

J'irai te chercher au centre de la Terre

et je te ferai faire le tour du monde

en 80 jours et 80 nuits.

Te ramenant ensuite sur notre Nautillus

pour oublier les corruptions,

toutes les compromissions,

tous ces mondes si moches

qui nous entraînent

vers nos nuits de cauchemars.

 

Je suis le chaud lapin

qui n'a pas froid aux yeux.

Je suis le chaud lapin

quand ton coeur se réchauffe

à mes doigts agiles

jouant sur tes velours d'argile

et c'est le moment de te dire

que notre futur n'a pas d'avenir

puisque l'avenir est notre futur.

Des chauds lapins

envahissent ton lit

qui bondissent

encore tous chauds  

 sur ton divan.

Des chauds lapins

qui tapinent en groupe

individuel

dans ton lit.

Et toi avec eux.

 

Hop! Dehors, toi!

Hop! Dehors, petit saligaud!

Ouste! Tous dehors!

Le lit n'est plus à vendre.

Il est devenu la conquête du poète.

 

Je suis le son

et je te donne tous les frissons.

Je dépasse le mur du son

et je te donne l'amour de mon son.

 

A la fin,

il ne reste que toi et moi

et notre histoire d'amour

à coucher dehors,

givrant les lecteurs,

glaçant les lectrices

dans leur silence.

 

Musique!