07/06/2018

Médiapart nous parle de cinéma-réalité. Trash-reality

Bien mieux qu'une montée de tapis rouge, l'alerte rouge sur nos libertés à tous, notre manière d'appréhender nos défenses de la liberté, nos rapports aux gens qui migrent, aux minorités sexuelles, aux gens qui dérangent notre confort intellectuel.

Je conseille vivement à tous les lecteurs et lectrices de ce blog de visionner cette vidéo qui parlent de cinéma-réalité, de choses que l'on cache dans les médias parce que la société en a honte, honte d'abandonner des gens en détresse et de punir celles et ceux, très minoritaires, qui leur viennent en aide (au contraire de toutes nos valeurs démocratiques qui vantent et même obligent de porter assistance à personnes en danger); honte de ne pas reconnaître à part entière des minorités sexuelles qui doivent encore se cacher pour vivre leur liberté, leurs manières de vivre parfois trop marginales pour être acceptées par la norme morale et religieuse d'une société hyper hypocrite.

Bonne lecture vidéo.

Trash Society

 

Quand j'entends

tous leurs mots sur leurs lèvres

qui mentent effrontément

comme des arracheurs de dents

j'ai vaguement l'impression

de faire encore partie de ces sans-dents

après avoir subi

ma grosse opération chirurgicale

qui fut une réalité physique telle

que je ressentis la manifestation physique

qu'un boxeur

venait de me frapper

avec un poing de fer dans la gueule

d'une violence inouïe

que ma bouche pissait encore

tout son sang une heure après

dans le train

avec le souvenir intense et exact

du sourire du dentiste efficace,

excellent, et sympathique

qui me disait

que je serais nettement plus beau

et plus présentable

avec mes implants tout neuf ,

des dents blanches magnifiques

comme celles des esclaves noirs,

qui feraient de nouveau de moi

un individu blanc à part entière

dans leur société d'esclaves et de maîtres,

de rentiers aux couilles en or

qui rejetaient les marges

dans les tréfonds de leur conscience

afin de vivre entre gens heureux, beaux

qui ont réussi pleinement leur vie.

 

Comme je me sens,

je suis;

et comme je ne mens pas,

je suis.

Et je n'ai pas oublié

ma vie d'avant mes implants

qui m'ont redonné

le droit au sourire

devant les gens.

Je suis resté un sans-dents

dans l'âme,

dans le coeur,

et dans le corps.

 

Cela fait de moi

un être humain

avec une conscience et un coeur.

 

C'est peut-être pas bien.

C'est peut-être un délit.

C'est peut-être devenu illégal

d'être resté un être humain

qui respecte les droits humains

et les idéaux républicains de base.

 

Mieux vaut être libre en prison

que prisonnier d'une idéologie fasciste

qui désigne les bons éléments

en rendant invisibles,

criminels, et monstrueux,

de simples migrants,

de simples minorités sexuelles,

qui ont fait un autre voyage,

qui ont connu un autre destin,

et qui paient pour cela

le prix de leur liberté et de leur courage.

 

Les commentaires sont fermés.