09/01/2019

Rendre le crime odieux chez les pauvres, le rendre très relatif chez les riches

Quelle magnifique République macronienne! De beaux et de belles ministres très beaux parleurs mais tellement sinistres, sans humanité pour les violentés du système, dans leurs propos délirants.

Schiappa qui réussit à convaincre un site, qui ne mérite plus aucune publicité, de suspendre la cagnotte ouverte au profit de la défense et de la famille du boxeur coupable d'agression sur des CRS, boxeur qui se défend déjà pour avoir voulu porter secours aux gens gazés et molestés par les mêmes CRS et qui va bien sûr proposer la légitime défense face à l'agression policière préalable...

Lire ceci pour un point de vue neutre et objectif de la situation scandaleuse créée par le gouvernement Macron qui attise de plus en plus la violence et la soif de justice du peuple en Gilet Jaune. 

http://www.vududroit.com/2019/01/schiappa-leetchi-violer-...

Des ministres qui ne savent absolument pas calmer le jeu avec, en prime, un philosophe et ex-ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale, et de la Recherche sous le gouvernement Raffarin, Luc Ferry pour ne pas le citer, qui propose de tirer au canon et à l'arme à feu sur ces "salopards d'extrême-gauche et d'extrême-droite" grâce à l'armée et la police. Belle éducation nationale! Oouuuah! Mais c'est fantastique comme proposition. Et bien entendu par une parole de réprobation de la part de Philippe ou Macron, ceux-là même qui proposent de ficher les Gilets Jaunes extrémistes dans leurs propos et prêts à passer à l'acte violent.

Nabilla, toi, oui toi qui a planté le couteau a ton compagnon toujours présent dans ta vie, je te propose de devenir Premier Ministre d'un gouvernement français fictif qui a tout compris de la loi et des choses à dire ou ne pas dire de la part d'un-e- Ministre au pouvoir ou anciennement au pouvoir, surtout en période d'insurrection et de déstabilisation du pouvoir.

Merde! Vous êtes incompétents à tous les niveaux, Mesdames et Messieurs d'En Marche. Il est temps de vous en aller et de laisser la place à d'autres façons de fabriquer de la démocratie, de la concorde, et de la paix.

Si Votre Président ne veut toujours pas comprendre c'est qu'il est non plus seulement le roi des cons pour son arrogance et son aveuglement qui lui coûte son trône mais aussi celui qui va finir par faire couler beaucoup de sang en terre de France s'il s'accroche malgré tout à son trône jupitérien.

 

Voie de garage

A quoi peut-on distinguer une démocratie d'une dictature déguisée en démocratie?

A sa capacité de comprendre le peuple. A sa façon d'écouter le peuple. A sa manière de respecter les gens. Et puis, et surtout, à sa capacité de jeter l'éponge quand le sang risque de couler.

Président Macron, 70% du peuple demande à ce que les Gilets Jaunes continuent le mouvement malgré les violences, la casse, le délabrement physique et moral des CRS et les risques de guerre civile, les pertes économiques, le chômage partiel de nombreux employés et employées, des patrons et patronnes qui craignent de devoir fermer boutique.

Président Macron, vous ne devez pas dire: 50'000 personnes dans la rue, c'est pas ce qui me fera lâcher le pouvoir. Vous devez voir que ce sont plus de 40 millions de Français et de Françaises qui rejettent votre politique en bloc et qui soutiennent depuis des semaines et maintenant deux mois un mouvement protéiforme ne faisant pas de la politique politicienne mais s'exprimant au risque de leur vie et s'exposant aux gaz lacrym, aux tirs de flashball, aux coups de matraques, aux mises en garde à vue, aux risques de perdre leur emploi, aux risques de tout perdre à la fin au cas où votre décision serait de durcir encore et encore votre autorité jusqu'à massacrer le peuple.

Président Macron, vous avez perdu. Vous avez perdu à cause de votre arrogance, à votre incapacité à vous mettre dans la peau du Français moyen, du Français qui lutte tous les jours pour gagner sa croûte et garder sa dignité dans ce monde capitaliste toujours plus vorace et suicidaire.

Président Macron, les Françaises et les Français vous font une leçon de démocratie vivante et vous répondez par la violence verbale et physique. Vous ne parlez que des casseurs, que des gens qui pètent un câble tel ce boxeur bien aimé des Gilets Jaunes pour les avoir défendus face aux abus des CRS. Et vous prenez tous ces gens pour de la merde brune bien que 70% de la population appuie encore ce mouvement.

