07/02/2019

Enfumeur de bedos

 

J'suis pas fumeur de bédos,

enfumeurs de bédos.

J'suis pas molosse;

j'suis pas beau gosse;

j'me suis jamais fait l'ENA,

ni gay ni Guy Bedos,

avec ma gonze de palier

dans le plumard;

pas même fait l'Arc-de-Triomphe

avec sa Marianne brisée

cette nuit de décembre,

le jour de nos cendres,

dans le cracra et le bronze

avec mon tube sur l'Hexagone

planté droit recto

dans ses Champs-Elysées.

 

*Il y a des journalistes

qui ont appris leur métier de fantaisiste

à l'école hôtelière.

Ils posent des questions pièges

comme les terroristes les bombes;

ils posent leurs questions traîtres

comme les serveurs de logiciels

repassent leurs plats de shit

sur Facebook.

J'ai appris ma poétique

à l'école buissonnière

dans les boutiques de la rue,

entre Rimbaudelaire

et dix putes littéraires

qui s'cassaient les reins

pour m'faire du bien,

dix putes vulgaires

qui m'ont sucé le zob

pour que je marque

des golden buts

au star-système

qui se fait sucer le globe

par les frangines, les Lolita.

 

J'suis pas vendeur de bédos

non, non.

pas vendeur de bédos,

enfumeurs de bédos.

J'suis pas vendeur de bédos

non, non.

pas vendeur de bédos,

enfumeurs de bédos.

 

J'suis pas un voleur

mais j'défends grave l'infortune.

Non mais... sérieux.

Si j'vois un pauvre

piqué dans la caisse 

d'un gros lard prétentieux 

bardé de sa graisse,

j'excuse pas mais...

j'encourage la jouissance civile,

la désobéissance civique

qui veut que si l'injustice frappe

à ta porte

alors frappe leur justice bidon.

Tu crois que j'suis un voyou,

une balance à Macron

qui soupèse la justice

et donne le bâton

pour frapper le misérable?

Je couvre les actes délictueux

pour éviter ma honte

de votre belle justice,

je garde le silence

sur mes actes majestueux

parce que ma justice à moi

c'est les sentences

de Zola le gazé,

Hugo le misérable,

Pasolini le magnifique,

et que j'en ai pas encore fini

avec ma haine du capitalisme

qui vole les peuples

et détruit la démocratie

en même temps

que la planète et l'Humanité.

 

J'suis pas tueur de Bédos.

J'fais de l'humour croque-mort

funambule trompe-la-mort.

Je vais bien et si tout le monde

montait sur ma bosse

tout irait bien mieux pour moi.

Je vais vraiment trop bien

et si tout le monde irait bien

comme ma propre mort

le monde danserait le rap

sur sa propre tombe.

Chez moi, les femmes forment

le 80% du corps électoral.

Vu comme ça, ça m'excite

parce qu'avec son attaché case

et ses 20% de minoritaire

formés à sa zombe Walking Dead

Manu ne sortira vivant

de mon bal des vampires

que le jour où il tombera nu

à mes pieds, défait,

et paré d'un Gilet Jaune

pour la sentence.

C'est dans le regard, gars.

C'est dans le regard

qu'on tue ou qu'on se fait tuer,

qu'on est né mendiant

pour devenir roi

roi de la Conscience

ou roi de l'incontinence,

c'est selon.

C'est dans le regard

des zombies en marche

qu'on s'aperçoit qu'on est

déjà tous et toutes sapé-e-s

en Gilets Jaunes,

en mode survie, en surnombre

même à dix dans la rue.

Echapper à l'impôt sur la fortune

c'est la revanche

de la cigale sur la fourmi

et comme je n'ai jamais

fabriqué de fortune

j'ai créé la Fist-Fucking Bank

la FFB qui n'est pas l'ISF.

Ne pas confondre le rap et le rapt,

la restitution et la prostitution.

FFB ristourne des paradis fiscaux

sur mon compte à travers

le Minotaure,

mon labyrinthe poétique

né dans mon cerveau.

Marianne y retrouve son fil

pour sauver la France

et rien ni personne

ne l'arrêtera.

Mais t'inquiète Manu

c'est de la poétique

pour desperados,

pas de la politique

pour tes charlots et tes charlottes;

de la street parade

qui descend de ma tête

à mes couilles

pour ravers et lovers.

L'inverse de l'humour

ce n'est pas l'esprit de sérieux

c'est l'esprit de soumission,

celui qui dit oui, oui, oui,

encore oui

aux aristos du français propre

et merde au peuple,

aux bédos fumés par le peuple,

à celles et ceux qui crament

dans le froid de l'hiver,

à celles et ceux qui montent

sur les ronds-points

et sur Paris

pour faire la Révolution.

