30/04/2019

Le 1er Mai, c'est d'abord la journée de 8 heures de travail

Fête des travailleurs. Une fête qui a des origines australiennes, américaines, et française.

https://www.agirenfrancais.com/fle/fete-du-travail-le-pre...

L'exigence numéro 1 exprimée par les milieux ouvriers, c'est la journée de 8 heures de travail. Et cela remonte à...1856 dans sa première forme.

On parle beaucoup aujourd'hui de l'égalité homme-femme au niveau salarial entre autre. Mais plus tellement de ces fameuses 8 heures de travail...qui ne sont pas toujours inscrites dans les conventions collectives de certaines professions. Entre autre, l'hôtellerie-restauration, puisque c'est mon domaine et que nos chers patrons ne gagnent toujours pas assez pour se permettre de ne faire travailler que 8 heures par jour leurs employé-e-s... Mais chut, le personnel de ce milieu a l'habitude de travailler plus pour nada sans jamais revendiquer des droits de salaire supplémentaire. Faut dire que le cuisinier ou l'employé de service ne manifeste jamais dans la rue sous la bannière de sa branche professionnelle. Avez-vous déjà vu votre bistrot préféré fermé pour cause de grève syndicale dans la branche? Non. Jamais. Bien sûr. Cette lutte n'intéresse personne...pas même les syndicats qui se battent très bien pour le bâtiment et les hôpitaux, par exemple. A titre personnel, quand vous allez au restaurant, vous voulez bien manger, si possible, et le reste vous vous en désintéressez complètement.

Et pourtant, c'est la seule branche en Suisse, avec l'agriculture, qui a zéro avantage et aucune compensation financière en cas de travail en soirée, les dimanche et jours fériés...et en cas d'heures supplémentaires grignotées jour après jour sur l'horaire parce que les clients arrivent parfois très tard et qu'il faut bien satisfaire leur petite et grande faim.

Bref. Tout ça pour vous dire que nous sommes parfois très éloignés des 40 heures de travail hebdomadaire dans cette branche spécifique de l'hôtellerie-restauration.

1856-2019, 163 ans se sont écoulés et nous n'avons toujours pas obtenu cette fameuse semaine de 40 heures. Plus grave, nos salaires sont parmi les plus bas toutes branches professionnelles confondues. Et surtout nous travaillons, dans certaines entreprises de la branche, pratiquement tous les week-ends et quasi tous les jours fériés, 1er mai compris. Et ne dites pas non plus que les patrons payent les jours fériés. Non seulement, il n'y a aucune compensation salariale en cas de travail durant ces jours mais en plus, la branche connaît l'exception la plus anormal qui soit. Dans mon canton, par exemple, le nombre de jours fériés officiels est de 9 jours par année. Hors la convention collective n'offre que 6 jours fériés par année pour l'hôtellerie-restauration...

Voilà. Si vous ne savez pas pourquoi les cuisiniers et les cuisinières ne sortent pas toute leur batterie de cuisine dans la rue en faisant grand bruit, c'est parce que, comme les femmes, nous avons développé des aptitudes au sacrifice et au silence à force de n'être jamais apprécié pour notre travail et d'être considéré comme des exploités du système. C'est normal. Nous travaillons dans l'ombre pour vos estomacs affamés criant famine chaque jour.

Sur ce, très bon 1er Mai 2019 à toutes et à tous. Les cuisiniers et cuisinières, qui ne sont rien pour notre cher Président français et pour les start-uppers et uppeuses qui ont des salaires tout autres, vont déposer l'Arbre de Mai devant les portes de l'Elysée.

 

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