Président Macron, il ne vous reste qu'une seule chose possible: préparer dignement votre démission. Ne tentez pas le diable. Ne détruisez pas les gens qui luttent sur les ronds-points et dans la rue et ne réduisez pas la France à une dictature brutale néolibérale. Faites comme le Général De Gaulle et dites simplement que vous avez compris que vous n'êtes plus le Président que les Françaises et Français attendaient. Vous éviterez une immense catastrophe à votre pays et sa décadence dans une guerre civile effroyable.

Président Macron, la démocratie ne se résume pas à un monarque tout-puissant au pouvoir. La démocratie vit avec 100% des citoyennes et citoyens qui ont des idées divergentes et pas toujours conciliables. Seuls le vote, les initiatives populaires, les référendums pouvant agir comme juge de paix pour ou contre une ancienne loi à abroger et une nouvelle loi proposée. La démocratie n'enrichit pas 1% du peuple au détriment des 99%. Elle partage équitablement sans pousser l'égalité salariale à l'excès. La démocratie, ce n'est pas le communisme mais la communauté des biens du peuple. La démocratie, c'est la respiration et la construction d'une société commune, non-violente, heureuse de vivre sous la même République malgré les difficultés de l'existence.

Voilà, Président Macron. A vous de décider si vous décidez de devenir un fou sanguinaire ou si vous savez garder vos nerfs, casser votre ego, et décider finalement de rendre au peuple votre sceptre présidentiel.

Avec mes respects malgré tout les drames déjà vécus. Mais ce sera sans plus aucun respect envers vous et votre Gouvernement si le sang coule et que les cadavres jonchent les rues de Paris et d'autres villes de France.

P.S. Savoir démissionner et savoir céder devant la volonté de la majorité du peuple est tout à l'honneur d'un président démocratiquement élu. 

 

L'heure est grave...mais je garde un brin de légèreté

Je vais écrire des choses que je pensais ne devoir jamais écrire sur mon blog à propos de la France.

Ces choses, ce sont des choses très loin du pays des Lumières, celui que j'aime, celui en qui je crois, celui que je rêve depuis si longtemps.

Ecoute Manu, je vais monter sur Paris. Ce qui me chagrine vraiment c'est que je ne sais pas si je risque plus ma peau en venant manifester dans la Capitale de la Révolution démocratique de 1789 que lorsque je suis parti à la frontière turquo-syrienne en 2012, si je ne me trompe pas d'année, pour soutenir le peuple dans cette misère de la guerre avec mes pauvres deniers de mon travail, mon pauvre, beaucoup trop pauvre secours d'être humain et de citoyen du monde.

Bon. Je l'écris tout de suite pour les soupçonneux qui lisent ce blog et les paranos du complot et du fake, j'ai les preuves de mon voyage là-bas, à la frontière de la mort. Il suffit d'aller lire mes billets sous "Café turc à la Syrienne dans la colonne de droite de ce blog.

C'était un temps de révolte où je n'en pouvais plus de l'impuissance des grandes puissances et leur envie de déchirer tout un peuple, tout un pays au nom de leurs intérêts et de la géostratégie politique... C'était un drôle de temps. Mon fils a pleuré en me priant de ne pas partir là-bas. Ma soeur m'a traité de cinglé et de malade. Enfin, bref, c'était dur de dire que j'avais pris cette décision "effarante" à ma famille.

Aujourd'hui, Manu, je vais rien dire à ma famille. Tu te rends compte si je leur dis? Tu te rends compte que l'on ne peut plus venir à Paris sans prendre le risque de mourir? Non. C'est sûr. Tu ne t'en rends même pas compte parce que nous, les Gilets Jaunes, nous ne sommes rien et que même ce grand philosophe de Luc Ferry demande à l'armée de nous supprimer. Bonjour la France. Bonne nuit la démocratie.

Alors voilà. Je vais venir. T'inquiète, je ferais rien de mal, enfin rien sauf si tes CRS se lâchent comme des chiens sur les non-violents et qu'ils ne nous restent que nos pauvres mains pour défendre notre vie.

Je te le dis, Manu. Je n'aurai ni flingue, ni couteau, ni grenade, ni rien de dangereux dans mon sac à dos. J'aurais juste une tenue de rechange au cas où je me fais arroser par un de tes canons à eau qui ne sont pas des jouets d'enfant. ça tombe bien. Ma tenue de rechange sera entièrement orange comme les gars à Guantanamo. Comme ça, si tes flics me mettent en garde à vue, j'aurai immédiatement la tenue adéquate pour rester en cabane. Et, en même temps, ça me rappelle un de tes tics verbaux, cette tenue orange c'est un de mes vêtements professionnels, ma tenue de cuisinier. Donc, je pourrai faire la bouffe aux prisonniers. Je coûterai moins cher à la France.

