26/06/2018

Rompre le nationalisme exacerbé; la fête aux cultures métissées

Nous vivons en cette année 2018 un retour tragique aux pires années du fascisme. Les nationalismes renaissent partout en opposition à la mondialité de notre civilisation. Le néolibéralisme barbare a provoqué ce ravage-là en plus de tous les autres.

Nous sommes contre cela. Nous voulons résister mais comment résister quand les réponses données par les pouvoirs élus ou dictatoriaux sont encore plus d'outrageantes réponses néolibérales, triomphe des ultra-riches partout dans le monde s'emparant partout des pouvoirs politiques et de ce qu'il reste de nos démocraties en lambeaux déchirées par les haines inter-communautaires.

Nous aimerions que le football reste la fête qui célèbre le peuple d'en-bas, le peuple qui trime, le peuple qui souffre. Nous aimerions que les footballeurs ne fassent pas partie d'un système qui les rend ultra-riches, séparés du peuple par une ultra-classe sociale dominante qui les a enrôlé de gré ou de force dans leur jeu pervers de domination sur le peuple.

Nous aimerions retrouver des artistes sur le terrain qui oeuvrent tous à la paix, à l'amour, à plus d'égalité et de solidarité entre nous tous.

Nous rêvons à tellement de choses... Et puis, il y a cette équipe suisse qui flambe par tous ses talents métissés. Cette Suisse qui gagne grâce à une communauté, ô miracle, qui sait encore tisser les liens multiculturels sans en faire tout un plat de démagogie et de discours bruns. Une Suisse discrète qui travaille chaque jour, curieuse de l'autre, qui se méfie d'abord de celui, celle, qui vient d'ailleurs puis, peu à peu, cherche à gagner la confiance de cet étranger, de cette étrangère venue d'une autre terre, qui est venu(e) chercher ici son paradis sur Terre ou alors simplement son havre de paix et de sécurité, son port pour se créer de nouvelles attaches, une identité de plus en plus métissée, de plus en plus complexe.

Il manque un footballeur d'origine serbe dans notre équipe nationale. Un footballeur qui mettrait tout le monde d'accord. Un aigle noir qui porte son emblème national d'origine. Et qui fait le signe des ailes avec Shaqi, Xha, et Behr quand un goal surgit de nulle part.

Alors la victoire serait totale et la polémique éteinte.

Les héros sont ceux qui osent la paix, la fraternité, la joie, le soleil. Les héroïnes sont celles qui sont amoureuses des fous, des poètes, des hommes de l'impossible victoire sur la guerre et la haine, ces nationalismes exacerbées qui hantent nos mémoires de leurs tragédies terrifiantes.

Je suis le Serbe, l'aigle noir, le miracle. Pour faire plaisir à cette équipe nationale helvétique, et je porte sur moi la victoire de nos ailes helvètes.

Je suis le Serbe,

l'aigle noir,

le miracle.

Je suis le Kosovar,

l'aigle noir,

le miracle.

Je suis le Suisse,

l'aigle noir,

le miracle.

Je suis le diamant bleu

d'une équipe

qui n'a plus froid,

ni peur, ni n'est envahie

par les démons

de la haine, du fascisme,

du chacun chez soi. 

 

P.S. La plus belle des réponses à la polémique bête et méchante:

«Je suis assez révoltée par tout ce qui se passe; pour ma part, je voulais simplement savourer ce match, commente Albana Krasniqi Malaj, la coordinatrice de l’Université populaire albanaise (UPA) de Genève. Et au lieu de cela, tout le monde tente de savoir quel sens donner au geste de ces trois joueurs. Alors je vais répondre. Pour moi, ce n’est pas du nationalisme. Ce signe, c’est celui de la réussite et de la liberté. Je l’ai vu comme la démonstration d’une immense joie à l’occasion des deux buts qui ont donné la victoire à la Suisse.»

https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/j-demonstration-...

Les commentaires sont fermés.