23/09/2018

Pour en finir avec la pensée tragique d'Eric Zemmour

L'homme ne s'excusera pas. Toujours trop sûr de lui, imbu de son intelligence supérieure aux autres, de son statut d'homme Blanc mérité de la grande France.

Lui, il ne sera jamais une insulte à la République ni aux enfants de la République. Lui, il a tout compris. La France ne s'appartient déjà plus. Elle appartient aux nouveaux envahisseurs, pense-t-il, aux migrants et aux migrantes, dont le seul but serait de détruite la grande France et sa laïcité, ses libertés...ses grands penseurs dont Zemmour avoue absolument faire partie. D'ailleurs lui il en a la preuve évidente. Il risque désormais le goulag, le camp de concentration, l'asile psychiatrique, l'enfermement à vie, l'exclusion définitive des médias. Le pauvre homme. Si peu lu de ses concitoyens et concitoyennes qui le vénèrent, pour une partie d'entre eux et elles, pour ses couilles tendues devant l'ennemi, si peu écouté et lu, pourtant, d'après lui, tellement réprimé et éloigné par les chaînes de télévision et le buzz médiatique quotidien...

Que dois-je répondre à ces jérémiades d'un des hommes les plus courtisés et médiatisés de France? Qui n'a jamais été le bienvenu sur un plateau télé ou de radio? Qui risque la folie pour sa solitude à vie, son éloignement médiatique, sa non-reconnaissance par ses contemporains?

J'ai une confession à vous faire. Je ne m'appelle pas Hapsi Tatou de Tombouctou. C'était un de mes billets de surréalisme survolté dont j'ai le secret, une fake news poétique réservée à celles et ceux qui aiment les vins capiteux et les femmes un brin vénéneuses mais tellement sensuelles. Je n'ai donc jamais donné mon cul à des hommes. Ah, ça non! Je ne suis pas attiré sexuellement par le même genre. Mais j'ai déjà relavé des casseroles et les cuvette de chiottes pour de l'argent. Et je cuisine depuis si longtemps dans la pénombre et la touffeur des cuisines... Je n'ai jamais beaucoup voyager physiquement mais spirituellement j'ai visité tant de régions du monde en travaillant ensemble avec des garçons et des filles venus de tellement de contrées différentes. Et je couche bel et bien avec celle que je surnomme Bambou ou Sara ou Sahara ou encore autrement puisque c'est une fille de joie qui offre son corps à tant d'hommes pour boucler ses fins de mois et ouvrir de nouvelles perspectives à sa vie si décriée par une bourgeoisie tellement hypocrite.

La vérité c'est que je porte un nom et des prénoms qui pourraient bien passer pour des insultes du fait qu'ils ont des résonances pas toujours très sympa à l'oreille médiatique.

Parlons d'abord de mon premier prénom: Jean-Marie, prénom d'un Saint, le curé d'Ars, parce que ma mère se sentait obligée de me coller une image de sainteté à ma naissance et que le saint curé D'Ars est mort le 4 août 1859 et que je suis né exactement 100 ans plus tard au jour près.  

Parlons aussi de mon second prénom: Dominique, encore le prénom d'un Saint, parce que le 4 août c'est la Saint-Dominique... 

Bon. Ma mère ne m'a pas affublé du prénom de Corinne comme troisième solution mais Corinne c'est ma cousine qui est née aussi un 4 août une année avant moi et je l'aime bien, Corinne, même si elle ne s'appellera jamais Hapsatou Sy. Elle est née quelque part en Suisse romande, Corinne. Pas à Tombouctou ou ailleurs. 

Quand je parle d'insulte possible c'est pour vous dire qu'avec Jean-Marie je suis aussi tombé sur le diable xénophobe et que ce prénom pourrait être considéré comme une insulte tenace aux étrangers de la France entière.

Et qu'avec Dominique, je suis aussi tombé bien bas avec le diable lubrique. Ce prénom pourrait tout simplement être considéré comme une insulte faite à toutes les femmes en général et les prostituées en particulier.

Pour compléter le tout, avec mon nom de famille à scotcher les filles de joie dans un plumard de glu, je pourrais bien être une insulte aux condoms qui sont obligatoires lors de rapports sexuels tarifés entre personnes qui se respectent...

Enfin bon. A chacun sa façon de porter sur le coeur, ou non, ses prénoms et nom de famille. Pour ma part, si ma mère avait su m'éviter la double pression de deux saints comme parrains au point de devoir devenir moi-même, un jour ou l'autre, un saint catholique pour les beaux yeux du Christ, je pense que je ne serais jamais devenu poète maudit visitant amoureusement des péripatéticiennes.

Mais les braves mamans donnent des prénoms à leurs enfants selon leurs propres idéaux et leurs propres désirs. Et ce foutu Eric Zemmour n'a pas à intervenir et à insulter toutes les mères de la Terre au nom de son idéal aryen, et les pères aussi au passage. Avant les Etats et le peuple pur, il y a l'être humain, ses rêves, et ses libertés de s'évader vers des contrées impures.

Dites, Monsieur Zemmour, j'aime vraiment quand la poésie sait se faire universelle. Mais avec vous, on ne sait plus vraiment quel genre de poètes vous aimez. Quant à votre théorie du grand remplacement, nous sommes tous et toutes mortelles et il faudra bien que nous soyons remplacés par nos enfants et petits-enfants si l'Humanité veut poursuivre sa route d'une façon ou d'une autre.

Donc, restez zen, Monsieur Zemmour. Pas de panique. Il n'y a pas de honte à porter un prénom allemand et un nom berbère comme nom de famille. Surtout si vous aimez l'olive et son huile. Pourvu qu'elle soit douce aux papilles gustatives. 

 

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