20/05/2018

Les jeunes Suisses ont une dent contre Monsanto

Les Suisses ont horreur du désordre. Ils préfèrent donc rester dans l'ordre néolibéral tout en grillant leurs saucisses et entrecôtes sur leurs balcons merveilleux alors que la France est aux tisons et que le monde brûle.

La Suisse bouge un peu. Hâte toi lentement et le révolution viendra... C'est le dicton de circonstance en ce mai 2018.

C'est donc à une fête à...Monsanto que les écologistes helvétiques ont convié la population.

Nous en Suisse, on vote, ma bonne dame, mon bon monsieur. On ne fait pas la révolution comme ces sauvages, ces sans-culottes de Françaises et de Français qui rêvent de pendre la tête à Macron à un gibet de potence...carnavalesque.

Dans 50 ans, en relisant les archives de notre temps, les médias pourront écrire que les Suisses faisaient signer une pétition contre le géant de l'agro-alimentaire chimique Monsanto qui veut privatiser le vivant et nous gâter de ces pollutions chimiques tandis que la France semait les germes politique de la chute du Capitalisme.

La gauchiasse, comme l'appellent désormais les braves bourgeois qui haïssent la révolte du peuple,  la gauchiasse française enchaînaient les grèves et les manifestations ainsi que les AG et les blocages de fac, les zadistes défendaient leur ZAD à notre Dame-des-Landes tandis que les écolos helvètes faisaient pousser brocolis, oignons, et choux-fleurs sur leurs têtes bien faites pour protester contre Monsanto avec des slogans qui ressemblaient à ceux de la fête à Macron.

Les Suisses avancent d'un petit pas timide pour conquérir la rue et défendent une vision contestataire de l'alimentaire mais ne remettent d'aucune façon en cause le système dans lequel ils vivent si bien en général et en profitent au mieux. Ils râlent pourtant contre l'assurance-maladie privée mais obligatoire qui leur coûte bientôt le prix du saladier d'argent de Wimbledon chaque mois; les Suisses sont de braves vaches à traire mais ils se taisent encore parce que leurs salaires, pour la plupart d'entre eux, n'a rien à voir avec un salaire moyen français, allemand ou italien; les Suisses pensent sincèrement que les Français font fausse route et qu'ils et elles feraient mieux de retourner au travail plutôt que de se révolter dans la rue; les Suisses pensent que Macron est un président BCBG, jeune cadre dynamique de la banque devenu président de tout un pays, qui est l'homme de la situation pour transformer la France en pays néolibéral plutôt que de moderniser l'Etat providentiel complètement ringard et ruineux aux yeux des Helvètes fiers du tout libéral; les Suisses pensent que Monsanto est juste un monstre qui s'est créé tout seul, au même titre que Facebook et Google, mais qu'il n'est pas le fruit des entrailles mortelles du néolibéralisme.

Les Suisses ne veulent pas de révolution copernicienne. En bons citoyens et en bonnes citoyennes, ils se tiennent peinard, se hâtent lentement, et mille jeunes défilent un samedi par an dans la petite ville de Morges pour dire NON à Monsanto.

Tout un programme politique...

Le Facebook des champs a toujours le champ libre devant lui. Nos initiatives populaires sont certes importantes pour la vie démocratique mais que peuvent-elles faire si nous gardons un système qui a permis toutes les dérives actuelles et tous les poisons qui se répandent et nous tuent à petit feu, nos enfants les premiers qui sont empoisonnés dès leur naissance? Pour les géants du monde ultralibéral, ces initiatives et votations ne sont que torchons de papier votés par un peuple bien naïf qui croit encore réellement que nous devons réformer le système et non le détruire...par une bonne révolution populaire qui nous permettra de reprendre le pouvoir sur nous en devenant solidaires les uns des autres.

Les rouges et les anars font peur mais ce ne sont pas eux qui mettent la planète à sac et détruisent les peuples. Demandez la responsabilité de l'état de notre planète aux champions de l'ultra-libéralisme qui nous injectent dans nos cerveaux la lèpre de notre temps: soit l'ultra-matérialisme, l'ultra-individualisme, et l'ultra-consumérisme.

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