28/01/2019

Révolution, oui! Coup d'Etat, non!

C'est ainsi que parla Fidel Castro au moment de lancer l'assaut final pour prendre La Havanne.

Le début de l'insurrection finale commença le 13 novembre 1958. La Grève générale se termina le 4 janvier. Le 1er janvier 1959 est considéré, à Cuba, comme le jour de la victoire de la révolution.

Si je te dis tout ça, ce n'est pas pour imaginer et penser une nouvelle France comme une néo-dictature communiste mais pour te donner confiance en la victoire de la démocratie sur l'impérialisme capitaliste qui a fichu par terre nos vieilles démocraties en perdition.

Si je t'écris ça, c'est aussi pour te dire que mes parents m'ont conçu au mois de novembre 1958 et que je suis née le 4 août 1959, la nuit de la fin des privilèges sous la révolution française. C'est dire aussi que, sans faire exprès, ma mère m'a porté pendant que le Che allait mener le peuple à la révolution cubaine et à la victoire. Ce sont des hasards qui font mal ou très bien les choses suivant que l'on me considère comme une calamité sociale ou un type bien qui voit juste et vise juste. Pour ma part, je me considère comme un type bien qui a raté sa carrière telle qu'elle aurait du être programmée et réussir dans le système proposé. Mais si je suis devenu un gros perdant de ce monde capitaliste, j'ai su garder mon coeur adolescent de rebelle et de...révolutionnaire.

A 20 ans, je fichais le camp aux Etats-Unis en abandonnant l'université pour aller vivre sous un tipi. J'étais un jeune hippie à barbe et chevelu. Aujourd'hui, je suis un vieux presque chauve et casé entre ma cuisine et mon domicile. Je coure après mes poursuites ou plutôt les poursuites me courent après depuis bientôt 30 ans. J'écris, de blog en blog, de solitude en solitude, depuis 25 ans pour rien. Juste par goût de la poésie romantique et de la révolution. Je suis un de ces "rien" à Macron. Un homme qui a aimé beaucoup les femmes, qui les aiment toujours, et qui a été marié trois fois, qui a eu 4 merveilleux enfants de deux épouses différentes. Je n'ai pas à me plaindre de ma condition sociale à la limite SDF parce que jamais sans petit coussin à la banque... J'aurais pu faire beaucoup mieux...si j'avais suivi le modèle ultra-capitaliste. J'ai préféré la marge et l'anarchie, les potes du bistrot que je tenais il y a 20 ans avec ma femme, au-delà du raisonnable, et au-delà de la sauvegarde saine de ma famille, de mes enfants souvent réduits à rester seuls dans leur chambre parce que papa et maman travaillaient pour gagner au moins de quoi vivre normalement et pour donner au bistrot des allures anarchiques où la lumière restait allumée jusqu'à pas d'heures sous les rires embrumés et enivrés de quelques jeunes qui chantaient et dansaient avec Johnny. C'était au temps ou le village avait une vraie famille de bistrotier.

Je vais pas tout te dire de mes douleurs et de mes peurs quand l'argent n'était jamais suffisant pour sauver la famille sur le long terme, les querelles, les tromperies, et puis la guerre, la fin de ma famille sous les explosions d'injures et même la haine dans les yeux de celle que j'aimais et qui soudain était prête à me faire la peau avec un couteau de cuisine parce que...oui parce qu'elle avait un jour dans sa vie plongée pour aider sa famille par son joli corps et parce que j'avais aussi fini par la tromper pour une autre.

Je vais juste encore te dire dans cette lettre que mon coeur est resté à la révolution, à la Beat Generation, à celle qui faisait la route et espérait tant de la révolution cubaine. Un autre monde, une vraie démocratie, un partage des biens produits par la population. A des années lumières de notre monde actuel qui se dirige vers la dictature et tous les fascismes.

C'est pourquoi je suis aussi ce Gilet Jaune qui comprend ce que ça veut dire d'être bafoué par un Président élu au suffrage universel et qui se moque des plus pauvres et des plus faibles en privilégiant toujours plus les plus riches.

Je te quitte en musique avec Johnny. Pense à la révolution. Et tu sauras qu'il est important de descendre dans la rue pour sauver l'Humanité qui est partie dans une putain de dérive gravissime.

 

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