18/03/2018

Et l'histoire continuera dans notre rêve

 

Il est minuit.

Je t'ai appelée.

J'avais besoin.

 

J'avais besoin de savoir

si notre histoire allait dans le mur

ou si tout allait continuer

dans la réalité de nos jours.

 

Tu avais de la peine à parler.

Tu m'as demandé

de t'offrir des arguments

autre que celui de l'amour

pour se mettre ensemble.

 

J'étais comme ce grand coupable,

cet accusé qui n'a point d'alibi

devant un crime d'amour.

J'avais fait ma vie

et j'aimais une jeune femme.

J'avais déjà quatre enfants

et tu avais besoin

d'un homme qui prendrait

soin de toi et de tes enfants.

J'avais des dettes

à la hauteur de ma prétention

et une santé

pas si étincelante que cela.

J'avais déjà épousé

trois femmes

et tu te demandais

ce qui avait pu capoter

pour me marier déjà trois fois.

 

Mais j'étais tombé

sur la femme de ma vie

comme si Vénus était devenue

d'un seul coup ma planète Amour.

Mais j'avais fait un rêve

énorme, fabuleux,

inimaginable,

et ce n'était pas mon passé

qui allait m'arracher à toi.

 

Et pourtant si.

Mon passé est irrévocable.

Mon passé m'assomme

comme un lourd bilan,

comme le triste pedigree

d'un condamné au bagne

qui ne reverra plus le ciel

ni la félicité d'un amour

avec une femme merveilleuse

à ses côtés

pour la vie

et des petites têtes blondes

galopant dans le pré.

 

Tu partiras un de ces jours.

Tu me quitteras

après m'avoir fait l'amour

une dernière fois,

une toute dernière fois.

Tu iras vers ton futur.

Et moi j'irai vers ma fin.

Nous deviendrons

les meilleurs amis du monde

après avoir été

les meilleurs amants du monde.

 

Et tout finira

dans nos rêves amoureux

au sommet d'un site inaccessible

pareil à une page Internet

qui s'écrit comme un miracle apparu ainsi

dans mon dernier email:

amoureusement.et

Je te jure que j'étais le premier surpris

de relire mon mail

et que je n'avais aucune intention

de créer un lien et une page sur ces mots.

"Amoureusement.et"

comme un mail écrit par E.T.

l'extra-terrestre

qui te renvoie à sa page

d'un inaccessible amour pour toi.

C'est à tomber par terre

si Dieu est dans le coup

d'avoir créer ce lien.

 

Alice aimait un chaud lapin

qui n'avait plus 40 ans.

Alice aimait un pauvre poète

qui n'avait que ses mots

et son amour.

Alice ne pouvait ouvrir la porte

à son poète

pour fonder un jour une famille

avec ce pauvre fou

qui avait les poches trouées,

un passé tortueux,

beaucoup d'enfants.

et un futur bouché

n'offrant pas l'espoir

d'une île paradisiaque,

d'une vie heureuse

en bord de mer,

d'une île au trésor

ou le trésor aurait été tes yeux marrons,

ta bouche de jouvence,

tes beaux cheveux blonds

dans le vent de notre amour.

Et ton corps de déesse

pour me faire danser

et vivre longtemps,

très longtemps.

 

C'est ainsi que les poètes meurent.

Avec leur étoile sublime

suspendue à leur cou.

C'est ainsi que les poètes

quittent la planète Terre.

Déchu de leur Amour.

C'est ainsi que les poètes

créent des histoires d'amour

pour la postérité

sans avoir eux-mêmes goûté

aux fruits du repos,

aux fruits d'une famille admirable,

aux fruits d'un amour

qui durent pour l'éternité.

 

Nous allons encore nous aimer

entre deux vols

sans nous dire adieu

mais en nous réchauffant à deux.

Nous allons faire comme si

notre amour n'avait pas de fin.

Nous allons.

 

Le chemin est le voyage.

Et le but restera l'Amour.

 

 

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