Pas si con que ça le petit rien.

Pas si nul que ça la petite rien.

Qui aime bien bien

châtie vraiment bien bien.

Mais qui n'aime pas châtie cash

et crée le crash du système.

Si votre règle générale

c'est d'entuber le peuple

et l'exception la fidélité,

alors je vise l'exception

et la perfection de mon rap.

Être prêt à mourir

pour la République du peuple

c'est pas être prêt à coucher

avec la Bande à Castaner

qui nous casse les nerfs

et terrorise les gens.

Je suis un évadé marginal

depuis que je suis né.

 Ma mère m'a mis au monde

un 4 août pour que je tombe

tous les privilèges.

1959,

4 août 1959,

le Che à la Havanne,

le cigare planté

dans le dos du Capitalisme.

 

J'suis pas vendeur de bédos

non, non.

pas vendeur de bédos,

enfumeurs de bédos.

J'suis pas vendeur de bédos

non, non.

pas vendeur de bédos,

enfumeurs de bédos.

 

 *merci à Guy Bedos pour les emprunts

Les Auges du Purgatoire

 

J'veux, j'veux pas.

J'veux, j'veux pas.

J'veux vivre, j'veux pas mourir.

 

J'veux plus de ces yeux éborgnés

par vous les bourgeois éhontés

qui vivez figés pour épargner

votre oseille mal engrangé

en prodiguant vos conseils pervers

de sodomie et de partouze fiscale

aux gueules cassées et violentée

des pauvres non épargnés

par vos pyrotechniques dégénérées.

 

J'veux plus m'la faire glisser

ni à l'envers ni à l'endroit.

Ni en long, ni en large, ni en travers,

ni me faire scarifier

par vos taxes de dingue

qui assomment ma syntaxe

et mes enfants qui crèvent

de haine avant d'avoir connu

l'amour de leur vie

et ma belle famille

victime de cette scarification

qui mène au divorce de la nation

et à la guerre des gangs

dans la rue.

 

Mes enfants, ils ont réussi

à surnager et à grandir

sur le chaos de notre monde.

Mes enfants, ils sont beaux,

ils sont adultes, ils sont généreux,

ils sont parents aujourd'hui

mais leur père n'a jamais oublié

le parcours et la lutte,

les dangers et l'adversité,

les moments de dérive

et les sauvetages in extremis

pour éviter la noyade

ou simplement la mauvaise vie

qui guette à chaque coin de rue

comme le vice

cherche sa proie facile et novice.

 

J'veux plus d'votre cynique castagne

dans l'amer à coups de trique

et vos matraques pointées sur nous

qui nous infligent votre hargne,

celle de votre parti pyramidale

qui marche sur les gens écrasé

comme sur des chiens mouillés

et dépossédés de tout,

vidés de leur argent par la loi travail,

de leur parole par la loi des énarques,

de leur existence par la loi des médias.

Votre énoncé est bien trop avilissant:

tu couches avec nous

ou sinon tu n'es rien

et tu ne sera jamais rien,

à la rue bande de chiens!

et ces élus détraqués

qui applaudissent leur désaxé

du maintien de l'Ordre aryen,

de l'Ordre jupitérien,

cette mort invisible qui rôde

et qui part au hasard

à la maraude de la populace

prise dans les nasses

comme les nazis ramassaient

dans les rafles

pour faucher avec sa faucille

cette population exclue

du Circus Maximus.

 

Néron, Macron,

est-ce une nécropole

ou une mégalopole,

Paris Police?

Néron, Macron,

est-ce une mégalopole

ou une cité gogole,

Paris Police?

 

R.I.P. ma soeur,

R.I.P. mon frère,

entre-filet dans un journal

d'un père, d'une mère

inconnu-e- du grand public.

R.I.P. ma soeur,

R.I.P. mon frère,

l'honneur,

la gloire,

la reconnaissance,

mort pour rien

d'être resté soumis-e-

à un ordre injuste

ou alors mort en soldat

de la République

pour nos enfants?

