23/12/2018

Demain dès l'Aube...

De jaune tu entretiens

toutes tes douleurs et tes rancoeurs.

Ta colère jaune tu la jettes au vent

dans la rue

face à tes soeurs,

face à tes frères;

puisque tout, à l'intérieur de toi,

rue dans les brancards.

il n'y plus aucune place

pour la confiance en eux,

ces femmes et ces hommes

qui nous ont jeté dans un traquenard,

ces députées et députés

qui nous gouvernent

pour notre bien (sic)

en nous dépossédant de tout

même de notre dignité.

 

Eux, qui n'ont jamais connu

de la laideur du monde

qu'une piètre image de la réalité.

 

Eux, qui ne savent pas

la douleur.

Jamais leur épouse

n'a du relever ses jupons

pour donner un peu de couleur

aux repas des enfants.

Jamais leur mari

n'a du accepter la douleur

de livrer son épouse aux riches

pour tenter de sortir

de la misère noire

et de la faillite perpétuelle.

 

Eux, qui se croient beaux et intelligents,

supérieurs et impériaux,

tous montés sur leurs chevaux énarquiens,

ils ne savent rien de la douleur.

ils font la guerre aux gens de peu, aux gens de Riens,

aux Terriens qui n'ont pas fait d'études supérieures

ni n'ont obtenu de situations enviables.

Eux, qui demandent la concorde,

nous leur tendons la corde

pour qu'ils se pendent

avec leur argent et leur système

de merde intellectuelle.

Eux, qui n'accordent jamais

une once de leur coeur endurci

aux plus petits d'entre nous tous.

 

Ils s'aiment exclusivement dans leur milieu,

entre gens bien élevés,

entre personnes distinguées,

entre élites qui se comprennent

pour partager le gâteau commun

de leur domination sur le peuple.

 

Ils voient dans les filles au bordel

leurs esclaves sexuelles

qui les contentent;

et ils se contemplent

dans leur toute-puissance

en dominant

le beau matériel de chair et en os

qui enrichit leurs vices, leur dépravation,

leur prédation, et leur triste perversité.

 

Ils ont aussi vendu l'Etat

à des privés

qui font du gros bénéfice

leur seul et unique but.

Les routes sont leurs vaches à lait

et les usagers leurs esclaves communs.

Les routes peuvent s'écrouler un jour.

Des ponts Morandi

il pourrait bien en tomber par dizaines

dans les cinquante années à venir

et sonner la fin de l'Empire maudit,

la fin de notre Civilisation démocratique.

Mais l'Etat se tait et laisse faire

l'enrichissement éhonté de quelques familles

possédantes et de possédés du pognon

tous et toutes très avares.

C'est si mignon cet énorme trafic d'argent

entre personnes de haute intelligence.

L'Etat sera là, de toute façon, pour reconstruire

avec diligence en demandant de toute urgence

de l'aide aux citoyens et citoyennes

avec l'argent des cochons de contribuables.

Comme en 2008

à la chute de la Bourse.

 

Mais l'Etat ne veut pas voir.

L'Empereur Macron se tait et attend.

Il idéalise l'ultralibéralisme,

ses prédateurs,

ses dominateurs,

ses menteurs et ses profiteurs.

 

Gilet Jaune bats-toi

et n'abandonne pas le combat.

Ce régime n'est pas le régime du peuple.

 

Demain, dès l’aube…

Victor Hugo
 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

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La Renationalisation des biens du Peuple

 

 

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