24/04/2019

Tunnel

 

Si l'humanité formait

une seule et grande famille

combien de solidarité et d'amour

partagerions-nous?

 

C'est dans les marges,

parmi les misérables,

les plus exclus et exclues

que je retrouve mon chemin,

celui d'une grande famille

née de la même origine,

de la même source divine,

de la même étincelle de vie.

 

Je ne sais pas être un salaud

à l'état pur.

Je ne sais plus dominer.

Je ne sais plus rabaisser.

Je ne sais plus exercer

de pouvoir sur une personne.

Je sais juste faire preuve

d'un peu d'humanité

envers mes soeurs et mes frères.

 

Je ne suis pas castré pour autant.

Je garde ma virilité.

Je suis un vrai homme

pour celle qui m'aime

et qui m'emporte dans ses rêves

d'amour éternel.

Je ne suis pas soumis pour autant.

Je garde mon sens de la révolte juste,

de l'essence du coeur qui brûle

quand l'injustice est trop grande

et que les mensonges sont si grossiers

qu'il faut leur pisser dessus.

 

Je déteste la violence

et les violents.

Mais je comprends la haine

quand elle se nourrit du poids

de la vérité et de l'injustice.

Je déteste devoir assister

sur le champ de bataille

aux blessures des uns et des autres.

Je déteste que mes soeurs et mes frères

se jettent des choses à la tête,

et se noient dans l'insulte

en s'exclamant d'un doigt d'honneur.

 

Mais quand il ne reste

que cette misère verbale et gestuelle

face à la misère sociale,

au mépris, et la violence bête et méchante

des bourgeois,

je joue de la provoc

pour que mon coeur

puisse exprimer son dégoût

des inégalités et des exclusions.

 

Voilà pourquoi

je suis de la famille jaune,

de cette grande famille jaune

qui se voudrait unie

mais qui n'arrive pas

à trouver le lien

si ce n'est dans cette marche lente

et ses valkyries protégeant

les cortèges face aux hordes de CRS

prêtent à obéir aux ordres.

 

Et si les ordres

viennent un jour

à être des ordres mortels

alors,

que Dieu nous rende justice

à nous les misérables humains

regagnant notre honneur et notre dignité

semaine après semaine,

mois après mois,

année après année.

 

Dans 50 ans,

dans 100 ans,

qui parlera de nous,

les Misérables

de l'An 2019?

 

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