18/03/2019

Il y a les climatosceptiques et maintenant les socialosceptiques

 

Marches pour le climat et marches gilets jaunes sont totalement imbriquées. Toutes les deux émergent d'une manière consubstantiel l'une à l'autre.

Si tu veux sauver le climat tu dois aussi sauver l'Humanité de ses dérives ultra-capitalistes. Tu dois être solidaire des deux. Tu ne peux pas choisir entre sauver le climat et sauver l'Humanité. Et pour sauver l'Humanité tu dois la sauver de son extrême délire capitaliste, individualiste, et ultra-compétitif dans le sens marchand du terme.

Si tu prends ta star préféré, Ronaldo, Federer ou qui d'autres encore, Lady Gaga, Eminem ou Sophie Marceau, aucune d'entre elles ne peut vivre dans un monde au-dessus du peuple, dans une bulle artificielle qui n'a plus aucune attache avec la société civile travaillant à leur succès par la médiatisation de leur oeuvre (nombre de cliques et de vues sur You Tubes par exemple), achète leur spectacle, leurs objets dérivés. Elles sont toutes obligées de réfléchir avec toi à la meilleure façon démocratique de la répartition des richesses et des usages que nous tous en faisons. Sinon, tes stars préférées n'appartiennent plus au peuple mais vivent dans un monde artificiel qui ne tient pas compte de leur surplus de consommation qui pollue énormément (Federer prend l'avion combien de fois par année?), des catastrophes humanitaires, des mouvements sociaux tels que les Gilets Jaunes qui se révoltent dans un état d'urgence de prérévolution et de renversement de la table des dogmes et des valeurs actuelles (la religion ultra-libérale des papes de l'audiovisuel et de la pub).

Même si tu veux n'intervenir que pour le climat ou pour le droit à la survie de la calotte polaire et des ours polaires, le traitement des animaux domestiques, ou toute autre cause, tu ne peux pas le faire sans référence aux valeurs humaines et démocratiques. Sous une dictature, la loi du plus fort s'impose forcément. Et l'accumulation des richesses, de l'argent, répartie entre quelques millions de personnes sur la Terre entière sur 8 milliards d'êtres humains, est absolument source de dictature et d'impossibilité de renverser les valeurs climatiques et sociales pour plus de respect de la Terre, de la vie, et des êtres humains.

Tu peux faire comme tu veux. Les grands médias peuvent chercher à diviser les gens entre les bons manifestants bien gentils qui attendent des mesures fortes pour le climat et les sales manifestants bien méchants qui mettent leurs vies en jeu pour renverser la tendance actuelle de plus en plus en faveur des très riches en abandonnant les plus faibles et plus pauvres à leur triste sort, il y a corrélation manifeste entre le climat social et le climat tout court.

Ne crache pas sur les Gilets jaunes. Ils sont celles et ceux qui ont compris que sans vrai changement politique rien ne sera jamais fait de sérieux pour sauver le climat. Rappelle-toi juste pourquoi Nicolas Hulot a démissionné du gouvernement Philippe. L'ultra-capitalisme n'est pas un système qui fait de l'écologie et ami de la planète Terre, notre seule planète connue pour y vivre comme hier, aujourd'hui ou demain pour nos descendants. Lis mon billet à propos des chênes de France et tu comprendras combien le seul intérêt d'un tel système libre-échangiste c'est encore et toujours la rentabilité à tout prix au détriment de l'écologie comme des normes sociales de travail.

La planète se meurt et l'être humain devient de plus en plus esclave des puissants sous ce régime de l'ultra-libéralisme.

 

Ecoute Laurent Nuñes, y'a d'la merguez chez les Jaunes

 

Tous et toutes dans le même sac

après le saccage des Champs.

Tous et toutes tondu-e-s

pour les déportations collectives

par les tonfas des CRS.

 

Y'a même la Jacqueline Jaune

qui en a rajouté sur sa Jonquille.

Tous des grands faignants

les allumés du Fouquet's

qui ne chauffent plus

les bancs d'école,

ceux qui n'ont aucune culture,

aucun diplôme,

aucun titre,

aucun sens de l'Histoire,

aucune retenue

et qui cassent tout

par pur plaisir de destruction

puisqu'ils n'ont jamais reçu

ni instruction ni éducation

et qu'ils veulent faire parler

de leur petite personne

sous leur cagoule noire

même si un jour

ils finiront sous les balles

de la Castaner Party

sans avoir connu la célébrité,

les honneurs, la gloire, le fric

et les petites filles soumises

à leur pognon virtuel.

 

Alors Nuñes

tu l'aimes ma merguez?

Tu vois la forêt

grosse comme l'Amazonie

habitée d'une nana conda

à qui on ne l'a raconte plus?