Et puis, Manu, je prends avec moi un petit bidule en gilet jaune qui pousse des petits cris et parle tout en Chinois. C'est pour tes CRS qui comprendront sûrement mieux la langue jaune des Chinois que la langue des Gilets Jaunes, comme toi d'ailleurs. Pourquoi ce jouet d'enfant? Peut-être pour rigoler un peu avec les autres Gilets Jaunes alors que l'atmosphère sera plombée par les gaz lacrym. Et puis, en 2012, à la frontière syrienne j'ai été arrêté par une brigade de l'ASL (l'Armée syrienne libre), qu'elle s'appelait alors à l'époque. En fouillant mon sac, ils ont trouvé un petit tigre gris en peluche destiné à un enfant. Peut-être que cela m'a sauvé la vie. J'en sais rien. En tout cas, ils étaient très fâchés avec mon guide mais comme ça parlait dans leur langue à eux, j'ai rien compris sauf que les Français étaient très mal venus là-bas (j'ai dis que j'étais Suisse quand même) mais ils nous ont laissé repartir du côté turc.  Je suis très sérieux en écrivant cela et je dis la vérité. J'ai senti la tension et j'ai même eu peur qu'ils nous tirent dans le dos en repartant avec la moto. Mais non. Nous sommes ressortis en vie. Mais cela m'a bien calmé. Et après cet épisode, je suis resté du côté turc de la frontière.

Alors voilà, j'espère que le bidule jaune que je prends avec moi sera source de rire parmi les révolutionnaires et qu'il nous protégera tous et toutes de la mort. Au fait, si tes CRS m'arrêtent avant, à la frontière par exemple ou devant les barrières à Paris, préviens-les que ce bidule ce n'est pas une bombe. Juste un jouet d'enfant. J'ai pas envie de me retrouver jeter à terre avec une kalach sur la tempe. Zen. Tes CRS doivent rester zen. Je ne suis pas un terroriste.

Pour terminer, je prends deux médailles de Charles de Gaulle, fondateur de la Vème République. De Gaulle que ma mère aimait tant. Elles ont été fabriquées en Suisse, au Locle, chez Huguenin Médailleur, employeur de mon père ex-dessinateur-graphiste.

La grosse médaille, elle est pour toi, tonton Macron (je pense plus à Duvalier et ses tontons Macoute qu'à Mitterand en écrivant cela) si tu décides de démissionner au grand bonheur de la France. Et si tes CRS viennent me chercher, perso, je ne viendrai pas te chercher à l'Elysée. C'est à toi de démissionner de ton plein gré. Et non aux Gilets Jaunes de te tirer par la culotte dehors de l'Elysée. Quant à la petite médaille de De Gaulle, elle est pour Toudoux Philippe s'il arrête enfin de démonter les Gilets Jaunes et qu'il s'en va avec toi. Pour Benalla, hélas, je n'en ai ni une grosse ni une petite. Mais bon. Il s'est déjà barré et il mérite pas une médaille de ma part. 

Fin de la Vème République pour tout le monde.

Bon voilà. Au cas où je dois décliner mon identité à tes CRS, ce sera Carmen. J'ai toujours écris, aux poteaux sur Médiapart, que si on devait se retrouver un jour sur les barricades, ce serait Carmen mon nom de révolutionnaire. Un nom de fille, quoi.

Voilà. T'inquiète. Je ferai en principe pas long dans la capitale. J'ai mon job qui m'attend toujours et je ne veux pas le perdre. je viens juste parce que je sens que je dois le faire pour être au moins là une journée avec les Gilets Jaunes. Alors, s'il te plaît, laisse-moi au moins la journée avec eux. Après, si tu veux me coincer quelque part, t'as Google Mouchard pour me pister. Parce que je prends ma seule arme qui puisse défendre les Gilets Jaunes: mon téléphone portable qui prend des images et peut-être des sons et qui est ma seule arme défensive traîtresse, hélas, traîtresse comme un délateur qui te suit à la trace...

Manu, tout cela est très sérieux. Je monte à Paris dans l'espoir que tout change au pays des Lumières. Vive la Révolution!