25/06/2018

Kaliningrad-Kosovo, même combat...

Qui se souvient de Königsberg, ville créée par les Chevaliers teutons et ville convoitée de l'Union Soviétique sous domination, alors, du IIIème Reich d'Hitler?

A part les gens de là-bas, à peu près plus personne. Kaliningrad, la dernière ville renommée par l'empire soviétique qui porte encore son nom, et qui n'a jamais retrouvé son nom d'origine après la chute du régime totalitaire, nom par ailleurs découlant d'un dignitaire de l'époque, Kaliningrad a connu un destin similaire à l'histoire et la naissance du Kosovo durant le XXème siècle.

Adolf Hitler appelait Königsberg "le bastion imprenable de l'âme allemande"... Cela rappelle tellement comment la Serbie ultra-nationaliste de Milosevic nommait alors le Kosovo: l'âme, le berceau historique de la grande Serbie.

A la fin de la guerre mondiale, les habitants Allemands de Königsberg ont été obligés de quitter à tout jamais la ville et ils ont été remplacés par des populations de l'empire soviétique qui avaient subi la domination hitlérienne.

Il faut se rappeler ici la lutte du Kosovo pour son indépendance après le plan ignoble de génocide et de déportation des populations albanophones par l'ex-régime de Milosevic. Il faut se rappeler combien, sans l'intervention malheureuse mais nécessaire de l'Occident, le Kosovo aurait été vidé de sa population albanophone soit par génocide soit par déportation. Aujourd'hui, le Kosovo existe pour certaines nations du monde mais il est aussi ignoré par d'autres nations qui ne l'ont toujours pas reconnu comme pays libre et indépendant. Son équipe de football ne peut toujours pas jouer les compétitions officielles internationales.

Si certains de nos joueurs de football binationaux ont appris à voler très haut dans le ciel pour s'imposer sur la scène mondiale, ils le doivent d'abord à leur caractère et leur force d'esprit. Ils oeuvrent au succès d'un pays multiculturel fier de ses diversités ethniques. Ils oeuvrent au succès d'un petit pays qui s'appelle la Suisse, un pays plus tenté par la paix, la concorde, les échanges culturels, économiques, spirituels, que par les nationalismes, les fascismes, les haines.

La Suisse qui a joué sur le terrain de Kaliningrad est à mille lieues des divagations des milieux fascistes et ultra-nationalistes. C'est une Suisse qui gagne et qui fait du bien. C'est aussi une Suisse aux mille visages du monde. Une Suisse qui ne se laisse pas dominer par un esprit de repli sur soi, chemin tenté par un nombre croissant de personnes qui pensent que l'immigration est le grand mal de notre temps, le mal qui va détruire l'Europe ici, l'Amérique là-bas.

Hors rien n'est plus faux. Nous venons d'une Histoire commune à toutes et tous. L'Histoire de peuples qui se retrouvent, grâce à la technologie, vivre sur la même planète, avec le même devoir de solidarité et de responsabilité vis-à-vis de la marche du monde.

Si les joueurs suisses sont pénalisés fortement pour leurs gestes ailés et que cela porte préjudice à l'équipe et au pays, c'est à la liberté et aux cultures multiculturelles que les instances de la FIFA porteront un grave coup.

Les ailes de la victoire sont à la Suisse. Désolé si cela ne plait pas à tout le monde et à ceux qui sont tentés par un nationalisme brun propre à faire des êtres humains des catégories entre bons humains et bons citoyens et mauvais humains qu'il faut tout faire pour les rendre invisibles et négligeables, dans l'idée la plus répugnante d'extermination et de déportation de gens du voyage qui dérangent leur vision du monde et leur nationalisme étroit, borné, et très dangereux pour la commuanuté humaine toute entière.

 

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Niké, la déesse ailée de la Victoire

(Kaunos, Carie, Grèce antique, Turquie actuelle)

 

Les ailes sont accordées

aux anges du ciel

qui libèrent les peuples

et portent le chant

de la Victoire de l'amour

sur la haine,

de la justice sur l'injustice,

de la paix sur la guerre.

 

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