06/06/2018

J'ai toujours soif de toi

Quand le ciel a ouvert le champ aux étoiles

le migrant a ouvert ses yeux sur ce monde.
Et puis,
comme la mer ne voulait jamais dormir
et qu'elle était bienveillante en cette nuit,
elle  a ouvert l'asile au migrant.
Et puis,
comme toi marchant sur la plage
recueillir cet homme à la dérive,
tu lui as ouvert l'espace de ton corps, 
et l'amour a jailli de ses yeux.
 
Comme toi qui maintenant
ne peut jamais plus traverser
cet espace-temps
pour créer notre avenir.
Comme toi qui a laissé ton amour
dériver vers d'autres filles
qui ne lui donneront jamais ta joie
ni ton amour
mais davantage de peine,
de regrets, et d'amertume.
Comme toi qui a allumé
les étoiles de nos coeurs
et qui les a laissées choir
dans notre éloignement
de plus en plus grand
au lieu de les élever
petit à petit
plus haut dans le ciel
pour en faire ce ravissement,
ce déluge de tendresse,
ce refuge pour le requérant d'asile
que j'étais à notre commencement
en conquérant tes terres humides
quand tu m'as pris, timide,
entre tes bras de libertine
pour me protéger de mon spleen,
quand tes lèvres ont rejoint mes lèvres
comme la vague touche à la plage
avec fracas ou douceur;
quand ton corps s'est ouvert
comme une grotte secrète
qui attend depuis toujours
l'homme pyramide de sa vie.
 
Si je ne suis pas ce coeur,
pharaon d'amour,
je resterai alors ce migrant refoulé
au pied de ton coeur
refoulé vers un exil très incertain
qui oubliera notre glorieux passé,
son asile merveilleux auprès de toi,
sa récompense fragile
d'avoir joué le héros 
de ton coeur volatile
quand tu te sentais trop seule
dans ta petite chambre rose
et que j'étais là
pour te donner mon amour,
mes cadeaux, ma joie,
ma liberté, ma patience,
malgré tous les hommes
qui passaient sur ta couche,
malgré tous les hommes
qui prenaient ma place
sur ton corps aux merveilles
et que mon coeur acceptait
tous les scandales
de tous ces vandales
parce que la vie reste cette chienne
qui dort tapie et sauvage 
sur les trottoirs sombres
pour remplir le tiroir-caisse
des filles qui tapinent.
 
Si je n'étais pas un sage
qui renonce au suicide,
ou un lâche qui n'ose pas,
je devrais prendre
trois caisses d'alcool fort,
prendre trois solides caisses
d'alcool fort
et mourir cash d'amour
puisque toute loi romantique
doit logiquement à la fin
se plier à la loi du marché,
de ton marché aux fauves
qui nous sépare
et qui nous vole notre amour.
 
Je t'attends encore
mais si tout devient impossible
alors je serai ce migrant
à jamais repousser
de son droit à l'amour,
à la chaleur de cette femme,
au bonheur de cette rencontre
et de cette joie irréelle
de s'élever ensemble
dans ce monde ultra-cynique.
Je voulais faire la nique à ce monde
et crier
 
"Révolution mon amour!"
 
avec toi, mon amour. 
 
"Cinéma" d'Yves Saint Laurent
c'était le premier parfum
que tu as reçu de ton poète maudit.
Mais si tout notre amour
n'est qu'une belle histoire de cinéma
où l'actrice et l'acteur se sont aimés
juste en faisant semblant d'y croire
malgré cette réalité du fric
qui cogne dur et met KO
le plus grand romantique
de tous les temps
alors je reprendrai mon chemin
de migrant vers nulle part.
 
Ainsi soit le poète maudit.
 
P.S. Il m'est impossible de partager avec vous tous, amies et amis lecteurs, les vidéo-images de mon bonheur que j'ai réalisé pour elle. Société de chagrin et de secret d'alcôves empêchant cette liberté et imposant cette censure pour respecter son droit naturel à l'image et à l'incognito.
 
 
La chanson qui convient le mieux à la situation actuelle est celle-ci.
 

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