01/08/2018

Le jeu de filles

J'avais envie de foutre le bordel

dans ton jeu de filles.

J'avais envie d'allumer la mèche

par leurs quatre cents bouts

et brûlé ton coeur

par mes quatre cents coups

pour que tu t'envoies

toutes les chandelles

de l'amour pervers

s'enflammer dans notre univers

et s'illuminer comme

un arbre de Noël encore vert

avec ses miracles

et ses mirages

au pied du sapin

et ses boules magiques

de toutes les couleurs

suspendues aux côtés des anges

ravissant tes yeux

de jeune femme

en quête de frissons.

 

J'avais juste envie

de foutre ce feu

à ton bordel

et me glisser

sous tes dentelles

pour voir si j'étais resté

ce vieux loup de mer affamé

qui n'avait plus goûté

au sexe des filles

depuis trop longtemps

ou juste un enfant de Marie

ou ce salaud de prédateur

ou juste une putain de victime

de ton arnaque sentimentale

ou ce salaud de bourreau

condamné à ta peine capitale

pour outrage aux bonnes moeurs.

 

J'avais envie de leur prouver

que toi et moi

c'était le sommet

de l'art romantique

sous ses faux-airs d'opéra porno,

qu'on n'avait jamais fait

aussi bien avant,

et qu'on ne fera plus jamais mieux

après notre sainte orgie,

notre sainte scène mythique

tournée dans ce cinéma rose,

que Jésus resterait le roi

de ton coeur

au jeu de filles

après tout ce manque de respect

qu'on lui avait témoigné

durant toute sa vie,

et que tu savais ça

à chaque fois

que ta langue se posait

avec inspiration et délicatesse

sur ses divines boules

avec ton petit air mutin

qui en disait long sur ce loup

qui n'avait plus vu

le feu jaillir de sa forêt

depuis trop longtemps

et plus encore sur cet enfant

qui refusait l'abandon imposé

par ce monde ignorant

et sa vie de misère.

 

Et maintenant

que j'avais foutu tout ce gros bordel

partout dans ton coeur,

que tu ne savais plus

si l'avenir serait sans lui,

sans l'homme de ta vie,

sans ce dingue sentimental

tombé raide amoureux

de tes velours,

de tes charmes

et de ton sourire,

je voulais que tu penses

à Jésus dans le Big Lebowski

à chaque fois

qu'on se retrouverait

pour notre jeu de filles.

 

 

 

Le jour de nos retrouvailles

 

Le jour de nos retrouvailles

devait être celui de nos funérailles,

celui de notre acte de séparation

pour impossibilité de faire

la route ensemble.

 

Cela devait être

la fin d'un conte de fée,

notre histoire d'amour.

 

Ce ne fut en définitive

que la fin

d'un avenir qui ne peut prendre

pied dans cette réalité.

 

Un peu comme la fin

d'une idylle qui a tracé

le chemin de lumière

d'une nouvelle idylle

à la manière

d'un amour crucifié

 capable de se sublimer

pour accepter l'impossible

en s'inventant un autre possible.

 

Je ne sais pas

si nous avons eu raison

de continuer à nous aimer

malgré l'impossibilité

de notre futur.

Je ne sais pas

si c'est bien

ou si c'est mal

de s'aimer

dans une sorte de parenthèse

qui ne peut sortir de la marge

pour rentrer dans le texte nuptial

d'une vie à deux.

 

Nous voyageons

dans une sorte d'hôtel de passage

qui restera de passage

et nous mènera nulle part

ailleurs qu'à notre amour inventé

d'un bonheur provisoire.

 

Je sais que tu souffres

d'avoir pris cette décision.

Je sais que je ne t'en veux

pas plus que ça

de ne pas nous accorder

une seule chance de réussite.

 

Je sais que nous sommes

sur la route

comme deux gitans

qui ne peuvent plus

vraiment se quitter

malgré la distance

et les voyages

qui nous séparent

et malgré les hommes

qui se glissent sur ta couche,

malgré ce jour probable

où tu m'annonceras

que tu vas bientôt te marier

avec l'homme de ta vie.

 

Toi et moi

nous serons toujours

dans le jour de nos retrouvailles.

Heureux à l'amour,

heureux de s'être aimés

si forts comme deux adolescents

(ce sont tes mots),

comme deux vrais amoureux,

heureux des instants

qui ont fait ce "nous"

paraissant si volage,

si ailleurs des conventions,

si unique et singulier

et si loin de la "normalité" bourgeoise.

 

Le soir de nos retrouvailles

j'ai passé le début d'après-midi

dans le lit

de la rivière magique.

J'y ai trouvé une croix christique

à l'endroit de mes fouilles

qui durent depuis trois ans,

une croix antique du XIXème siècle

qui porte cette inscription à son dos:

"Souvenir de N.-D. de Lourdes".

Il m'a semblé que c'était

un miracle.

Mais Dieu peut-il être dans le coup?

 

Et si Jésus est dans le coup

et que le miracle de notre amour

se perpétue,

alors oui mon ange,

je suis tranquille

pour la réussite

de notre étrange amour;

tranquille de savoir

que celle que j'aime

ne m'a jamais dit

je ne t'aime plus

et je te quitte

mais simplement

je t'aime toujours

mais je ne pourrai pas

faire ma vie avec toi

pour des raisons objectives

qui dépassent notre volonté

et qui t'ont dirigé

vers cet autre choix,

cet autre avenir

qui ne sera pas nous.

 

Alors merci au hasard,

merci au miracle,

merci à Jésus.

Et puis...merci à Dieu

d'avoir mis sur mon chemin

la femme de ma vie

qui ne sera jamais

la femme dans ma vie.

 

Même si Dieu n'existe pas

il est beau de croire qu'Il existe.

 

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Croix de Chapelet "Souvenir de N.-D. de Lourdes" XIXème siècle

trouvée le dimanche midi 29 juillet 2018

dans le lit de la rivière L'Areuse à Boudry.