09/01/2019

Voie de garage

A quoi peut-on distinguer une démocratie d'une dictature déguisée en démocratie?

A sa capacité de comprendre le peuple. A sa façon d'écouter le peuple. A sa manière de respecter les gens. Et puis, et surtout, à sa capacité de jeter l'éponge quand le sang risque de couler.

Président Macron, 70% du peuple demande à ce que les Gilets Jaunes continuent le mouvement malgré les violences, la casse, le délabrement physique et moral des CRS et les risques de guerre civile, les pertes économiques, le chômage partiel de nombreux employés et employées, des patrons et patronnes qui craignent de devoir fermer boutique.

Président Macron, vous ne devez pas dire: 50'000 personnes dans la rue, c'est pas ce qui me fera lâcher le pouvoir. Vous devez voir que ce sont plus de 40 millions de Français et de Françaises qui rejettent votre politique en bloc et qui soutiennent depuis des semaines et maintenant deux mois un mouvement protéiforme ne faisant pas de la politique politicienne mais s'exprimant au risque de leur vie et s'exposant aux gaz lacrym, aux tirs de flashball, aux coups de matraques, aux mises en garde à vue, aux risques de perdre leur emploi, aux risques de tout perdre à la fin au cas où votre décision serait de durcir encore et encore votre autorité jusqu'à massacrer le peuple.

Président Macron, vous avez perdu. Vous avez perdu à cause de votre arrogance, à votre incapacité à vous mettre dans la peau du Français moyen, du Français qui lutte tous les jours pour gagner sa croûte et garder sa dignité dans ce monde capitaliste toujours plus vorace et suicidaire.

Président Macron, les Françaises et les Français vous font une leçon de démocratie vivante et vous répondez par la violence verbale et physique. Vous ne parlez que des casseurs, que des gens qui pètent un câble tel ce boxeur bien aimé des Gilets Jaunes pour les avoir défendus face aux abus des CRS. Et vous prenez tous ces gens pour de la merde brune bien que 70% de la population appuie encore ce mouvement.

Président Macron, il ne vous reste qu'une seule chose possible: préparer dignement votre démission. Ne tentez pas le diable. Ne détruisez pas les gens qui luttent sur les ronds-points et dans la rue et ne réduisez pas la France à une dictature brutale néolibérale. Faites comme le Général De Gaulle et dites simplement que vous avez compris que vous n'êtes plus le Président que les Françaises et Français attendaient. Vous éviterez une immense catastrophe à votre pays et sa décadence dans une guerre civile effroyable.

Président Macron, la démocratie ne se résume pas à un monarque tout-puissant au pouvoir. La démocratie vit avec 100% des citoyennes et citoyens qui ont des idées divergentes et pas toujours conciliables. Seuls le vote, les initiatives populaires, les référendums pouvant agir comme juge de paix pour ou contre une ancienne loi à abroger et une nouvelle loi proposée. La démocratie n'enrichit pas 1% du peuple au détriment des 99%. Elle partage équitablement sans pousser l'égalité salariale à l'excès. La démocratie, ce n'est pas le communisme mais la communauté des biens du peuple. La démocratie, c'est la respiration et la construction d'une société commune, non-violente, heureuse de vivre sous la même République malgré les difficultés de l'existence.

Voilà, Président Macron. A vous de décider si vous décidez de devenir un fou sanguinaire ou si vous savez garder vos nerfs, casser votre ego, et décider finalement de rendre au peuple votre sceptre présidentiel.

Avec mes respects malgré tout les drames déjà vécus. Mais ce sera sans plus aucun respect envers vous et votre Gouvernement si le sang coule et que les cadavres jonchent les rues de Paris et d'autres villes de France.

P.S. Savoir démissionner et savoir céder devant la volonté de la majorité du peuple est tout à l'honneur d'un président démocratiquement élu. 

 

Les commentaires sont fermés.