12/10/2018

Miami

 

La nuit à Miami

a mis plusieurs jours à pleurer.

Amy Whinehouse

prenait encore la pause

avant de s'en aller

dans son overdose.

 

La nuit à Miami

a mis plusieurs jours à pleurer.

Dans le penthouse,

des filles, genre érotique,

faisaient amies-amis

de façon étrange,

change contre échange,

avec les anges,

avant de monter à l'étage

accompagnées de garçons gelés

par le tarif.

 

La nuit à Miami

a posé la lune sur tes dunes.

J'ai marché dans le sable,

j'avais soif et j'avais faim,

je regardais tout autour

ton amour face à face

monté sur mon visage

au coin de ce bar sans visage.

Tes yeux ne me rendaient pas aveugle,

ils me rendaient à la lumière.

Tes yeux ne me disaient pas

que tout devrait finir le jour d'après,

une fois la nuit à baiser

une fille accroc anonyme,

une fille écorchée

tombée dans l'abyme,

nue sur le lit acronyme,

mise à vif par mon canif.

 

Tes yeux m'indiquaient le chemin

des étoiles et de la vie,

le bonheur pour toujours,

et j'y croyais

comme un enfant

qui avait tant besoin d'amour.

 

La nuit à Miami

c'était maintenant et ici.

Et si jamais tout devait s'arrêter

entre toi et moi,

que l'overdose fatale

du temps amoureux

prenait le dessus

sur nos tendresses éternelles,

que tu me laissais sans étincelles

parmi la mort et la détresse,

je resterais alors ton ami

abandonné à Miami,

ami-amie,

seul avec sa momie

au fond d'un tombeau,

au fond d'une cathédrale,

bandant ton corps et ton coeur

de bandelettes d'or,

à t'attendre,

encore et encore,

dans notre espace sidéral

avant de craquer l'allumette

au fond de notre pyramide.

 

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