Tu vois Dieudo le Dingue

et sa méchante quenelle

qui fait dong dong

sur les non-dits

du capitalisme flingueur?

 

Si j'ai bien compris

toute la subtilité d'un secrétaire d'Etat

à l'Intérieur ravagé,

la forêt jaune

c'est en aucun cas de la biodiversité

à l'état brut.

C'est de la monoculture sociale

prête pour la casse.

Mais pour la casse de qui?

C'est l'arbre qui cache la forêt

et la forêt entière qui protège le chêne,

le leader en chef

d'une révolution improbable

qui n'a jamais eu de chef

parce que y'en a plus que marre

des pyramides à répétition.

 

Y'a le grand boulot blanc (le Boulo quoi),

et les autres feuillus poilus

comme l'hêtre proche du néant,

les houx collants et piquants

qui s'éclatent dans les buissons

des filles hurlant

des ahou ahou ahou

jouissant du spectacle

sur leurs Champs de Volupté,

y'a de tout,

de l'Ivoirien, du Comorien,

et du Vaurien,

du Breton Merlin, du trou Normand,

et du Calvados vintage 100 ans d'âge,

de l'Alsacien garni, du Marseillais peuchère,

et même du Parisien insoumis.

 

Bref, Laurent Nuñez.

Je te donne un secret

à respecter à la lettre.

Le 6 avril je serai à Paris.

Si ta police m'arrête,

la presse parlera de ma vie,

de ma poésie, de ma merde.

Si ta police me blesse,

la presse parlera de mon blog,

de mes missiles,

de mes missives attack

contre l'ultra-capitalisme.

Si ta police me tue.

les médias feront

les choux gras

de ma petite personne,

un grand martyr à la cause

mort pour la révolution.

Donc, t'as pas le choix.

Pour qu'on ne parle pas

de cet arbre maudit,

de cet abruti sans culture,

de ce chêne un peu instruit,

ta police me foutra la paix,

me laissera participer,

me laissera soutenir,

me laissera filmer

et photographier à ma guise,

me laissera vivre

sous les gaz lacrymo,

me lâchera la grappe,

et m'ouvrira la haie d'honneur

avec les cordons des CRS impuissants.

Et cela sans entrave.

Il est interdit d'interdire.

 

Où y'a de la chaîne

y'a jamais eu de plaisir.

N'est-ce pas Maître Nuñes

chancre du libre-échangisme?

 

Mon secret,

ma discrétion garantie

contre mon impunité

artistique et révolutionnaire.

Si tu veux pas qu'on parle

de ce gilet jaune particulier,

tu sais ce que tu dois

donner comme ordre

à tes hommes et tes femmes.

 

Au 6 avril, cher Laurent Nuñez.

Ahou! Ahou! Ahou!

 

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2019/03/18/25001...

 

Si j'étais ce chêne de la mondialisation

 

Des dizaines de milliers

de chênes tombent

chaque année en France

et partent pour l'Empire de Chine

avant de revenir après transformation,

là-bas dans le très lointain

de nos luttes contemporaines,

par des mains ouvrières

travaillant 10 jours par heure

(je fais du Castaner à l'envers)

pour un demi-smic à l'endroit

et cela en échange

d'un esclavage 6 jours sur 7

(j'écris sur la logique cynique

des patrons exploiteurs

revenus au temps

de la traite négrière

qui nous vendent leur merde

ultra-libérale

comme la quintessence

du libre-échangisme

afin qu'ils puissent profiter

ad aeternam

de leurs petites partouzes particulières

entre amis très initiés

sur le dos des gens qui crèvent au travail).

Miam Miam

jolie jeunesse.

Pardon d'avoir été long.

Tu sais déjà tout ça

toi qui me lis.

 

Avec tout ça,

mon ami le chêne

a quand même pris la route

et fait un beau voyage

sur un porte-container des mers

qui coulera peut-être

après une avarie ou un incendie.

Mais au moins,

s'il n'y avait que du chêne à bord,

on pourrait presque écrire

que le navire connaîtrait alors

une fin heureuse,

une mort romantique et écologique

si ce n'est le fuel à bord.

 

C'est du Rimbaud

ou du Baudelaire

si on y pense bien,

de l'idéal de la noyade en mer

pour un chêne de France

ou alors du Victor Hugo

ce tronc de chêne décharné

traîné sur l'Océan

comme un gueux misérable

allant se faire transformer

et retravailler dans sa chair

comme pur objet de consommation.

 

A-t-il eu conscience de sa mort,

guillotiné par les mains expertes

des bûcherons,

coupé de ses racines,

traîné puis transporté

comme un simple

objet de production

et non considéré des hommes

comme cette majestueuse

création forestière

qu'il fut jadis?

