20/05/2019

Hors-Cadre

 

Je ne suis pas politique.

Je suis hors-cadre.

Je ne suis pas apolitique,

Je suis hors-cadre.

Je ne suis pas populiste.

Je suis hors-cadre.

Je ne suis pas sur la piste.

Je suis anarchiste.

 

Et je danse sur ma propre musique.

Oh oui! Je danse.

Je ne trouve pas ma liberté

dans cette montée des marches

au sommet de la pyramide.

Je ne trouve pas ma liberté

ailleurs que dans ma libre expression.

 

Je danse. Oh oui! Je danse.

Et si Cannes ne regarde pas.

Et si Cannes ne veut pas.

Et si Cannes reste Cannes

avec ses vedettes, ses beautés,

ses actrices et acteurs de cinéma,

moi je tourne mon cinéma muet

dans la rue avec actrices et acteurs,

heureux avec mes soeurs et mes frères,

l'air grave et soucieux,

le corps fatigué et gracieux,

avec ce peuple qu'on accable

de tous les maux

et de tous les mots.

 

Dis-moi Cannes,

pourquoi aucun jour symbolique

à la gloire du peuple

des Gilets Jaunes?

Dis-moi Cannes,

pourquoi un maire fatigué

qui aimerait être président

et pas une mère éreintée

qui marche dans Paris,

Marseille, Rouen,

Lyon, Toulouse,

en tournant en rond

chaque samedi

malgré le danger?

 

Section cinéma de la vie hors-cadre.

Il faudrait l'inventer ce genre.

Pour faire tomber le bling-bling

de ce cinéma trop précieux

qui vit dans son cocon quotidien

et qui ne regarde pas ailleurs

les cochons sacrifiés,

les animaux éborgnés,

les gens d'un peuple fantôme

que le fric n'écoute jamais,

que le fric ignore et méprise.

 

En Mai 68,

cinéma de la Nouvelle Vague.

Mai 2019,

Cinéma du Néant?

Rien sur celles et ceux

qui font une révolution populaire,

une vraie révolution des consciences.

 

Cinéma populaire

ou cinéma suicidaire,

Cannes, dis-moi?

Le Bien? Le Mal?

 

Rupture de pellicule.

Je ne veux pas être maire.

Je veux rester hors-cadre

et rester humain avec le peuple

qui trébuche, qui perd son emploi,

trime en esclave,

se bat chaque jour pour rester

dans le cadre de cette société

qui fait un tri perpétuel ravageur

entre grandes fortunes et gens de rien.

Le cadre de cette société pyramide

date de 5'000 ans.

Peut-on être plus réactionnaire que ça?

Société qui rend hommage

à son roi-soleil

et aux privilégiés de sa Cour royale

en assassinant de mots méchants

les intrépides, les non-valides,

les petits sans ticket de la jet-set

gens de rien qui aimeraient garder

juste une place d'honneur,

pas une palme d'or d'honneur,

non, une place d'honneur,

dans cette société de rapaces

où les places sont négociées

selon le mérite et la réussite.

Mais eux tous,

mais elles tous,

dans la rue,

ne font-ils, ne font-elles

pas d'efforts et de sacrifices?

Ne méritent-t-ils,

ne méritent-t-elles

donc pas et même davantage

le droit à la lumière

qu'ils n'ont jamais

coincés qu'ils et qu'elles sont

dans l'obscurité voulue

des pouvoirs?

Dans ce reniement sarcastique

de ce président Jupiter?

Et les moqueries de sa Cour de riches?

 

Je suis hors-cadre.

Pas besoin de me dire pourquoi.

Je connais les raisons profondes

de ce hors-cadre.

 

Tant pis si le prix a payé

est la sortie d'Egypte.

 

Chanter la baise, le meurtre, le viol, l'incendie, la taule,

 

Je me suis assise

aux Assises.

J'ai pris une salope de gondole

dans ma petite Venise.

Un fils de bâtard mongole

m'a jugé tête de gondole

du mouvement révolutionnaire.

 

Objet de culte pour les masses.

Objet de désir pour les femmes.

Objet de viol pour les hommes.

