05/07/2018

Les mots égarés

Je ne trouve plus les mots

pour te dire ma douleur.

Je ne trouve plus ma route

et ce que je pourrai encore faire

de mon temps libre

dans les mois et les années

qui semblent être l'avenir.

Même l'écriture et la lecture

n'ont plus de goût

à satisfaire mon esprit.

Même mes combats révolutionnaires

sont fades parce que tous

ils ont échoué et avorté

les uns après les autres.

 

Ta vision m'obsède

et me plonge

dans l'obscurité,

parmi les noirceurs irréversibles

d'un homme déjà vieux

à la dérive.

 

De n'avoir pas su;

de n'avoir pas entendu;

de n'avoir pas tu

ce qui me tue

sur cette Terre

je sens l'amertume

et les enfers

gagner mon âme

et même mon coeur

part en vrille

et n'espère plus rien

de l'amour.

De n'avoir pas voulu;

de n'avoir pas su défendre

la possibilité de notre amour;

de m'être cru trop vite

le roi de ton coeur

je n'ai pas su deviner

que tu me refuserais l'avenir

et la vie avec toi.

 

Je suis sans projet,

jouet de cette pure illusion,

d'un rêve fou et trop grand,

d'un miracle impossible

qui n'avait aucune chance

de prendre sa place

dans ma réalité.

 

Ne m'en veux pas

d'être si triste

au royaume des anges.

Je voulais réussir

quelque chose d'énorme

avec la femme de ma vie.

 

Désolé de n'être pas celui

que tu attendais dans ta vie.

 

Parfois l'amour ne suffit pas.

Et j'en assume la tragédie.

Sois heureuse

si je ne reviens pas.

Sois heureuse

si nous n'avons plus rien

à nous dire

après tes vagues explications.

Sois heureuse

d'être tant convoitée

et tant appréciée

de tellement d'hommes

qui aiment la bonne compagnie.

Au minimum,

ce sera un plaisir pour moi

de savoir que tu as trouvé

ton chemin de vie et l'amour

entre d'autres bras.

 

Notre histoire sentait la poudre,

le sexe, et la fureur de vivre.

Notre histoire devait se prolonger

loin dans le temps.

Notre histoire devait avoir

comme but le futur

des amoureux du grand amour,

des poèmes sans fin,

de la gloire éternelle.

 

Mais je crains qu'à ton retour

nous nous regardions

comme deux amants

qui ont trébuché

de leur joli cinéma.

 

Je n'aurai rien vécu

durant tes 90 jours d'absence.

Mais toi qu'auras-tu vécu

à deux milles kilomètres

de distance?

Des jours et des nuits

à nous oublier,

à nous séparer,

à nous dire non

ce ne sera jamais nous

dans une vie future

parce que tant et tant

d'opportunités et d'hommes

touchent à tes délices.

 

Une fin en guise de sacrifice.

Et le feu d'artifices

qui s'éteint dans mon coeur

comme un maléfice

dont le poète ne sortira jamais.

 

Plus mort que vivant,

un poète ne sert plus à rien.

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