 

J'préfère la mort cash

à la mort pour du cash

et la mort trash

à votre univers flash,

notre mort trash

qui s'étalera en rouge sur BFM

si ce sont vos salopes d'FM

qui fumeront nos vies

en cent milles cartouches tirées

sur l'insoumise et belle racaille

que nous représentons,

nous les volontaires,

nous bêtes de somme pour vous,

nous autres animaux de bonne compagnie

qui connaissons le prix de l'amour,

de la passion, de la justice,

et même de l'argent,

nous autres animaux de race et de bâtard

qui niquons votre race de Versailles

qui ne reconnaîtra jamais

que le prix sulfureux du fric fraude,

du fric domination,

et du sang anonyme versé

boostant vos actions et vos crimes,

boostant votre joie sadique

à vous taper franco de porc

du révolutionnaire

dans cette année du Cochon,

Baie des Cochons, 17 avril 1961,

les ricains rejetés à la mer,

débarquement échoué,

impérialisme avorté,

échec complet du plus grand, du plus fort

et victoire du petit contre le mauvais sort;

ce parti de rien devenu téméraire

par la force des choses et qui ose

remettre en cause

votre vie en rose

tournée en maison close

que vos salauds de pauvres

vous ont offert à l'insu de leur plein gré;

 

Vous condamnez nos bouches

en direct sur les écrans.

Vous condamnez nos mots vulgaires

et même nos mots littéraires

en les prenant pour des bouches d' égouts

sans aucune intelligence ni valeur.

Mais notre dégoût et notre rage

sortent des bouches de métros

et envahissent la Capitale,

Paris en larmes

Paris en pleurs,

Paris aux armes,

j'ai peur,

j'ai froid,

j'ai la dalle d'amour,

nous allons mourir

mais nos noms resterons.

Nous allons mourir

mais nos noms ne s'effaceront jamais.

 

J'veux plus de vos sales communiqués

qui nous niquent RIC RIC

et nous saquent BAC BAC

sur le bitume

dans les flaques de sang

versées par le peuple

au nom de la liberté,

au nom de l'égalité,

au nom de la fraternité.

 

Nous ne sommes pas

des produits en vrac

que vous bastonnez pour jouir

en vous faisant plaisir

sur les plages des Bahamas

mais bien des purs-sangs sauvages

cavalant dans les rues de Panam

et retournant votre napalm funéraire

pour remporter la victoire populaire.

 

Caste, caste, Castaner,

nananère!

Devoir d'informer, mon cul!

Faudra qu' tu t'mettes le Macron

dans ton fion à la con

après notre lente révolution.

Il faudra que tu jouisses au bonheur

d'être sodomisé par la chienne de vie

et de survivre au SMIC

avec ta famille à nourrir

alors que tu trimeras

dans un boulot à la con.

 

J'veux ni de la poulaille ni de la flicaille

pour faire ripailles.

Si je suis hors-la-loi, ou pas,

sur la paille, ou pas,

je ne connais qu'une loi,

celle de la révolution

qui ouvre à la joie de

la liberté, l'égalité, la fraternité.

Je veux vivre, simplement vivre

mais d'une vie simple, juste d'une vie

qui profite de la vie à tous et toutes

et de nos épousailles fidèles

avec le peuple de Jean Jaurès,

 

le peuple qui trime,

le peuple qui trinque,

le peuple qui rime,

le peuple qui s'déglingue,

le peuple qui pleure

à cause de ce dingue

qui sème l'erreur et l'horreur

et qui se prend, tout là-haut

sur son orbite,

pour le dieu Jupiter.

Ben voyons!

Croire au messie

au XXIème siècle,

quelle folie!

 

Putain la France!

ça fera 250 ans en 2039,

un quart de millénaire

que le peuple de France

n'a plus voulu d'un monarque

pour diriger le destin du pays,

que le peuple de France

a refusé la dictature

et le droit divin des puissants!

Dans 20 ans,

la fille, le garçon né-e cette année

pourra-t-il se dire fier-ère

des Gilets Jaunes?

 

Je connais pas la réponse.

Je mène juste le combat

comme toi, ma soeur,

comme toi, mon frère. 

 

Caste, caste, Castaner,

nananère!

Devoir d'informer, mon cul!

Faudra qu' tu t'mettes ton Macron

dans ton fion à la con

après notre lente révolution

fulminante, vociférante,

illuminant le pays

de sa couleur jaune.

Il faudra que tu jouisses au bonheur

d'être sodomisé par la chienne de vie

et de survivre au SMIC

avec ta famille à nourrir

alors que tu trimeras

dans un boulot à la con

assigné à résidence,

au boulot,

en vivant d'indulgence

pour te faire pardonner

de ta triste attitude,

ta tristititude.

 

Ce sera ta peine capitale

pour avoir osé toucher

à la chevelure de Marianne

en éborgnant et en mutilant

les enfants du peuple.

 

J'veux, j'veux pas.

J'veux, j'veux pas.

J'veux vivre, j'veux pas mourir.