09/04/2019

Fils de grand bourgeois, fils de hors-la-loi

Où se terre la pensée fasciste? La Révolution porte-t-elle les germes de la peste brune? Et si oui, aucune révolution n'est-elle alors possible? Et si non, ne vivons-nous pas dans un monde où le fascisme n'a pas de visage autre que la grande laideur de cette machine surpuissante ultra-libérale et mondialisée qui concentre tous les pouvoirs, décide, manipule, corrompt, soumet, réprime, censure...

Permis de détruire, de polluer, de tuer en silence, rendre à l'esclavage et à l'exclusion des foules de gens...et dit au final que ce sont les autres, les extrêmes de gauche ou de droite qui sont les porteurs et porteuses de peste brune.

Mais dois-je encore dire à un poète bourgeois ou un quelconque philosophe qu'on dit éclairé et imbu de sa personne qu'on ne devient pas d'extrême gauche ou d'extrême droite par le plus pur des hasards? C'est con d'écrire ça? Et que, si les masses populaires grandissent en nombre et en conviction en se confondant mutuellement dans une rage commune se dirigeant vers les extrêmes, est-ce bien parce que ces masses populaires porteraient seules le poids du péché civilisationnel et que la grande, la belle, la noble, bien qu'ignoble, bourgeoisie, dans son immense hypocrisie, condamne et conspue, se bouche le nez, les oreilles, et même la bouche, se lave les mains pour rester propre sur elle-même, en disant qu'elle refuse définitivement de ce pain là, qu'elle ne veut pas écouter ce genre de voix-là, ces rebelles bossus cabossés par la vie, ces révolutionnaires à deux balles (quel mépris grand bourgeois!) qui ne mériteraient qu'une balle dans la peau (ah Ferry quel libre penseur! quelle magistrale démonstration du bourgeois ultra-violent mais jouissant et bénéficiant de l'impunité bourgeoise!).

Les signaux d'alarme sont très nombreux. Mais nos grands bourgeois signent et persistent en affirmant que seul le chemin d'aujourd'hui, le chemin ultra-libéral béni des dieux de l'Olympe capitaliste, est la seule solution à nos maux, le seul chemin vers la liberté et le bonheur humain. Consommer heureux, consommer tendance, bio, végane, vert, écolo mais consommer, consommer, consommer, consommer encore avec la liberté libre-échangiste au fronton de nos vertus cardinales et la Finance, la Bourse comme l'acmé du processus démocratique en promettant nos pays soumis aux ordres de l'oligarchie et laissant les miettes aux peuples ne faisant pas partie de la start-up mondiale mourant d'une mort lente et sans espoir d'un retour à une vie meilleure, cette oligarchie aux dents très longues et arrogantes ayant mis en place leur grande science de la com pour l'exploitation salariale et commerciale des masses populaires. Mais tout cela ne serait pas du fascisme, cela serait juste une pensée rationnelle, bienfaitrice, et bien entendu authentiquement ancrée dans le processus démocratique moderne.

Désolé si je ne crois plus au prétendu grand plan démocratique que porte les dominants d'Europe et d'Amérique. J'ai vu ce que cela voulait dire dans leur bouche et j'ai assisté à quelques actes troublants. Désolé si je vois désormais le monde ultra-capitaliste un peu plus comme Pier Paolo Pasolini le voyait lui-même et si des terroristes rouges ont provoqué des morts injustes dans les années 80, ont pratiqué des barbaries cruelles sur de grand bourgeois, ont déclaré la guerre à notre société de consommation. Désolé si d'autres, à l'extrême-droite, rejettent une partie du genre humain et se veulent dans une pureté de la race blanche et française. Désolé, mais ce n'est pas moi qui ait donné ce genre d'idées brunes à tous ces gens qui sont partis dans des dérives extrémistes. C'est bien la violence du monde ultra-capitaliste qui a donné ce genre d'idées à tous ces gens qui ne se reconnaissent plus du tout dans l'image bienheureuse du bourgeois bien portant avide de sensations fortes et de consommation à outrance. Saturation, dégoût, et écoeurement de ce monde-là. L'orgie est bien trop visible tandis que le monde se meurt et que nos pays dit démocratiques sont proches de la guerre civile.

Alors, pourquoi ne pas tenter une bonne révolution quand de toute façon, si nous ne faisons rien, tout continuera comme ça jusqu'à la disparition du genre humain? Alors dis-moi toi, le bon bourgeois rempli de bonne conscience, à quoi cela sert-il de critiquer la situation actuelle sans jamais rien tenter pour changer notre monde de façon radicalement populaire? Quand un cancer mortel sévit dans le corps d'un être vivant, le chirurgien dit qu'il faut opérer de toute urgence pour avoir une chance de sauver l'organisme. Quand un poète dit qu'il faut tout changer pour avoir une chance de sauver le monde, on le prend pour un fou, un fasciste, un extrémiste sans aucun impact sur la société qui ne mérite donc aucune mention, aucune attention.

Mais qui est le plus fou? Qui est le plus sage? Qui a raison? Qui a tort? Et y a-t-il encore un chemin qui puisse sauver l'humanité de la grande catastrophe? Je donne mon énergie à cette cause, à ce sauvetage de l'humanité, de notre humanité. La moindre, pour un grand bourgeois, serait de lire sans à priori et sans mépris. La moindre, serait de donner une petite place aux révolutionnaires et cette reconnaissance minimale du droit de chercher un autre chemin que celui fallacieux de ce 1% de personnes qui ont pris possession du monde en se prenant pour l'élite indépassable et indétrônable qui mérite ses milliards et ses millions de dollars ou d'euros par tête de pipe, le sommet pyramidal d'une société d'abondance, l'indépassable modèle, la race aryenne qui tient l'humanité entre ses dents féroces et qui ne lâchera jamais son emprise sur toute la planète Terre. Si cela, si ces gens qui ont imposé leur idéologie au monde, ce n'est pas être fasciste dans la lettre et l'esprit, alors je ne sais pas ce qu'est le fascisme. 

Hitler disait qu'il fallait des maîtres et des esclaves, une race pure et des autres races soumises, corvéables à merci, rejetées dans l'ombre, stigmatisées de toute part, puis gazées de façon méthodique et industrielle. Dans les nuages des gaz lacrymogènes, je me demande parfois si nos dirigeants ne sont pas encore plus machiavéliques dans leur plan mondial. Hitler faisait disparaître la "laideur" juive de façon radicale et définitive. Aujourd'hui, les ultra-bourgeois se contentent d'observer la "laideur" du petit peuple, l'exploitent honteusement à son avantage, la laissent à ses révoltes urbaines ou campagnardes et continuent leur chemin vers l'extinction des espèces et l'extermination médiatique des pensées qui font trop tache jaune dans le paysage. Comme des étoiles qu'on oublie et qu'on relègue dans les oubliettes de l'Histoire. Hitler avait sa gestapo et ses SS. Nos oligarques ont leurs chiens de garde médiatiques, philosophiques, et culturels. C'est fort, beaucoup plus fort qu'Hitler pour tromper le peuple, garder et monopoliser sur le long terme le pouvoir entre leurs mains brunes qui se protègent mutuellement derrière une façade de haute culture et tradition bourgeoise.

http://jncuenod.blog.tdg.ch/archive/2019/03/27/quatre-fra...

 

Commentaires

bien avant les droits de l'homme il y a le Droit du Père.

Écrit par : jean J.Chappuis | 09/04/2019

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