24/03/2019

J'ai vingt ans cette année

 

J'ai vingt ans cette année.

Je vais toucher la soixantaine

au mois d'août.

Mais à dire vrai

ce n'est pas vraiment le gros lot

que d'avoir touché trois fois 20 ans.

Les petits bobos

de tous les jours,

le corps qui fatigue,

le travail toujours aussi dur,

et la pression du coup de feu

qui dure le temps

de deux marathons par jour.

 

Faut pas croire,

la restauration c'est la galère.

Jamais de soirées,

quasi jamais de week-end,

en stand-by permanent

non payé

pour ton boss qui refuse

de te donner trois jours de cong

parce que tu risques

de partir à l'étranger

mais qui te demande parfois

10 ou 15 jours de travail sans cong

quand il faut palier

à la maladie ou l'accident

d'un collègue.

Car nous travaillons

dans la restauration

sur le concept minimum

d'employés nécessaires

et le profit maximum

du boss.

 

Faut pas croire,

la restauration c'est la galère.

En dehors de la grosse fatigue,

Tu perds tes amours,

tu perds tes amis,

tu perds de l'argent

pensant en gagner

au moins de quoi en vivre

correctement

alors que ton patron

devient millionnaire

et que toi

tu restes dans la dèche

et que tu crèches

seul dans la nuit

parce que tes copines

à la longue,

ou même ta femme,

si t'as pas la tune,

après le miel et la lune,

tu deviens qu'une merde

qui n'a pas su y faire

dans la vie.

 

Ils ont coffré le Fouquet's.

Le symbole du luxe

et de la restauration haut de gamme.

Il lui ont fait

un drôle de sarcophage d'acier,

un genre de train immobile

en plein Paris

ressemblant à une centrale nucléaire

qui a explosé.

Un sarcophage.

Sacré symbole.

Ce n'est pas vraiment

une parabole,

une sorte de train de Staline

qui marquait la dictature

du néolibéralisme

et du pognon des riches,

mais ça y ressemble.

Le train de vie

des milliardaires déraille

sous les cris de la révolution.

Ils vont devoir se plier

aux futures lois de la démocratie

et leur dictature du fric va tomber.

 

Cela semble pourtant simple

de vouloir changer

les lois de la pesanteur,

de la puissance,

cette loi dictature au pouvoir,

cette loi caricature démocratique.

Et pourtant,

c'est l âpre combat

de toute une vie

avec la solitude,

la marginalité

et l'exclusion sociale.

 

Tu fais tache

et bande à part

jusqu'au jour

ou la Révolution arrive.

 

J'ai 20 ans le 4 août.

La fin des privilèges va sonner.

J'ai 3 fois 20 ans le 4 août.

Je suis bien

dans ma soixantaine

et fier des jeunes de 20 ans,

des jeunes de 2 fois 20 ans,

des jeunes de 3 fois 20 ans,

des jeunes de 4 fois 20 ans,

des jeunes de 5 fois 20 ans,

qui font cette révolution

avec leur gilet jaune

dans leur coeur

et porté sur le corps.

 

Le symbole d'un peuple qui ne craint rien

Au lendemain de l'Acte XIX, on peut affirmer que le peuple français ira au bout de sa révolution.

Ni l'intervention de l'armée, ni les intimidations et les menaces d'arrestation, d'amendes, voir même de tirs de l'armée en cas d'agression de militaires, ont fait reculer les Gilets Jaunes. Au contraire, il semble avoir été encore plus nombreux dans la rue que durant l'Acte XVIII.

Avril et Mai pointent leur museau. Et avec eux les manifs ouvrières. Il est temps que la convergence se fasse et que la grève générale devienne l'arme principale pour faire chuter Macron et sa bande de potes multimilliardaires.

Aussi longtemps

que je serai debout,

aussi longtemps

que je serai en vie,

aussi longtemps

que l'amour me protège,

aussi longtemps

que tu me jettes des sortilèges.

 

Pourvu que je t'aime

Révolution.