 

Je me suis assise

sur une chaise qui électrise.

Une cagoule noire a retiré la prise.

"Sauve-toi la rebelle!"

m'a-t-elle hurlé.

Les témoins ont laissé faire.

 

J'ai fini sur la banquise

entre un marsouin et un pingouin.

 

à toi, le garçon cancéreux Nick Conrad

https://next.liberation.fr/musique/2019/04/05/nick-conrad...

 

Comment te répondre Nick Conrad?

 

 

Tout le jour

mon esprit vagabonde

parmi les cultures du monde.

Toutes les nuits

mon esprit lutte contre

les mots immondes,

cette haine continue qui gronde

dans les tumultes,

les torrents d'injures,

et les insultes gratuites

d'une planète qui se perd

dans les pluies brunes

d'un déluge faustien.

 

Je cherche refuge

et je refuse cette horreur.

Je cherche asile

et je confonds l'erreur.

 

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Tout le jour

mon esprit vagabonde

parmi les cultures du monde.

Toutes les nuits

mon esprit lutte contre

tous les mots immondes,

cette haine qui gronde

dans les chaumières,

cette haine qui suppure

dans les tumultes obscurs

et les insultes quotidiennes

d'une planète qui se perd

dans les pluies brunes

d'un terrible déluge à venir.

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Gaulois! Je cherche refuge

et je refuse l'horreur.

Gauloises! Je cherche asile

et je confonds l'erreur.

 

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Gaulois! Je marche dans la rue

pour vaincre l'horreur.

Gauloises! Je marche dans mes rêves

pour connaître le goût du bonheur.

 

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Gilets Jaunes!

Quel est votre métier?

Gilets Noirs!

Quel est votre métier?

 

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Conrad,

quel est ton métier?

Destructeur d'humanité?

bourreau d'identités mulâtres?

Ou bâtisseur de ponts entre nous tous?

Tu construis tes murs d'incompréhension

et de cynisme

à partir de boue et de merde

comme si tu t'étais contaminé

sous l'oppression

de ce mal étrange

qui ronge l'Humanité

depuis des millénaires.

 

La pureté de la race,

sans tâche, hygiéniste,

lisse, parfaite.

 

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Génocides, épuration ethnique,

grand remplacement.

C'est ça la pointe assassine

de ton combat quotidien?

 

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Conrad, quel est ton métier?

Comme Marine,

métier d'épuration?

Tu fais de la merde

et tu tisses une toile de noeuds

dans la tête de nos communautés

en imaginant construire un royaume

de paix et d'harmonie

sur la Terre.

Tu es son égal.

Et elle est ton égal.

Votre désir d'épuration

est exactement le même.

 

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Il y a une bête

derrière la vitre sale.

Regarde bien Conrad.

Tu le vois cet animal, Conrad?

Il y a un monstre,

et ce monstre ce n'est que moi.

Deux mains qui se joignent

et tiennent ce téléphone

qui prend la photo,

une image qui projette mon ombre

derrière la vitre sale.

La tête d'un loup en cage

dont la société détient le code

et le jour de sa remise en liberté?

 

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Gaulois! Gauloises!

Quel est votre métier?

 

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Le vent tourne

et les girouettes suivent.

Le vent tourne.

Que mort s'en suive.

 

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La Ferme des Animaux se rebelle.

Les Animaux vont au sacrifice.

Mais qu'en sais-tu, toi, Conrad

qui se la joue faux rebelle?

 

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De cette merde

qui nous broie et nous noie

dans des pensées nauséabondes

bavant d'excréments sanguinaires

meurtrières sont nos salives

réveillant la Bête incendiaire

planquée au fond de nos coeurs enfermés

dans un labyrinthe,

soulevant nos communautés

les unes contre les autres,

telles des fauves atteints de rage.

 

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Tu n'es pas raciste

mais tu fais comme si.

Tu n'es pas criminel

mais tu fais comme si.

Tu n'es pas violeur

mais tu fais comme si.

Tu n'es pas black facho

mais tu fais comme si.

Tu sens la hyène

et tu pues ta race.

Aryennes sont tes pensées.

 

Pourquoi?

 

Gilets Jaunes!

