02/06/2019

Le cour de gynécée

Putain j't'achète.

T'as un putain d'goût,

un putain d'goût de goulash

assaisonnée au paprika,

ce petit goût de poudre

pour vieille canaille

associant au flagrant délit

ce délire d'urgence au crime.

 

C'est le sang,

le sang de l'amour,

le sang de la volupté,

et puis bon sang,

j'en ai rien à battre

de leur fausse morale

quand eux achètent des gamines

pour leur partouzes à gogo.

 

J't'attire dans les égouts,

les bouches révoltées

de mon ego,

j'veux q't'arrive

par mon jeu à tes égouts,

arrimée au bateau ivre,

accroc aux dérives immorales,

enfiévrée aux ivresses vitales

avant la disparition finale,

ton petit bouge branché

à mon gouvernail,

ton petit bouge

s'échauffant et s'allumant,

démonté comme une diablesse

demandant le feu

à la terre et au ciel,

à ton ange rebelle,

  obsolète et dégoûtant

pour les gardiens de ta vertu,

demandant de ta petite voix

l'offrande interdite

à ton vieux, à ton diable

et à son flingue démentiel

branché entre tes cuisses

pour t'envoyer au paradis,

caprice des dieux

entre vieux et jeunes gambettes,

ce caprice condamné

par leurs regards d'acier.

 

j't'attire dans mon crime,

j'te tire avec mes yeux d'amour

dans les flammes

et nos regards en feu

dans nos jolis vices

détendre ta libido

de jeune baigneuse au lido

dansant la nuit

pour ce vieux mécanicien,

ce magicien fou d'amour

à en oublier son âge.

 

Putain j't'achète

ton putain d'canon

ouvrant l'incendie

à ton futon.

Putain!

Branche encore mon chargeur

à ta juvénile culasse.

Putain!

Joue encore au gros dégueulasse,

goûte encore et encore

son putain d'goût de goulash,

petite délurée de caddy

jouant pouffe à bad daddy,

petite allumeuse de caddy

vendant sa touffe à bad daddy.

 

Daddy vicelard,

 papy anar,

refuse toute assignation

à l'asile de vieux

ainsi que toute dégradation actée

imposée par une supposée morale.

 

A mon âge,

je fais ce que je veux.

Et doigt d'honneur

à ceux qui condamnent.

A ton âge,

tu fais ce que tu veux.

Et doigt d'honneur

à celles qui condamnent.

 

Comme un vieux salaud

de fin de siècle

j't'attends dans les étoiles

pour nous envoler ensemble

vers notre petite mort.

 

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