21/05/2019

Une société polyculturelle et non multiculturelle contre le communautarisme

Avez-vous déjà entendu de polyculture en termes sociétaux?

J'ai cherché. Je n'ai pas trouvé. Et pourtant, devant les malaises répétitifs et la montée des extrêmes, l'impossibilité de se positionner clairement, unanimement, et collectivement face à des faits de société gravissimes (étrangler une femme blanche ou pendre des bébés blancs chanté par un Black (Nick Conrad) ne serait pas vraiment grave pour une certaine extrême gauche, donc on condamne pas dans les journaux de gauche ou alors du bout des lèvres, comme "pendre des Black et violer des femmes de couleur par des Blancs" dans le texte d'un chanteur néonazi surgissant de son néant artistique ne serait pas vraiment grave pour une certaine extrême-droite) et n'aurait pas d'impact dans une presse dite de droite, il semble donc vital pour nos sociétés modernes de quitter le modèle multiculturel ou monoculturel, soit l'idée de vivre en sociétés parallèles empilées les unes à côté des autres, communautés très distinctes les unes des autres dans leur mode de fonctionnement au nom de la liberté sacrée voulue en démocratie qui aboutit bien trop souvent aux replis identitaires et au final au rejet de la culture d'accueil par les nouveaux venus et réciproquement, des replis identitaires extrêmement dommageables pour tous et par ailleurs défendus par les uns (extrême-gauche) et conspués par les autres (extrême-droite).

Qu'est-ce que la polyculture? Une chose interdite au même titre que la polygamie? Impossible d'épouser plusieurs femmes, ou plusieurs hommes, comme d'épouser plusieurs cultures par amour afin d'en faire un bien commun à toutes et à tous, d'aller pleinement à la rencontre des autres, des différences, tout en accumulant sur nos racines primitives (la région, la nation, le continent, la culture originelle) d'autres racines nouvelles qui font de nous, par immersion et peu à peu, des arbres polyculturels sachant défendre de nouvelles façons du vivre ensemble et partant de fonder un socle commun de tabous et d'interdits, de libertés et d'égalités citoyennes, de nouvelles fraternités solidaires sachant défendre les mêmes causes communes pour toute la communauté?

Utopie impossible à réaliser pour les êtres humains que nous sommes?Pour ma part, j'attaquerai toujours tous les fascismes d'où qu'ils viennent. L'idée même d'une race, d'une nation, ou d'une culture pure supérieure à d'autres m'horripile au plus haut point. Elle est source de tous les génocides, de tous les crimes, de toutes les divisions, de toutes les haines, de toutes les guerres, de toutes les lâchetés sociales.

Si les sectarismes et le désir de rester sur son quant-à-soi l'emportent au final, nous aurons la dévastation des consciences et la guerre civile à terme. Ceci est une certitude. Et comme le grand Capital s'en accommode et règne en maître absolu grâce à nos divisions, nous ne ferons jamais la révolution nécessaire ni ne sortiront de ce système devenu fou et décadent.

 

Je ne suis plus désormais défenseurs du multiculturalisme. Je suis défenseur du polyculturalisme et pour des cours de polyculture enseignée à nos enfants et adolescents dans les écoles et en perpétuel apprentissage pour nous tous à l'âge adulte. Je refuse d'être enfermé et manipulé par ces logiques de l'extrême et par des communautarismes qui réclament et exigent de plus en plus des exceptions culturelles pour eux seuls. La démocratie, ce n'est pas ça. La démocratie c'est chercher ensemble une vie en commun et s'apprendre, s'éprendre même, mutuellement des façons d'être de l'Autre afin d'améliorer nos rencontres et non de les détériorer au point d'en arriver à la haine de l'Autre.

Si d'autres emboîtent le pas, nous pourrons alors mieux affronter tous les communautarismes et les replis identitaires qui nous poussent dangereusement vers le fascisme et de nouvelles guerres civiles et internationales.