16/04/2019

Ce matin, en son coeur, la pierre de Notre-Dame est sauve

Les pompiers ont été héroïque pour sauver ce qui pouvait éventuellement être sauvé in extremis des flammes ravageant le coeur de Notre-Dame. La structure en pierre ne s'est pas écroulée. Reste à l'expertise de déterminer si elle a été trop endommagée et qu'elle est condamnée à une destruction partielle ou totale...Ce serait encore un immense déchirement national et mondial si Notre-Dame devait subir les derniers outrages par des pelles-mécaniques et disparaître à tout jamais de nos yeux embués de larmes et de chagrin.

Car on ne refera jamais une telle bâtisse millénaire avec du neuf. L'âme n'y est plus la même. La présence du passé n'y est pas faute d'y avoir été habitée par la chair et le sang, la patine de l'Histoire de tout un peuple. Il faut à nouveau mille ans pour laisser à l'imaginaire collectif de se recréer le conte de fée où se mêlent de façon inextricable et intemporelle réalité sociale et culturelle d'avec les fictions artistiques et les constructions fantasmagoriques humaines.

Les hommes et les femmes du feu ont donc réussi à sauver la pierre, cette pierre portée par les femmes et les hommes qui souffrent et en parle à Dieu à travers leurs prières quand ils sont croyants et croyantes ou alors, et c'est une bonne façon d'entreprendre la construction de l'Humanité, se parlent entre eux pour modifier le cour de l'Histoire et la marche du monde, chasser les injustices, traquer les dérives dictatoriales, combattre les dominations et les soumissions, faire respecter au mieux le sacré et la personne physique de chaque être humain. L'incendie impensable de Notre-Dame nous rappelle au sacré de notre mission terrestre en tant qu'être humain responsable de nos actes, en tant qu'être humain et non en tant que prédateur de l'Humanité.

Si la pierre a pu être sauvée c'est alors que tout n'est pas irrémédiablement perdu au coeur de l'Humanité. Car si le feu de paille s'enflamme et disparaît soufflé par les loups aux dents longues cachés sous les traits d'un cabri, car si le feu de bois s'embrase et disparaît soufflé par les loups aux dents longues cachés sous les traits d'un cabri, le feu qui s'attaque à la pierre ne peut l'atteindre et le détruire si la vigilance veille et se tient debout devant l'abominable Homme de Dinosaure.

Si Notre-Dame nous a envoyé le plus céleste des messages, c'est bien d'avoir su sauver sa pierre afin de sauver maintenant le genre humain d'une apocalypse bien plus grande encore.

Si la poésie et l'art en général peuvent servir à sauver nos âmes du gouffre métaphysique en ce cas-là, et bien tant mieux. Les poètes sont d'abord des visionnaires de l'imaginaire grâce à l'Histoire des êtres humains telle quelle nous a été transmise de nos ancêtres.

Notre-Dame a mis un genoux à terre. Elle nous a envoyé son message dramatique, ses cris, ses pleurs, ses révoltes, au péril de son existence. Elle reste debout, avec ses cicatrices et son coeur brûlé grâce à la volonté farouche de femmes et d'hommes qui ont combattu le feu qui la rongeait. Et nous devons désormais tout faire pour la sauver et la rhabiller de splendeurs en nous sauvant nous-mêmes de l'immense péril qui nous guette: celui de la déshumanisation de l'être humain et de sa robotisation systématique à travers la dictature d'une minorité fasciste qui veut gouverner et contrôler le monde en nous entraînant vers la Grande Catastrophe finale et fatale au genre humain.

"Il s'aperçut qu'il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d'Homerus que l'Homme avait besoin d'affections que la vie sans tendresse et sans amour n'était qu'un rouage sec, criard et déchirant."

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831

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