22/03/2019

Gandhi ou Che Guevara; Malcolm X ou Martin Luther King?

Face à l'impérialisme des ultra-puissants d'un Etat qui ne veut plus reconnaître une partie de sa population comme son égal et qui a fait d'elle des êtres inférieurs et soumis à leur loi du profit (esclavage, bas salaire, absence de reconnaissance, mépris, déclassement, discours politiques de rabaissement systématique "gens qui ne sont rien" "fainéants" "les factieux" "les haineux" "les 50'000 casseurs émeutiers" "assistés qui coûtent un pognon de dingue" "les sans-dents" "les nihilistes" "les blackos" etc., la lutte légitime peut-elle n'être faite que de non-violence absolue comme dogme indépassable des révolutions modernes? La non-violence, dans l'absolu, cela n'existe pas. Il y a forcément violence dans un rapport de force. Seul le niveau de violence acceptée et acceptable fait la différence.

Pour ma part, et je l'ai dit à maintes reprises, face à un pouvoir qui détient la quasi totalité des moyens de violence et une société civile démunie et surtout nourrie au pacifisme depuis très longtemps (plus de 70 ans en France, mais moins que la Suisse par exemple), je prône la lutte non-violente, ce qui ne fait pas de moi un pacifique. En deux mots, le pacifisme n'est pas une arme de combat mais la soumission à un ordre donné alors que la lutte non-violente est un combat acharné contre l'ordre établi par tous les moyens sauf la violence armée ce qui signifie tout de même une certaine violence légitime contre la violence armé du pouvoir et ses outils de propagande tels que les médias du système honni (attaques informatiques, blocages de rédactions médiatiques à la solde du pouvoir, raffineries, ports, multinationales, voir, dans l'extrémité, des comportements de saccages sporadiques de lieux institutionnels ou privés représentant l'asservissement et la domination envers une population qui n'a plus ou jamais eu les moyens de s'y reconnaître ou qui ne veut plus s'y reconnaître pour x ou y raisons (élévation du niveau de conscience et de connaissances que ce système est au bord du gouffre humanitaire voir civilisationnelle).

Il y a actuellement une grosse polémique autour de l'intervention des Black Blocs. Pour certains, ils sont nuisibles à la cause des Gilets Jaunes. Pour d'autres, ils sont légitimés du fait de la non-réponse absolue du Président Macron aux revendications révolutionnaires des Jaunes. Tout cela amène le gouvernement à durcir la répression jusqu'à décider d'engager l'armée et d'interdire toute manifestation à Paris ou Marseille ou ailleurs encore des Gilets Jaunes. Au pays de la liberté d'expression, les borgnes sont rois...

Qui a donc le monopole de la violence institutionnelle contre les Jaunes? Il faut se rappeler que ce gouvernement précis, le Macronisme, fait clairement du racisme de classe à ciel ouvert dès les débuts de l'existence du mouvement. Ce gouvernement a décidé très clairement d'aller encore plus loin pour imposer ses recettes honnies de l'ultra-libéralisme alors qu'il n'a, à la base, qu'une minorité clairement définie de soutien pour imposer sa politique scélérate envers le peuple français au pouvoir d'achat largement diminué année après année.

Qui vient de prononcer que tout attroupement de Gilets Jaunes, toute résistance, serait immédiatement punissable et que les Jaunes seraient arrêtés sans ménagement au cas où ils refuseraient de se disperser samedi ainsi que tous les samedi suivants?

Le Gouvernement veut tuer la révolution Gilets Jaunes. C'est absolument clair et précis. Nous sommes soumis à un matraque verbal et répressif quotidien dans les grands médias "une horde de barbares, de violents et de séditieux, de fascistes des deux extrêmes, des antisémites, des racistes de la pire espèce, des incultes, des illettrés" non des citoyens et citoyennes qui exigeons une autre politique pour l'avenir de la France et du monde... Alors même que l'immense majorité des Gilets Jaunes est restée pacifique (j'use du terme parce que beaucoup de Gilets Jaunes ne comprennent pas vraiment ce qu'implique la lutte non-violente et ses moyens à disposition pour abattre un régime autoritaire) malgré les gazages innombrables et toxiques (combien de gens développeront des maladies mortelles dans le temps?), les coups et blessures, voir mutilations à vie, par matraques, grenades, et autres LBD40?

Rester pacifiques? Non. Rester non-violents? Oui. Car je pense que seule la légitime défense peut donner un droit à la lutte armée. Quand une personne ou un gouvernement veut notre mort, nous avons le droit de riposter par la violence pour tenter de sauver notre peau.

