01/02/2019

La hiérarchie des mots et des maux

Cher Président,

Excusez-moi tout d'abord l'ironie de ce "Cher Président" mais vous restez bien entendu un être humain à mes yeux et pas le dieu Jupiter descendu sur Terre. Donc je me dois de vous considérer comme mon égal.

Cher Président,

Je vous lis et vous écoute depuis le début de votre ascension fulgurante. Vous avez le verbe intelligible, la parole qui fuse, un réservoir de cartouches impressionnant pour défendre votre position et statut de chef d'Etat précaire. Par les temps qui courent, être Président de la France est un exercice absolument suicidaire.

Vous faites beaucoup d'efforts pour regagner la confiance des Français et des Françaises. Vous regardez la Résistance à votre pouvoir, celle qui s'organise dans la rue et sur Internet, comme une sorte de manipulation orchestrée par des entités étrangères. D'ailleurs Drouet et sa bande aiment RT et pas BFM. D'ailleurs, selon le sondage du jour fait sur La France en Colère, une majorité de Gilets Jaunes qui fréquentent la page semblent vouloir le secours de puissances étrangères. Oh, horreur de la soumission, je suis pour une fois d'accord avec vous, la France doit rester libre et si révolution il y a elle doit être l'oeuvre des citoyennes et citoyens français-es-...ce qui n'empêchent pas les étrangers d'écrire et de s'investir pour ou contre une révolution qui ne concerne pas seulement la France mais la Terre entière. Rappelez-vous, 1789, et l'influence sur toute l'Europe et l'Amérique... Et aujourd'hui, 2019, et ce désir intense de se libérer des nouveaux maîtres de l'univers, ces milliardaires qui soumettent les politiques à leurs lois jusque dans nos démocraties dites avancées.

Monsieur le Président, vous prônez la hiérarchie des mots, donc le poids des mots. Et vous accordez bien entendu plus d'autorité à la parole d'élus et d'élues par le peuple qu'à celle d'un citoyen ou d'une citoyenne lambda. Pourtant, je dois vous le rappeler même à vous, vous vous entourez de conseillers (votre ex Monsieur Benalla la Brute le premier) et de conseillères (votre gentille Brigitte la première) qui n'ont pas été élus par le peuple mais qui ont pourtant une grande influence sur votre gouvernance. Donc, permettez-moi de vous dire que la parole d'élus est toute relative puisque vous accordez une grande légitimité de la parole à votre garde rapprochée qui n'a pas reçu l'onction divine (pardon démocratique) du peuple.

Monsieur le Président, soyons sérieux vous et moi. Que se passe-t-il donc en France au pays de la Révolution? Dites-le moi? Pourquoi tant et tant de Françaises et de Français sont mécontents des gouvernements successifs depuis la démission du Général De Gaulle et que cette défiance prend plus d'ampleur de décennie en décennie jusqu'à cette contestation plus forte encore qu'en Mai 68 dans la rue? Vous vous posez comme moi des questions mais c'est vous qui devez donner les réponses puisque vous êtes président. Hélas, vous ne répondez pas aux maux des Françaises et des Français qui triment et tombent dans la précarité voir l'extrême pauvreté. Pourquoi vous ne remettez pas en cause l'ultra-libéralisme et ses conséquences désastreuses sur l'état général de la planète et des démocraties? Pourquoi vous vous entourez de banquiers et de financiers pour détricoter le tissu social, le code du travail, et non pas de personnes qui oeuvrent à un meilleur équilibre afin que la France retrouve la paix et la sérennité? Pourquoi tant de mépris et de haine pour celles et ceux que vous considérez comme rien et qui hantent aujourd'hui les réseaux sociaux et descendent en masse dans la rue?

Monsieur le Président, êtes-vous capable de faire encore votre révolution intime, pas celle dont vous parler dans votre livre. Mais de la vôtre, celle d'un chef d'Etat qui avoue s'être fourvoyé en voulant conserver`et même agrandir la puissance de l'état pyramidale du monde comme un pharaon égyptien d'antan qui séparait les siens des esclaves afin de donner une haute idée aristocratique des élus divins protégés par les dieux pharaoniques?

Monsieur le Président, avez-vous oublié qu'il y a eu une révolution chez vous, en France, en 1789, pour abolir le régime de droit divin? Avez-vous renoncé, vous le philosophe de belles lettres, à apporter votre pierre à la réelle démocratie pour que le peuple de France retrouve sa joie de vivre dans une société fière de sa liberté et de sa démocratie? Avez-vous trop de narcissisme en vous pour reconnaître que vous avez commis une grande erreur en vous jetant dans la gueule des banquiers pour faire de vous ce Président PDG de la Finance mais non de la France et de son peuple?

Je ne sais si ces mots auront un quelconque impact sur vous. Mais rappelez-vous que demain matin les gueules cassées des Gilets Jaunes défileront en tête des cortèges de l'Acte XII des Gilets Jaunes. Il serait temps pour vous de changer d'optique et non de vouloir encore crever l'autre oeil qui reste aux Gilets Jaunes pour qu'ils restent tous ensemble dans la volonté démocratique et non qu'une partie d'entre eux et elles sombrent corps et âmes dans le chaos du terrorisme, de la soumission à des entités obscures et étrangères à la France, et de l'horreur.

Monsieur le Président, l'heure est grave et vous n'avez plus beaucoup de cartouches verbales pour sauver la France de sa perdition.

https://francais.rt.com/france/58645-macron-mediatisation...

https://www.facebook.com/BouloGiletJaune/videos/vb.935380...

20190112_083303.jpg

Christophe Coluche, le poids des mots et des maux

 

 

Les commentaires sont fermés.