12/04/2018

ZAD, Zone humide à défendre...attention gaieté et joie de vivre

Bel hommage de Marc Hatzfeld, sociologue et ethnologue, aux zadistes.

Par les temps qui courent et face à la désinformation des médias et des gouvernements, cela fait toujours du bien de lire quelques vérités autres que la propagande officielle qui sévit partout...

A celles et ceux qui ont envie de lire autre chose c'est ici. L'ouverture d'esprit ne se limite pas à ouvrir tous les micros à ce cher Emmanuel Macron et de faire passer sa parole pour parole d'Evangile néolibérale.

http://www.liberation.fr/debats/2018/04/11/honneur-aux-za...

On enterre Jacques Higelin cet après-midi au Père Lachaise. Alors honneur au poète.

 

Mais nous sommes déjà morts, cher Pascal!

Ensevelis par l'ultra-libéralisme,

décriés et démolis par l''ultra-catholicisme,

nous sommes bien morts

et j'étais déjà mort

dans les bras de maman

entre son curé de Dieu et son pape Paul XI

et les révolutionnaires maoïstes

qui m'entraînaient en enfer;

entre culpabilité du péché

de jouer avec mon zizi

et jouissance sans entrave

promue par les chevelus de Satan.

 

Allons Pascal.

Ne faites pas semblant

de croire que nous avons existé

ne serait-ce qu'un jour

au coeur de votre média.

Nous n'avons tout simplement

jamais existé,

rayés de la carte par les opportunistes

genre Dany le Rouge justement.

Rayés de la carte, hier,

par celles et ceux qui sont au pouvoir,

qui ont laissé et même bien participé

à la jouissance sans entrave

des dinosaures de l'ultra-capitalisme.

Rayés de la carte, aujourd'hui,

à notre Dame-des-Landes

pour insubordination à la Loi,

rêves utopiques d'amour et de paix,

d'amour et d'eau fraîche.

 

Éradiqués de nos droits

de vivre légers comme l'air

par ces poids super lourds

ces gougnafiers de la Bourse,

ces bons à rien

qui vivent de la rente

sur le dos des travailleuses et travailleurs;

ces Présidents providentiels

qui ont su leur octroyer légitimité tous azimuts,

leur droit d'écraser le peuple

sous des tonnes d'injures et de mensonges,

des plans médias diaboliquement tentant

pour le peuple qui y a cru si longtemps,

malgré des décennies de déclassement social,

des mises aux oubliettes

de leurs conditions sociales exécrables

mais bien secrètes.

 

Je suis un rescapé de la rue.

Je suis un revenant du bordel.

Donc, je peux en témoigner.

Je suis un miraculé de la dèche

et de l'oubli par les médias.

Mais j'ai tout perdu

dans cette affaire

sauf le goût du combat

et de la justice.

Et surtout tout perdu

sauf l'amour.

 

Allons Pascal.

N'écrivez pas

"Ouste. Encore une décennie

et ils seront tous morts

ces vieux croûtons soixante-huitards."

Nous avons été si souvent

morts plutôt que vivants

quand le fond du trou

nous appelait.

Alors, dans une décennie,

nous serons plus vivants

que jamais

nous les seul(e)s rescapé(e)s

de ce joli mois de Mai 68.

 

J'avais 9 ans en ce temps-là.

Mais Gavroche était aussi gamin

et mon petit frère m'appelait

justement "le gamin"

même quand j'eus, plus tard, 17 ans.

 

Qui sont nos gamins d'aujourd'hui,

cher Pascal?

Zadig le zadiste de la Lande?

« Paris a un enfant et la forêt a un oiseau ; l'oiseau s'appelle le moineau ; l'enfant s'appelle le gamin.
Accouplez ces deux idées qui contiennent, l'une toute la fournaise, l'autre toute l'aurore, choquez ces étincelles, Paris, l'enfance ; il en jaillit un petit être. Homuncio, dirait Plaute.
Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours et il va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. Il n'a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n'ont rien de tout cela. Il a de sept à treize ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le temps, culotte des pipes, jure comme un damné, hante les cabarets, connaît des voleurs, tutoie des filles, parle argot, chante des chansons obscènes, et n'a rien de mauvais dans le cœur. C'est qu'il a dans l'âme une perle, l'innocence, et les perles ne se dissolvent pas dans la boue. Tant que l'homme est enfant, Dieu veut qu'il soit innocent.
Si l'on demandait à la grande et énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ? elle répondrait : C'est mon petit. »

Victor Hugo

 

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2018/04/11/soi...

 

Pour vous, cher Pascal,

une chanson de gamin.