15/01/2019

La Leçon en économie d'un poète rêveur

Il paraît, selon plusieurs articles parus dans la presse ces dernières années, que les Français manquent de culture économique. Quand je lis ce genre d'articles je pense au poème de Prévert "Page d'écriture" chanté par les Frères Jacques et au passage "et 16 et 16 qu'est-ce qu'ils font? Ils ne font rien et surtout pas 32...

La liberté avant l'égalité et vous aurez la liberté et l'égalité.

L'égalité avant la liberté et vous n'aurez ni l'égalité ni la liberté.

Cela fait partie des croyances néolibérales. Soit. Mais alors. Pourquoi tant de pauvreté, et toujours davantage, en France alors que l'économie mondiale flambe et que les prix flambent aussi? Pourquoi faut-il payer aussi cher à Paris qu'en Suisse dans les restaurants, les commerces, les hôtels et les loyers (en plus parfois insalubres...) alors que les salaires sont deux à trois fois inférieurs aux salaires helvétiques? Et pourquoi c'est l'Etat français qui augmente artificiellement, sous la pression des Gilets Jaunes, le Smic à travers des mesures étatiques, et donc par l'impôt et non par le patron de l'entreprise finalement subventionné par l'Etat, pour tenter de calmer la révolte des plus pauvres? Et comment fait-on pour créer plus de démocratie quand c'est un pouvoir central qui décide de tout et refuse de répondre de façon positive à l'énorme colère du peuple? Et pourquoi laisse-t-on la liberté à 1% des gens à s'enrichir indéfiniment alors que 50% des gens se sentent à la limite de l'esclavage industriel contre rien dans les poches?

Vous l'avez deviné, je fais une parodie économique de la Lettre aux Français d'Emmanuel Macron...

Je ne suis pas économiste mais j'ai du bon sens. Prenons l'exemple d'une tribu dont la population est de 100 personnes.

1 seule personne détient le 50% des richesses accumulée par toute la tribu.

40 autres personnes vivent bien à très bien (la classe moyenne supérieure) du système de ce soi-disant arrosoir ultra-libéral qui serait social-libéral...

50 autres personnes vivent de plus en plus mal jusqu'à très mal (la classe moyenne inférieure) de ce système. Pourtant c'est cette classe sociale de la tribu qui produit de la valeur ajoutée, crée de la richesse avec leurs mains de travailleurs et travailleuses. Et malgré tout, ces workingpoors ont besoin d'aides de l'Etat (donc des impôts payés en majorité par la classe moyenne supérieure parce qu'on offre en plus de gros privilèges fiscaux à l'unique personne ultra-riche) pour ne pas être réduit à disparaître vivre dans la rue avec les enfants alors même que, grâce à leurs mains travailleuses et leurs cerveaux aussi, le retour des gros bénéfices réalisés partent dans les poches des grands cadres et des actionnaires...

Enfin, 9 personnes sur 100 se voient pratiquement exclu du marché de la consommation du village. Ils bouffent ce que l'Etat, où la société civile (aide des autres membres de la communauté et divers associations caritatives) veut bien leur donner comme miettes à picorer en échange de leur tranquillité relative (ne se révoltent jamais, ferment leur gueule et courbe l'échine, ne tuent pas pour nourrir leurs enfants mais pourtant dorment dans la rue avant de mourir).

Sans être économiste mais juste logique en arithmétique comptable comme en philosophie sociale, mon expertise me dit que je n'ai plus à faire à un système juste et équitable, à un système démocratique viable sur la durée, mais à un système hautement injuste, inflammable, corrompu, perclus d'abus en tous genres. Il y aura forcément. à un moment x durant un temps t, un risque élevé de révolte et, en opposition, une dérive dictatorial de la classe supérieure pour garder son pouvoir injuste en place et finalement un très fort risque de fascisme et de réelle dictature...sauf si le peuple de la tribu réussit sa révolution contre leurs chefs et l'homme tout-puissant qui a capté le 50% des richesses de la tribu dans le but, sain et civilisé, de retrouver un équilibre et une société vigilante et démocratique qui ne permettra plus jamais ce genre de mécanisme économique intenable.

C'est comme cela que je vois l'économie d'une société sans en appréhender tous les mécanismes.

Voilà Je vous laisse avec la chanson de Prévert.

 

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