30/05/2018

Grèves pour rien! Manifs pour rien!

 

Grèves pour rien!

Manifs pour rien!

Le peuple est bon à rien!

Rien! le peuple n'est rien!

Rien! Rien! Rien!

 

Terriens,

Terriennes,

mais bon sang

fallait s'arrêter de marcher;

occuper les places;

Gare de l'Est,

République,

Bastille.

 

Et ne plus marcher pour rien;

et pas faire la grève pour rien;

et pas manifester pour rien.

 

30'000 rien

qui font un sitting permanent.

Et c'est une marée populaire

qui grossit sans cesse

et vient à la rescousse;

100'000 rien restés

à la maison qui arrivent sur la plage

pour entretenir la flamme

et la montée des eaux;

puis 1 million de rien

qui se mettent à bouger,

à courir, à crier révolution

dans les rues

sous les gaz lacrymos

des CRS qui ne savent plus

où donner du lacrymo pour tous

et révolution nulle part.

Une ville sous nuage toxique

qui veut soudain se libérer

de l'empoisonnement,

de l'esbroufe généralisée,

de cet air irrespirable, vicié,

d'autorités décadentes qui cèdent

sans cesse aux arguments fallacieux

et grotesques des multinationales.

Glyphosate sulfaté partout

après sa promesse électorale

non tenue;

puissances de l'argent

encore plus puissante

après sa promesse électorale

mieux que tenue

pour les très très riches.

 

C'est ça Macron.

Un Président tout mignon

qui pense d'abord pognon.

Un Président qui aime

les héros de la République

mais qui n'aime pas le peuple.

Un Président qui donne du mérite

aux exploits sportifs

que d'autres n'arrivent pas,

n'arriveront jamais

à accomplir faute de physique musclé

pour cela.

Un Président qui donne du mérite

aux exploits intellectuels

que d'autres n'arrivent pas,

n'arriveront jamais

à accomplir faute de cerveau musclé

pour cela.

Un Président qui fait

de la réussite une chasse gardée

pour une petite élite

et qui chasse partout

le migrant, l'exilé, l'exclu,

le dégradé, le sous-homme,

la sous-femme,

qu'est le petit peuple

à ses yeux,

la grande masse des rien.

 

Larmes de joie;

larmes de peine.

La révolution n'aura pas lieu.

Il faut un peuple vibrant qui ose

donné son coeur à la révolution.

Il faut un peuple

qui n'a plus peur

de rien ni de personne.

Il faut un peuple debout

qui dit vraiment

"STOP AU FRIC TOUT-PUISSANT,

STOP A LA MERITOCRATIE,

STOP A L'ELITISME".

 

Je pensais créer le surnombre

mais je n'ai été

que l'ombre de moi-même.

Je pensais que tous ensemble

nous allions créer le surnombre,

ce peuple qui gagne,

mais nous n'étions que l'ombre

de nos désirs révolutionnaires.

 

Tu sais, la marée,

ça se met gentiment en marche.

Et puis la lune a de ces drôles d'effets

sur les animaux, sur les plantes,

sur les champignons,

sur les femmes, sur les hommes,

sur les gens de la mer.

Tu sais, la marée,

elle est tout d'abord discrète,

avant de s'étendre partout

dans le Grand Paris,

depuis son centre

elle s'étend dans les quartiers,

puis court jusqu'aux banlieues.

 

Et enfin, elle arrive au Parlement

et décide du moment décisif,

du moment révolutionnaire

de dire non pour de vrai

à leur ultra-libéralisme

de signifier que tout ça

c'est fini,

qu'on n'en veut plus.

Que Macron, t'es vraiment foutu,

que Gattaz, t'es vraiment foutu,

que Dassault, t'es vraiment foutu.

 

Peut-être que la marée révolutionnaire

c'était pas vraiment nous

ce 26 mai 2018,

notre petite marche sympathique

bien trop tranquille

et joyeuse,

mais que là-haut,

dans le ciel,

la lune

a voulu nous montrer

sa force de persuasion,

son vrai visage

en emportant

à la mer

l'homme de la guerre,

l'homme de toutes les corruptions,

l'homme propriétaire

de la pensée des journalistes,

l'homme criminel

remercié par les puissants

pour son génie guerrier,

pour ses magouilles,

ses extractions fiscales,

ses infractions délinquantes

à la loi démocratique,

mais tellement aimé et respecté

des champions politiques

de la Droite républicaine.

 

Sûr qu'être délinquant

à un tel niveau de manipulation,

ça tient du génie conservateur.

Sûr qu'être respecté,

adulé, fréquenté

pour son argent et sa puissance,

sa gouaille et sa façon

de mettre les gens dans sa poche

et l'argent conquis dans l'autre poche,

ça rend certains démocrates

euphoriques, et carrément traîtres

aux principes de la démocratie

telle que voulue en 1789.

 

Et puis,

nous voulions être

tous ensemble cette Commune

de Mai 2018.

Il n'y a pas eu de morts.

Juste une manif bon enfant.

Fort heureusement.

Il n'y a pas eu de morts.

Seulement des déceptions

et un peu, beaucoup de désespoir.

Et les soutiens d'Adama Traoré

qui ont parlé fort

sur les marches de l'Opéra

avant de se retirer sur l'herbe

face aux chalands-habitations

comme le reflux de cette marée

qui n'avait pas assez grandi.

 

Dans la lumière,

deux jeunes filles lumineuses

donnaient

leurs prières à Allah.

 

Mais point de révolution en vue.

Nous ne sommes pas sortis vainqueurs

de notre face à face

avec Macron.

 

Il n'y a rien eu

de bien sérieux

sauf cette volonté

qui attend encore

de vouloir tout bouleverser

et de changer le monde.

 

Alors oui.

J'ai eu raison de monter

encore à Paris

pour faire partie

de ce peuple.

Alors oui.

Je ne regrette rien,

ni les visages, ni les rires,

ni les sourires,

ni ma grande solitude

parmi la foule.

Alors oui.

Je reviendrai encore.

Jusqu'au jour de notre révolution.

 

Sitting Bull,

un revenant pour sauver

une civilisation qui se meurt

alors qu'elle est le seul futur

de l'Humanité.

 

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