Après les véganes

et leur noble combat,

les humains arrêteront-ils

de bouffer du chêne

pour se chauffer ou s'abriter

des intempéries?

A voir.

 

A-t-il conscience de sa fin lamentable

mon ami le chêne fabuleux

convoité comme un top mannequin

entre marchands chinois d'Arlequin

et marchands français

de la bibliothèque rose,

acheté au plus offrant

selon sa qualité et sa chair

exceptionnellement belle

pour habiller les murs

des salons bourgeois

ou alors rebelle

et pleine de noeuds,

tordue et vicieuse

dans sa nature,

pour finir bien bas

en parquet ciré

où les gens lui marcheront dessus

pour ne pas dire lui pisseront dessus

pour satisfaire leur besoin naturel

et leurs pas pressants?

 

De retour en France,

mon ami le chêne

résumé à son produit fini

coûtera 20% de moins

que son frère jumeau transformé

en terre de France.

De quoi voir l'avenir

en aventurier des mers

pour tous ses frères de la forêt

encore debout de France.

 

Je ne sais quel degré

de conscience a un chêne.

Peut-il parler aux hommes

avec ses belles feuilles dentelées?

Peut-il parler aux femmes

avec ses glands tout mignons?

Mais enfin j'ai essayé

de vous écrire pour lui

qui n'est déjà plus regardé

comme l'être majestueux

de nos forêts

mais seulement convoité

comme objet de consommation.

Et en parlant de sa destinée

j'ai tenté de vous parler

de nous, de notre exploitation,

de notre soumission

comme objet de production

et de consommation.

 

Et au final,

de l'après-vente réel

de leur idéologie de merde vendue

comme mondialisation heureuse

pour nous toutes et nous tous

condamnés à subir cette loi

des marchands mondialisés.

 

Révolution!

 

Il n'y a pas mort d'homme

 

Combien de jours encore

et combien d'aurores

entre la vie et la mort

à t'attendre sur le port

comme un naufragé

qui a perdu son foyer?

 

Tous les soirs

tu m'écris des petits mots doux

des petits rien du tout

qui nous maintiennent

dans notre bulle

et cette grande illusion

d'un amour parfait

sans nuage

sans violence

sans toi et sans moi

dans le même lit

et sans avenir aussi.

 

Notre amour est beau

comme un ciel sans nuage,

comme une lune de miel

sans horizon commun.

Un grand amour cosmique,

un grand big bazar

brûlant sa flamme

dans son lit frigorifique

aussi bizarre qu'anar.

Notre plumard

est un vol quantique

pour nulle part.

 

Mes mots s'échappent

aussitôt qu'ils surgissent

de mes entrailles rongées

par cet acide des jours

me brûlant l'oesophage.

Pareils à des fauves chronophages

qui se libèrent

de ma solitude existentielle,

ils sont mes empruntes sauvages

signant mon crime originel

face à cette société servile

au discours bien trop létal.

Mes mots sont des couteaux

de cuisine découpant

la société au scalpel,

les empruntes digitales

de mon coeur déchiqueté

par des années de souffrance

et d'absence au public. 

Je sais bien que quelque part

il y a de la vengeance

dans l'air

de la part

de mes oppresseurs invisibles.

Ils seront retenus contre moi

comme l'encre indélébile

saignant de mon coeur,

l'encre poison

qui fait déjà de moi un paria,

un marginal, un illégal,

un clandestin, un mutin,

un anarchiste à abattre

pour outrage à l'autorité.

 

Dis-moi que tu m'aimes

pour la vie

parce que ma vie

ne sera plus si longue que ça.

Dis-moi que tu m'aimes

pour toujours

afin que j'oublie celles

qui habitaient mes jours

trop sages et ordinaires

comme mes nuits orgasmiques

pleines de sexe

et de folies passagères

qui n'ont jamais su

aller au bout

de leur promesse.

 

Nos amours sont infidèles

mais ils se nourrissent

de fidélités imaginaires.

 

Dis-moi que je suis

ton animal sauvage

que tu dorlotes et caresses

sans crainte et sans peur

de mon image révolutionnaire

qui me hante et me possède,

me prend et me détruit

sur les flots déchaînés

de leur haine irrationnelle,

me prend et me détruit

petit à petit

comme une ivresse obsessionnelle

qui change ma vie.

 

Dis-moi que je suis

ton animal sauvage

qui te fait voir l'amour

comme un festin

un carnage

où la proie et le prédateur

se sont unis pour la vie

où la proie et la prédatrice

s'aiment pour la vie.

 

C'est tout ce que je veux

de toi avant ma fin

pour couvrir les rires carnassiers

de mes ennemis invisibles.