14/02/2019

La Petite Fille de la Mer

 

Parfois, de nuit,

je l'aperçois descendre

au milieu des proscrits

vivant ensemble

au centre des ténèbres

parmi les frimas de novembre

loin de tous les gens célèbres

et de cette lumière médiatique

qui aveugle et rend satanique.

 

Sur son radeau d'argent,

la Petite Fille de la Mer

promet la lune

aux enfants des pauvres.

Elle danse avec sa voile rouge

portant le vent de la révolution

et elle descend tout doucement

dans les coeurs asséchés

pour les ouvrir à l'amour.

 

Ne me faites pas écrire

ce que je ne veux pas écrire

de ma plume dérisoire,

avec mon encre noire

qui s'éparpille sur le papier,

avec mon coeur de révolté

et de flibustier de la rime.

Ne me faites pas dire

ce que je ne veux pas dire.

Je ne suis pas là

pour l'insurrection des corps,

la lutte armée et la mort des damnés.

J'existe là

pour la résurrection des âmes.

 

Pour notre révolution,

il n'y a pas besoin

de faire couler trop de larmes

et encore moins besoin d'armes,

de crimes, de morts, et de sang.

Il nous faut un peuple à l'unisson

et du courage à profusion.

Il nous faut une fusion des coeurs

et des moissons dorées

d'amour au jour le jour

charriées à travers les prairies

et les villes portuaires.

 

Pour notre révolution,

il ne faut pas une kalach

qui frappe de sa vérité morbide

les puissances maléfiques

à coups de balles mortelles

en espérant que nos balles

soient moins assassines

que les leurs

alors que ce ne serait qu'un leurre,

qu'une menterie

que nous nous ferions à nous-mêmes.

 

Il nous faut cette grande révélation

à nous-mêmes,

cette déclaration d'amour

à la démocratie,

à cette liberté,

cette solidarité,

cette fraternité,

cette égalité,

que nous renions trop souvent

à chaque fois que nous voulons

prendre de l'importance

en montant les échelles du pouvoir;

à chaque fois que nous voudrions

dominer une femme

pour lui voler son sanctuaire

et la rendre soumise

à notre loi masculine

de maître-chanteur et seigneur,

de séducteur abuseur;

à chaque fois qu'un enfant pleure

quand ses parents se déchirent

parce que c'est la haine et la guerre

tout autour d'eux,

une terrible dévastation collective

et que des gens s'invectivent et meurent

devant ses yeux abasourdis

rougis de peur et de larmes,

et ses cris déchirant nos consciences. 

 

La Petite Fille de la Mer

attend son amoureux

drapée de son rouge carmin.

Elle voyage dans nos imaginaires

et nous donne du courage pour demain,

pour notre oeuvre révolutionnaire

tout en ténacité et en beauté,

tout en volonté extraordinaire

de changer ce monde tortionnaire

en réalité lunaire,

poétique, et magique.

 

A toi, le Gilet Jaune.

A toi, la Gilet Jaune,

lit ce petit poème

à tes enfants

en écoutant cette divine musique,

en regardant ces images chamaniques

en ce jour de Saint-Valentin.

 

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