26/04/2019

Ne plus rien laisser derrière soi

Peut-être que la seule raison

d'exister sur cette Terre

c'est de se donner une bonne raison

de vivre à travers un idéal

qu'on refuserait de trahir

quelqu'en soit le prix à payer,

quelque soit la façon d'être considéré,

quelque soit le rejet qu'on inspire

ou l'admiration qu'on obtient en retour.

 

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

(feat Maurice Carême)

 

Partir de rien

et arriver nulle part.

Est-ce que ça vaut la peine?

Partit de rien

et arriver au sommet

de soi-même,

cela vaut vraiment la peine,

la peine de souffrir,

la peine de subir la répression

au nom de la liberté,

au nom de l'idéal,

au nom des femmes et des hommes

qui rêvent d'un monde

qui fait danser le genre humain

plutôt que cette course à l'argent,

cette course folle de ces gens

qui n'ont que le goût de la compétition,

ce goût de marcher sur les autres

au nom de son bonheur personnel,

ce goût de sang

qui condamne les plus faibles,

les plus défavorisés, les moins instruits,

les plus fragilisés, les moins protégés,

les mutilés de notre Civilisation,

les abandonnés, les laisser-pour-compte.

 

Mon idéal est sans doute

une utopie de l'impossible.

Il franchit des frontières

que d'autres ne franchissent jamais.

Il s'égare sur des quais de gare

où des migrants se chauffent

autour d'un feu,

où des filles de joie tapinent,

ou des mendiants tendent la main

que je ne remplis pas toujours

d'une pièce de monnaie

et que je sens soudain clairement

que mon idéal impossible

est trop élevé

pour donner un peu

à tout le monde.

 

J'aimerais que tu me comprennes

mais je sais que je suis le seul

à me comprendre au fond de mon âme.

Je sais que parfois

j'aimerais renoncer

à porter le combat

et que d'autres devraient aussi

le faire à ma place

parce que je m'épuise,

parce que je me marginalise

chaque jour un peu plus.

 

Moi aussi je rêve

d'un hôtel douillet

avec vue sur une plage paradisiaque.

Moi aussi j'aime le luxe

et ses voluptés éphémères

mais voilà

je suis enfant de la révolution

et la rue m'appelle.

 

1er Mai 2019.

Dernière chance de faire la révolution.

Dernière chance.

 

Après je deviendrai

un peu plus vieux,

un peu plus con,

un peu plus gaga.

Et la mort viendra

me prendre un jour ou l'autre.

 

Alors restons tous et toutes

Debout ce 1er Mai 2019

en croyant à cet idéal démocratique

qui nous unit et nous réunit

malgré toutes nos différences.

 

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

 

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