12/05/2018

Nous sommes là. Nous ne sommes plus là

Ils nous déconsidèrent

mais Bécassine

est sans doute moins bécasse

qu'elle n'y paraît.

 

Qui boira la tasse

si personne ne veut plus la boire?

Qui boira de leur infecte breuvage

mêlant le sang d'enfants,

de femmes, d'hommes,

disparaissant de la Terre

à la vitesse de la lumière

dans les Ténèbres de leur politique

bâtie sur les recettes de magiciens apocalyptiques

et fabriquée par leurs experts comptables

à la recherche des milliardaires repus?

 

Nous ne pouvons plus être là.

Nous ne pouvons plus être

de leur monde.

Nous devons bouger

vers un nouvel espace

intérieur-extérieur,

vers une autre illusion

qui nous donnera satisfaction.

Nous ne sommes plus là.

Nous voulons être ailleurs.

Et partager une autre Histoire,

un autre Destin

que le destin funeste

des assassins atomiseurs

de rêves et de poésie.

 

Si tu es là,

si tu lis,

si tu penses,

si tu prends conscience,

alors tu n'es plus là-bas,

tu es déjà là, ailleurs,

ailleurs dans un autre monde

qui rêve de futur

intérieur-extérieur.

 

C'était avant le livre d'images

et maintenant les images sont là

à se mouvoir

devant ton regard ému.

 

Il te reste à l'ouvrir

et à le déchiffrer

comme il a fallu déchiffrer

la pierre de Rosette

pour comprendre

la langue des Pharaons

et ce que voulait dire

pour le peuple

la verticalité et la spiritualité.

 

Sans doute pas,

l'ère primitive et vorace

des dinosaures dévorant tout

pour satisfaire leur triste ego,

et leur orgiaque bestialité.

 

Plus tu es riche,

plus tu manques d'empathie

et de regards aimables sur les autres

qui vivent autour de toi.

 

Et ce sont précisément

ces gens-là

qui gouvernent encore

notre monde et font nos lois,

inventent des règles

de plus en plus contraignantes,

de plus en plus étouffantes,

de plus en plus scélérates

en faveur des plus riches

au détriment de tous,

au détriment de la Terre,

au détriment du Vivant.

 

Nous sommes là.

Nous ne sommes plus là.

 

Jean-Luc Godard

avant le Livre d'images.

 

La caissière ne joue plus dans leur club

La caissière pleure misère.

On lui a dit que son salaire

est juste et suffisant

pour une personne

qui n'est rien.

 

La caissière pleure misère.

On lui a demandé

d'être encore plus à disposition

de son maître Macron,

plus self-responsible,

self-pliable, self-flexible,

bien qu'elle ne soit rien.

 

Alors la caissière

n'a plus joué le jeu

de l'humiliation permanente.

Elle a jeté la société

par-dessus bord

et elle a rejoint

la zone à défendre,

la zone de son coeur,

la zone de sa révolte

contre ce monde

qui a fait de centaines de millions

de personnes des riens

pour favoriser quelques people

qui s'octroient tout

avec l'arrogance et le mépris

en plus.

 

Alors, tu rejoins ta ZAD

ou tu restes victime du Marquis de Sade?

 

Godardissime! Non. Zadadaïste!

Un court-métrage réalisé par un collectif qui cache bien son (ses) nom(s). Voilà, aux dernières nouvelles données par le site Médiapart, la réalité cinématographique sur cet ovzni (objet visuel zadadaïste non identifié) que je vous ai présenté dans mon billet précédant. Ci-dessous, le lien pour lire l'article de Médiapart

 https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110518/ven...

Dans la réalité, toujours, Godard n'a ni démenti de lui-même la paternité du court-métrage ni ne l'a refusée. Est-ce qu'il est trop occupé sur la Croisette pour s'y intéresser ou est-ce que sa voix trop grave est tellement bluffée par ce petit bijou qu'il en reste sans voix?

Il faut rajouter au dictionnaire français le mot représentant le courant artistique de l'année 2018 créé (?) par    dans son commentaire sous le billet de Médiapart.

Je suis preneur de cette invention française. Nous sommes effectivement en plein Zadadaïsme et nous ne savons toujours pas si le collectif a volé l'esprit de Jean-Luc Godard lors d'une séance de sun dance lui permettant d'obtenir une inspiration Godartienne afin de réaliser ce petit chef-d'oeuvre faisant même de l'ombre à Cannes et rendant pleinement hommage à son père spirituel. La relève arrive mais comme elle demeure anonyme et qu'elle a surgi de Rien, de Nada (cela plaira mais fera aussi la nique à Macron) il est difficile pour les médias d'en faire un spectacle à la gloire de quelques vedettes du showbizz que ce soit...

On est zadiste ou on ne l'est pas. On naît zadiste au moment où on s'y attend le moins...

Parfois, je joue dans leur Club,

parfois, je ne joue pas.

Parfois, je danse dans leur Club.

parfois, je ne danse pas.

J'aimerais la jouer collectif

à chaque instant de ma vie

mais la société m'impose

de la jouer en solo.

Mais solo est la vie.

Je nais individuel.

Je meurs individuel.

Mais j'ai eu besoin

de tous et de toutes

pour réaliser ma vie;

un homme sans la communauté

n'est rien d'autre

qu'un homme perdu dans la foule;

une femme sans la communauté

n'est rien d'autre

qu'une femme perdue dans la foule.

j'ai eu besoin

et de ma mère

et de mon père

pour naître

et ne point rester

dans le néant.

Maman et Papa

l'ont joué collectif

pour que je sois ici

sur cette planète Terre.

 

Alors, sommes-nous

un collectif de personnes

à la recherche

d'un but commun

ensemble, tous ensemble

pour un bien commun

ou des milliards d'individus robotisés,

lobotomisés, hiérarchisés,

se marchant les uns sur les autres

et en compétition permanente

pour gagner le sommet

de la hiérarchie sociale

ou alors les bas-fonds de la Cité? 

 

Qui sommes-nous?

Qui suis-je?

Un adorateur,

une adoratrice

du Capital?

Ou un participant,

une participante

de L'AVENTURE HUMAINE

en lettres capitales?

 

A toi de donner

tes couleurs à ta réponse.