01/08/2018

Le jour de nos retrouvailles

 

Le jour de nos retrouvailles

devait être celui de nos funérailles,

celui de notre acte de séparation

pour impossibilité de faire

la route ensemble.

 

Cela devait être

la fin d'un conte de fée,

notre histoire d'amour.

 

Ce ne fut en définitive

que la fin

d'un avenir qui ne peut prendre

pied dans cette réalité.

 

Un peu comme la fin

d'une idylle qui a tracé

le chemin de lumière

d'une nouvelle idylle

à la manière

d'un amour crucifié

 capable de se sublimer

pour accepter l'impossible

en s'inventant un autre possible.

 

Je ne sais pas

si nous avons eu raison

de continuer à nous aimer

malgré l'impossibilité

de notre futur.

Je ne sais pas

si c'est bien

ou si c'est mal

de s'aimer

dans une sorte de parenthèse

qui ne peut sortir de la marge

pour rentrer dans le texte nuptial

d'une vie à deux.

 

Nous voyageons

dans une sorte d'hôtel de passage

qui restera de passage

et nous mènera nulle part

ailleurs qu'à notre amour inventé

d'un bonheur provisoire.

 

Je sais que tu souffres

d'avoir pris cette décision.

Je sais que je ne t'en veux

pas plus que ça

de ne pas nous accorder

une seule chance de réussite.

 

Je sais que nous sommes

sur la route

comme deux gitans

qui ne peuvent plus

vraiment se quitter

malgré la distance

et les voyages

qui nous séparent

et malgré les hommes

qui se glissent sur ta couche,

malgré ce jour probable

où tu m'annonceras

que tu vas bientôt te marier

avec l'homme de ta vie.

 

Toi et moi

nous serons toujours

dans le jour de nos retrouvailles.

Heureux à l'amour,

heureux de s'être aimés

si forts comme deux adolescents

(ce sont tes mots),

comme deux vrais amoureux,

heureux des instants

qui ont fait ce "nous"

paraissant si volage,

si ailleurs des conventions,

si unique et singulier

et si loin de la "normalité" bourgeoise.

 

Le soir de nos retrouvailles

j'ai passé le début d'après-midi

dans le lit

de la rivière magique.

J'y ai trouvé une croix christique

à l'endroit de mes fouilles

qui durent depuis trois ans,

une croix antique du XIXème siècle

qui porte cette inscription à son dos:

"Souvenir de N.-D. de Lourdes".

Il m'a semblé que c'était

un miracle.

Mais Dieu peut-il être dans le coup?

 

Et si Jésus est dans le coup

et que le miracle de notre amour

se perpétue,

alors oui mon ange,

je suis tranquille

pour la réussite

de notre étrange amour;

tranquille de savoir

que celle que j'aime

ne m'a jamais dit

je ne t'aime plus

et je te quitte

mais simplement

je t'aime toujours

mais je ne pourrai pas

faire ma vie avec toi

pour des raisons objectives

qui dépassent notre volonté

et qui t'ont dirigé

vers cet autre choix,

cet autre avenir

qui ne sera pas nous.

 

Alors merci au hasard,

merci au miracle,

merci à Jésus.

Et puis...merci à Dieu

d'avoir mis sur mon chemin

la femme de ma vie

qui ne sera jamais

la femme dans ma vie.

 

Même si Dieu n'existe pas

il est beau de croire qu'Il existe.

 

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Croix de Chapelet "Souvenir de N.-D. de Lourdes" XIXème siècle

trouvée le dimanche midi 29 juillet 2018

dans le lit de la rivière L'Areuse à Boudry.

 

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