14/06/2019

Besoin de moi comme d'un avion de chasse

A toutes les femmes...et aussi à tous les hommes.

 

Je viens juste de pisser.

Je tire la chasse d'eau

et je pense à ta façon d'aimer.

 

Es-tu prêt à entendre

ou préfères-tu te pendre...

Non! Non! Non!

Pas à mon cou

mais à mes cordes vocales

que je te tends

pour que tu m'écoutes

pour une fois.

 

Besoin de moi.

Oui. Tu as besoin de moi

comme d'une voiture de luxe

comme d'un avion de chasse

comme d'un trophée

que tu aimes présenter à tes amis

pour leur montrer

que tu es tout-puissant,

maître dominant de mon horloge,

propriétaire alpha de ma loge.

Et pas touche!

Que les autres regardent

mais ne touchent pas.

Et pas touche!

Que les autres restent sur leur garde

mais ne touchent pas

la woman puppet

qui se couche sur ta carpette.

 

Besoin de moi

pour tes galipettes.

Besoin de me baiser

comme une vieille chaussette.

Besoin de m'enculer

pour marquer ton market.

Besoin de m'emboucher

pour assouvir ton cricket

et ton racket.

 

Tes testicules aiment particulièrement

mon vestibule et ma langue en virgule.

Ta bite se niche entre mes gros nichons

et tu joues ce petit caniche

ce gros cochon

et tu te penses

tellement riche et puissant

et tellement le plus fort

quand tu me prends violemment.

 

Alors moi,

je reste assise sur mes WC

en pensant à mes spaghetti

aux épinards et ma guitare.

Et je pisse en chantant.

Je chante en pissant.

 

Besoin de moi

comme d'une arme

de séduction massive.

Besoin de moi

comme d'une potiche

qui les excite et les frustre.

Besoin de moi

comme d'un objet précieux

que tu possèdes et que tu exposes

comme une oeuvre d'art

sur le mur de ton musée particulier.

 

Je suis ta muse,

ta mumuse

dont tu abuses.

Je suis ta muse,

ta mumuse

dont tu abuses

et je chante en pissant.

Je pisse en chantant.

Et je chante en pissant.

Je pisse en chantant.

Et je chante en pissant.

Je pisse en chantant.

 

Merci à Sophie Hunger pour l'inspiration.

 

Vivre l'amour un jour de grève

 

Il faut toute une vie

à un garçon 

pour être autre chose

qu'un vieux polisson,

qu'un vieux son malpoli

gravant le vinyle d'une pin-up

couchée sous le bras

de son pick-up.

 

Il faut aussi

ces jours de grève

pour que les femmes

descendent dans la rue

libérer leurs crève-coeurs,

leurs arrache-coeurs,

leur immense douleur

de n'être pas encore à la hauteur

d'un seul homme,

de n'être pas encore l'égale

d'un seul homme,

de n'être parfois

qu'une triste poupée paillasson,

une jeune pute paillasse

nourrissant les appétits obèses

cette surconsommation effrénée

des gros dégueulasses

s'imaginant tout-puissants,

maîtres et seigneurs

sur leurs domaines et leurs terres.

 

C'est que ça va pas vraiment femme.

C'est que ça va pas vraiment homme.

C'est que lorsque je fantasme sur elles

à travers des images porno,

je vois des corps cultes,

des culs bandant qui exultent,

des seins et des bouches,

des sexes offerts,

des clitoris en rut,

des objets lubriques étalés

sans histoire et sans âme

vendues à l'étale

pour les ogres, les barbe-bleus,

et leurs gros crochets de boucher 

alignant et suspendant les viandes,

leurs derniers avions de chasses

de la Champion's League,

leurs trophées, les filles saignées

pour le grand sacrifice des orifices

aux laids plaisirs

des paradis artificiels.

 

Alors pardon si je fais

un peu trop mâle

en ce jour de grève

et que je te fais un peu trop mal

lorsque mes obsessions

dominent mes sentiments

quand tout est devenu porno

en ce monde de prédation totalitaire.

 

Il faut toute une vie

à un garçon 

pour être autre chose

qu'un vieux polisson,

qu'un vieux son malpoli

gravant le vinyle d'une pin-up

couchées sous le bras

de son pick-up.

 

Comme un accouchement

tu dois m'apprendre

à aimer l'amour

plus que ton cul.

Comme un accouchement

tu dois m'apprendre

à aimer la femme

plus qu'une partouze.

Comme un accouchement

j'ai besoin de toi

dans ma vie de blues

pour m'enseigner

encore et toujours l'amour,

l'égalité, la liberté, la solidarité,

les instants inoubliables

vécus en live à tes côtés

les effleurements de ta peau

en ce joli jour

de grève des femmes.

 

C'est mon rêve

un jour de grève.