05/05/2019

Et d'un cygne noir ils en firent leurs plumes et leur combat

 

De quel temps vivons-nous?

D'une époque un peu glauque

vaporeuse comme les lacrymos,

évanescente et rebelle

comme un marivaudage des idées

qui n'aboutira sur aucune révolution

et qui scellera le sort de l'Humanité?

D'une époque avant le choix

ou d'une époque sans autre choix

que cet ultra-libéralisme délirant?

Faire du vrai avec du faux

ou mieux encore du faux avec du vrai.

L'art de la fake news.

Exemple:

un cygne noir s'élance dans la rue.

C'est le cygne des Black blocs.

Faux, c'est le cygne d'une école d'art

mais vrai quand même

il symbolise la beauté sombre des Black blocs

et la menace d'un changement radical

sur l'ordre social des cygnes en cols blancs.

Autre exemple:

Castaner ouvre sa sale gueule de flic

pour signaler l'attaque de la Pitié-Salpêtrière.

Faux, il ouvre sa sale gueule de flic

mais c'est l'attaque de ses flics

qui provoque la panique

et cette pagaille

où les gens se réfugient

dans un hôpital

pour sauver leur peau.

 

Sylvain Bernon

Le cygne noir

 

C'est un libre penseur, enchaîné jusqu'aux pieds
Par le peu de confiance qu'il ose se permettre.
Vaniteux dans le texte, provocant le parfait,
Il aboie, tel un ange, du bord de sa fenêtre.

Et je l'entends, tendre cri, chanter son désespoir
Sur des mots insolents à l'abri des mirages.
Fantasmant la musique d'une chanson sans mouchoir,
Il gémit, tel un roc, embrassant le naufrage.

Parfois bleu de bonheur, mouillé par un soleil
N'ayant pas su saisir les secrets de son âme,
Le ventre douloureux du matin au sommeil,
Il pardonne, amoureux, l'innocence de ces femmes.

Et je le vois, douces larmes, aimer la solitude
Au milieu de ses frères, ses fidèles ennemis.
Déguisant quelques doutes en deux trois certitudes,
Il encaisse, insoumis, les violences de la vie. 

Du silence au débat, de la rage à l'amour :
Tentatives perdues à faire renaître un temps
Où deux cœurs esseulés s'étaient promis « toujours »,
Mêlant force et candeur comme le font les enfants.

Et je pleure, à mon tour, sur les pages d'un poème
Qui raconte l'envol du plus beau cygne noir.
Un sanglot trop facile pour lui dire que je l'aime,
Une plume bien trop sale pour écrire son histoire.

https://poesie.webnet.fr/vospoemes/Poemes/sylvain_bernon/...

 

billet dédicacé à mes trois mousquetaires du 1er Mai.

 

 

 

 

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