Que dire maintenant des dégâts causés par les Black Blocks? Ont-ils servis d'électrochoc à la foule? Font-ils mieux comprendre la cause profonde de la révolution ou bien la desservent-ils par le côté nihiliste et anonyme de l'anarchisme révolutionnaire? C'est compliqué. D'un côté, ils apportent encore plus de colère et d'incompréhension populaire, de haine et de divisions. De l'autre, ils provoquent la prise de conscience radicale chez les citoyennes et citoyens, gilets jaunes ou pas, d'une révolution urgente, absolument nécessaire, radicale et inéluctable dans la société démocratique de notre modernité. A la dérive de cette prétendue démocratie aristocratique assumée (Macron l'a dit tout récemment devant les 40 intellectuels), élitiste et corrompue qui est de connivence avec les dictatures à travers le monde, et donc face au suicide de la réelle démocratie telle que pensée par nos grands philosophes de Rousseau à nos philosophes modernes utopistes qui sont pour un nouveau contrat social adapté à notre temps, il est temps de dire non, un non très ferme et définitif à cette dérive macroniste impitoyable. Et les Black Blocs usent de la "soft" violence sur des outils de domination de la violence institutionnelle (Le Fouquet's, les banques, les magasins de luxe, et même les kiosques à journaux comme je l'ai décrit dans un de mes billets précédents). Les Blacks Blocs n'ont tué personne. Ils ont saccagé et détruit. Cela fait sans doute mal de l'entendre ainsi car personne n'aime la destruction d'un bien. Cela reste un délit et un crime. Mais est-ce qu'un bien de consommation est forcément un gain pour l'Humanité? Un enfant, un adulte, qui trime 60 ou 70 heures par semaine pour un misérable salaire en Chine afin de produire un objet que nous achèteront ici n'est-il pas un esclave de notre système mondialisé? Et chez nous, la casse de la Loi Travail, la vente des lieux stratégiques d'un Etat à des privés?...Et pour le climat, toute cette consommation débridée par quelques centaines de millions de dinosaures humains que nous sommes (bon je m'exclue du lot, comme beaucoup d'autres je suis devenu plutôt un papillon) n'apporte-t-elle pas la réalité symbolique d'une météorite qui nous tombe en plein milieu du visage avec la dévastation de notre éco-système et la disparition des espèces?

Concernant les révolutions, aucune n'a jamais été non-violente à 100%. Et tous les grands leaders révolutionnaires que j'ai cités dans l'intitulé de cet article ont été assassinés. Aucune de ses personnalités n'a pu mené jusqu'au bout le peuple vers la liberté sans violences marginales ou menées au coeur même de la révolution. Même pas Nelson Mandela qui a d'abord débuté par des actes considérés comme vandalisme et terrorisme par les tenants de l'apartheid avant d'être jeté en prison et qui, par la force des choses, a du alors lutter par la non-violence intégrale de sa cellule.

Par ce billet, je voulais donc apporter non pas mon soutien aux saccages des magasins par les Blacks Blocs mais mon explication révolutionnaire à ces saccages. Les Blacks Blocs ne sont pas l'ennemi du peuple. Ils sont l'ennemi de la finance et du système dans lequel nous vivons. Comme je l'ai déjà écrit. On peut les aimer ou les haïr. Ils n'en sont pas moins des êtres humains qui luttent pour un autre monde et non pour la destruction du monde et des gens.

Je termine ce billet par deux citations de Malcolm X.

« Si l'homme blanc ne veut pas que nous soyons contre lui, qu'il cesse de nous opprimer, de nous exploiter et de nous dégrader. Que nous (les Noirs, Les Jaunes ndlr) soyons chrétiens, ou musulmans, ou nationalistes, ou agnostiques, ou athées, nous devons d'abord apprendre à oublier nos différences. […] Nous allons être forcés d'employer le vote ou la balle. […] Je ne me considère même pas comme un Américain. Je ne suis pas un Américain. Je suis l'une de vingt-deux millions de personnes noires qui sont les victimes de l'américanisme […] Il y aura des cocktails Molotov ce mois-ci, des grenades à main le mois prochain, et autre chose le mois suivant. […] Ce sera la liberté, ou ce sera la mort. C'est la liberté pour tous ou la liberté pour personne. » 

et cette autre directement adressée, de ma part, au Président Macron:

 « Chickens coming home to roost never made me sad. It only made me glad » (« Les poulets revenant au perchoir [au poulailler] ne m'ont jamais rendu triste. Cela m'a toujours fait plaisir ». C'était adressé au Président Kennedy bien avant son assassinat... Qui sème la violence récolte la violence. Attention à vous Monsieur Macron. N'allez pas plus loin en direction de la répression contre les Gilets Jaunes. En Roumanie, un couple est mort d'avoir pas su s'en aller au bon moment. Ce n'est pas une menace. C'est une parole d'empathie envers vous et votre Brigitte pour vous sauver la vie.

ACTE XIX. Un flashmob géant d'un quart d'heure samedi en silence dans toute la France à une heure précise serait le top, chers amis Gilet Jaune. Suivez-moi pour une fois...

 

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