Gilets Noirs!

quel est votre combat? 

 

Tes avertissements

ne servent à rien

et surtout pas la cause

d'une France commune.

Ils font partie du décorum

de ton macabre funérarium.

 

Je suis orphelin

du combat unitaire

pour lequel je donne ma vie

Je me bats

pour les gilets jaunes

comme pour les gilets noirs.

 

Tu devrais faire de même,

Conrad.

 

Et toi, toi Conrad,

tu détruis la France

tel un ouragan inattendu

qui s'abat sur les ondes,

d'un simple petit clip entendu

qui t'assure une célébrité

malsaine, mal acquise,

mal odorante, mal décernée

sur le dos de celles et ceux

qui souffrent et qui meurent

d'abandon, d'exclusion,

de solitude, de mépris,

de haine.

 

Réveille-toi Conrad!

T'es mon frère,

t'es mon pote

à une seule condition:

#JamaisAvecTaMerde.

Tu as du talent, sans doute.

Au fond de ton coeur endurci

veille une lumière apaisante.

Mais tes mots faciles de racaille 

sont des perversions de l'esprit.

Tu fais l'abruti,

celui qui ne veut rien comprendre

à la vraie littérature

celle qui laisse KO debout

les lectrices et lecteurs

de toutes origines.

 

Conrad, mon frère,

stop la guerre comme ça.

Trouve d'autres mots,

d'autres rimes percutantes et sensuelles

qui frappent les tambours de la guerre

avec l'amour du guerrier

chercheur d'or et de lumière

les tambours qui riment

avec beauté essentielle, extase,

luxuriance,

même si tu crées cette beauté

à partir de ta propre misère,

à partir de cette laideur du monde

qui nous entoure et nous étouffe,

tu trouveras le souffle des anges.

 

Conrad, mon frère,

j'aimerais écrire une ballade

où toi et moi,

toi le gilet noir,

moi le gilet jaune,

on se raconte une belle histoire,

une histoire d'humanité

qui évite les fusillades

devant un peloton d'exécution,

évite les meurtres et les viols,

une ballade qui avertit tous nos jeunes

du danger qu'ils courent tous

à vouloir se vomir mutuellement,

à se rejeter comme de la merde,

à se cracher sur la gueule,

à se haïr parmi,

à oublier le respect et le devoir,

à oublier jusqu'au nom

de ce que c'est notre liberté

au pays de la révolution.

 

Une ballade Black & White

en compagnie de nos poètes,

une ballade qui tire à la kalach in love,

des balles d'amour en mitrailles

pour ressusciter nos âmes racailles

d'entre leur mort carcéral,

pour redonner du sens

aux mots fraternité, égalité, liberté,

et ainsi éviter nos sombres funérailles.

 

J'ai passé par hasard

le passage en plein ciel

vers le Hall 2 de la gare

et je suis tombé sur

Le Printemps des Poètes.

C'est lui qui accompagne

ces mots révoltés

contre cette marée sale

qui va tous nous tuer,

ce tsunami brun

qui envahit les coeurs,

les nourrit et les abreuve à l'horreur

et à cette haine tenace et inexpugnable

sauf à devenir le héros,

le héros de l'amour romantique,

de l'amour qui unit les arts

et les êtres humains

dans un mariage d'amour.

 

Lis d'urgence, Conrad.

Lis ce qu'est la France

que tu ne connais pas encore,

que tu refuses de connaître,

par paresse ou par inculture,

par commodité ou par nécessité coupable

de te sentir communautariste

plutôt que communautaire

pour te simplifier la complexité

de nos vies communautaires

et les réduire à néant,

soient livrées au fascisme

et la Bête immonde

nous poussant vers les Ténèbres.

 

Laisse béton

ta fausse image de la France.

Laisse vraiment béton

tes rimes canon,

tes rimes à la con, Conrad.

 

Ecoute-moi juste une fois.

 

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Un grand merci à Enki Bilal de laisser mixer son oeuvre avec la mienne

dans le désir d'un métissage commun des artistes.

 

Ce billet est dédicacé à l'intention de la grande chanteuse engagée

franco-gabonaise Tita Nzebi.