01/10/2018

Charles Aznavour au paradis du soleil

 

Le grand Charles a fait sa malle.

Il voulait tenir, tenir, tenir encore

et attendre la mort

à partir du centenaire.

 

C'était un pirate, un corsaire,

un migrant, un Baudelaire.

C'était un fou, une élégance,

une extase, un homme en enfance.

C'était, mais c'est toujours,

un homme en enfance,

un mirage,

puisque l'éternité des poètes

n'a jamais de fin.

 

La petite Vanessa

pour cet opéra rock,

ce roc, ce repère, ce phare

planté là comme un géant

de la République française.

La petite Vanessa

pour dire que le grand Charles

personne ne l'oubliera

 sur la Terre comme en mer.

 

Adieu Monsieur Charles.

Vous étiez le garant

d'une République universelle.

Et vous le serez toujours.

 

 

 

A vous de conclure, Monsieur Charles Aznanour.

Au paradis du soleil, il n'y a que l'Amour.

 

Un doigt d'honneur dédicacé à l'extrême-droite...

On pourrait faire beaucoup mieux en matière de dédicace...et beaucoup moins vulgaire.

Mais pour une fois, j'applaudis le Président français qui a osé franchir un tabou à Saint-Marin. Il a parlé aux lépreux, à celles et ceux que l'on rejette et que l'on traite de tous les noms d'oiseaux: macaques, nègres, racaille, grosse merde... j'en passe et des pires encore.

Alors si un doigt d'honneur peut faire polémique, qu'il est sincèrement destiné à toutes celles et tous ceux qui parlent comme ça des "Autres", des "Différents", de celles et ceux qui ne portent pas des prénoms de saintes et de saints, et non dirigé contre le Président français et la République, je pense que c'est tout à l'honneur d'Emmanuel Macron d'avoir osé parler et encourager les jeunes marginalisés de Saint-Martin en leur donnant une lueur d'espoir plutôt qu'en les enterrant dans une tombe sans avenir.

Bravo Monsieur Macron, sur ce coup-là...en espérant que vous allez enfin devenir autre chose qu'un Président de luxe pour l'élite française.

 

Il était une fois la légende de la Légion XVII

Un territoire. Une trace perdue à travers les temps. Une monnaie qui surgit soudain de terre. Et toute une légende qui se mêle à la réalité historique enflamme l'imagination d'un poète.

Après la défaite de Marc-Antoine et de Cléopâtre à Actium, la légion XVII, stationnée en Sicile, est envoyée en Gaule, puis elle a ordre d'aller défendre l'Empire contre les barbares germaniques du côté du Rhin avec les légions XVIII et XIX. Ce sera alors la fameuse bataille de Teutoburg où les Romains seront décimés par des guerriers germaniques mobiles sachant parfaitement utiliser leur forêt pour se défendre victorieusement contre les Romains beaucoup trop statiques et ne connaissant pas bien le terrain. De la Légion XVII ne restera alors aucun survivant. Plus jamais cette légion ne sera reconstituée et elle restera dans l'Histoire comme une légende tragique et triste de l'Histoire romaine. D'où la superstition italienne d'aujourd'hui autour du chiffre 17.

Les légionnaires de la Légion XVII passèrent sans doute par le territoire neuchâtelois pour rejoindre le lieu de bataille. 

Dans l'Histoire de la monnaie romaine, les deniers des légions d'Antoine sont fameux. Et ceux de la Légion XVII ont une résonance particulière. Les Romains avaient pour habitude d'appliquer, parfois, des contremarques, des poinçons, aux pièces pour certifier la vraie monnaie et la distinguer des fausses, fort nombreuses et parfois bien réalisées par des artistes, lors de transactions. Des banquiers étaient chargés de cette mission et appliquaient le poinçon sur les deniers en argent en particulier.

Des lettres de l'alphabet ou alors un cercle, une croix, et d'autres figures simples...mais à ce jour il ne semble pas qu'un coeur fut utilisé comme poinçon par un banquier. d'époque.. Et pourtant, la légende semble se former dans mon imagination à la vision d'un de ces deniers.

Il était une fois un beau légionnaire qui passait par nos contrées. Il rencontra une jolie fille de chez nous. Il en tomba follement amoureux et ce fut réciproque. Mais hélas pour eux, le légionnaire de la Légion XVII ne faisait que passer. Il allait suivre son destin et mourir quelques temps plus tard. En souvenir impérissable de leur amour, il remit un denier d'argent de sa solde à sa Belle. Mais auparavant, il passa par le forgeron du camp romain et il exigea de maître Vulcain de lui marquer la monnaie d'un coeur en lui expliquant son projet romantique. Le forgeron s'exécuta aussitôt. Le beau Légionnaire, dans un dernier baiser fougueux à sa belle, remis alors la piécette à la jeune fille puis continua sa route.

Deux milles ans plus tard, un vieux banquier de notre temps, un peu fou et très passionné de monnaies anciennes, découvre la piécette dans une vigne. Il ne sait pas qu'elle est son histoire. Et il réalise encore moins l'existence de la contre-marque. Il cède, des dizaines d'années plus tard, la piécette à un antiquaire qui la cède à un client qui la cède à... On ne sait plus où débute l'histoire et quand cela arrive vraiment. Avant 1900...Après... Sauf qu'à la fin (provisoire), le poète finit avec la petite monnaie dans sa poche, une monnaie qui paraît trop modeste pour compter vraiment. Pourtant il va chercher et chercher encore qui elle est et tenter de déchiffrer une grande histoire d'amour légendaire. Est-ce la une vérité plausible ou juste un conte de fée de poète? Est-ce complètement faux? Comme l'expliquait Blaise Cendrars en parlant du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, l'important n'est pas de savoir si j'ai vraiment pris le train. L'important c'est que vous, vous croyez que je l'ai pris.

Alors amis et amies de ce blog, ne cherchez pas plus. La beauté suffit à elle-même pour apprécier cette légende naissante autour de cette petite monnaie fort modeste en apparence.

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Denier de la Légion XVII "Classicae"

avec le poinçon "coeur" au-dessus du navire de guerre que les Romains appelaient "trirème".

 

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Ô joli coeur,

raconte-moi ton histoire d'amour

entre Roméo et Juliette

qui voulaient imiter

l'Histoire d'Antoine et Cléopâtre.

Ô joli coeur,

est-ce bien ce beau légionnaire

qui allait bientôt disparaître

de façon tragique

et qui eut cet élan romantique

tellement beau

en remettant en cadeau

son petit denier gravé

de son amour à sa Belle?

 

A jamais une histoire de poète.