14/02/2019

Procès Dettinger: un verdict qui sauve les apparences

 

 

La famille de Christophe et lui-même craignaient et s'attendaient au pire, soit une condamnation à 7 ans de malheur derrière les barreaux pour le boxeur qui a frappé deux gendarmes.

Au final, le jugement n'est pas un jugement de vengeance froide et radicale de l'Etat envers un homme qui s'en est pris violemment à "l'autorité".

Soulagement et même joie parmi les soutiens les plus proches du boxeur. Mais amertume quand même. Un Christophe qui a su prouver qu'il est un homme au grand coeur, un chevalier de la vie à défaut d'être un chevalier des belles lettres. Ce qui est prioritaire à mes yeux. Car on peut être un chevalier des belles lettres et ne pas être digne de la France et exemplaire, comme Luc Ferry par exemple, et même le président Macron qui a désigné "ce type", le boxeur, comme un gitan qui ne parle pas comme un gitan ayant, sous-entendu, copié la parole de son avocat d'extrême-gauche dans sa vidéo. Racisme et mépris envers une communauté, la communauté Yéniches en l'occurrence, et un homme sensé provenir d'une communauté de sous-hommes mal instruite et mal éduquée, "réfractaire et racaille à vie" (extrapolation de la rédaction) selon les préjugés du Président. 

Christophe a parlé simplement et sans artifice comme un homme au courage magnifique prêt à sauver la veuve et l'orphelin. Christophe a même pleuré, ému et honteux comme un gosse qui aurait manqué de respect à sa maman et à son papa, ici la France en l'occurrence. La preuve qu'il aime son pays et qu'il a un grand sens de la République et du respect envers elle.

Seulement voilà. Lui, il a d'abord défendu la légitimité citoyenne de la France, le droit de manifester sans risque et sans prendre de gaz lacrymo et des coups violents de la part de personnes sensées représentées l'autorité. Dans sa famille, quand il était gosse, si papa avait été alcoolique et qu'il frappait maman, il aurait frappé son père de la même manière pour défendre maman contre la violence de son père... Et là, un gendarme, l'autorité, avait frappé contre une manifestante et d'autres citoyens, l'autorité avait aussi gazé son épouse. S'en était trop pour lui. Christophe, en un éclair et en un flash, passa de la colère résistante et non-violente à la violence de celui qui refuse que l'autorité bafoue le peuple davantage. Il se devait de défendre le peuple mis en danger par des gendarmes qui ne se respectaient plus et ne respectaient plus la France et leur mission de protection envers les citoyens et citoyennes.

A-t-il commis une faute? Oui et Non. D'un point de vue strictement républicain, c'est oui. D'un point de vue strictement moral et philosophique, c'est catégoriquement non. En frappant de ses poings les deux gendarmes qui venaient de commettre sur des citoyens et citoyennes des déviances perverses et sadiques pervertissant le droit légitimé par la loi d'user de leur autorité par la force en cas de légitime défense, il défendait tout bonnement tous les gilets jaunes contre la répression et la violences des forces publiques, contre les arrestations arbitraires de manifestants et manifestantes non violents, et surtout contre cette force "légitime" brutale devenue illégitime qui a éborgné et mutilés tant de mains, de pieds, et soumis aux coups de matraques nombre de personnes qui n'avaient rien fait à part usé de leur droit à manifester leur grande colère et contre leur abandon par une caste économique, politique, médiatique, et même judiciaire, qui se croyaient en tout supérieur au peuple invisible de ce peuple qui fait le bon pain de la France profonde, la France qui souffre et ne disait jamais rien, sauf à travers les urnes ou en s'abstenant, à voter bien souvent pour les extrêmes, voir naïvement pour leurs bourreaux en espérant être enfin entendus et compris des autorités gouvernementales.

La justice a retrouvé le sens de la justice, ses esprits et ses responsabilités en condamnant à 30 mois de prison, dont 18 avec sursis, et une année de prison ferme aménagée en semi-détention, le boxeur préféré des gilets jaunes. Il devra aussi payer des indemnités aux deux gendarmes à hauteur de 15'000 euros...

Mais, en contre-partie et pour une justice exemplaire, on attend de l'Etat des excuses, un mea culpa complet comme l'a fait, de façon exemplaire, notre champion Christophe Dettinger devant la Justice, et que cet Etat indemnise de façon substantielle tous les éborgnés et mutilés innocents qui souffrent dans leur corps, leur esprit, et leur coeur d'avoir été ainsi maltraités par la République française et ses représentants. On attend une démission du Président actuel ainsi que de son Ministre Castaner qui n'ont pas été à la hauteur pour répondre de manière juste et proportionnée à la révolte légitime des gilets jaunes. On attend que les gendarmes, bacqueux et autres CRS coupables d'usage gratuit de la force publique envers les citoyens et citoyennes de la République, que tous les petits Benalla sadiques qui se croient couverts par l'impunité, soient à leur tour condamnés pour leurs propres fautes et méfaits exercés dans le cadre de leur mission républicaine. Obéir à un ordre venu d'en haut est une chose (pour cela il n'y a que les interrogatoires judiciaires et les preuves réelles de transmission d'ordre) mais agir de son propre chef en est une autre. Et il est presque sûr que certains flics ont mal agi de leur propre chef.

Je ne peux terminer ce billet sans dire un merci du fond du coeur à Christophe qui a su se comporter en homme tout en voulant défendre cette femme à la chevelure rose jetée à terre et battue par la force républicaine, ainsi que tous et toutes les gilets jaunes face à la répression brutale des forces de l'Ordre. Un Christophe qui a su également se comporter en homme soucieux du respect de la République et de la force républicaine face au Tribunal et qui, par son comportement exemplaire devant la République, a redonné un peu de paix et de sérénité dans le désordre et la haine actuelle que vit la France. 

Christophe Dettinger, tu es digne de la France et de la République. Et tu ne dois pas avoir honte de toi. Tu as agi avec ton coeur, ta passion, ton impulsivité de boxeur qui a ressenti un danger très grand comme si papa était ivre et qu'il s'était mis à battre maman avec le risque d'un danger de mort imminent. Tu as, en quelque sorte, sauvé la France de sa perdition en la cognant sur sa face dominante, malgré les risques de représailles, afin de protéger sa face soumise d'une mort lente et définitive, une population en jaune soumise au diktat, au mépris de classe, à la condescendance, et à sa violence tyrannique paternaliste représentée par son chef d'Etat, Emmanuel Macron.

Christophe me fait un peu penser au Jonas prophétique du livre de notre temps. Il paie pour la faute collective de tous mais c'est lui, en même temps, qui renoue les liens communautaires entre la France institutionnelle et le peuple grâce à son humanité et son respect du peuple et des institutions et ce, bien qu'il ait été jugé coupable par les médias et la France d'en haut d'être l'ennemi de la République au moment même où il frappait avec une brutalité inimaginable et animale deux représentants de l'autorité...pour sauver la France de ses vieux démons, soit le désir de domination de certains et le devoir de soumission des autres comme au bon vieux temps des rois de France...

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