14/06/2019

Vivre l'amour un jour de grève

 

Il faut toute une vie

à un garçon 

pour être autre chose

qu'un vieux polisson,

qu'un vieux son malpoli

gravant le vinyle d'une pin-up

couchée sous le bras

de son pick-up.

 

Il faut aussi

ces jours de grève

pour que les femmes

descendent dans la rue

libérer leurs crève-coeurs,

leurs arrache-coeurs,

leur immense douleur

de n'être pas encore à la hauteur

d'un seul homme,

de n'être pas encore l'égale

d'un seul homme,

de n'être parfois

qu'une triste poupée paillasson,

une jeune pute paillasse

nourrissant les appétits obèses

cette surconsommation effrénée

des gros dégueulasses

s'imaginant tout-puissants,

maîtres et seigneurs

sur leurs domaines et leurs terres.

 

C'est que ça va pas vraiment femme.

C'est que ça va pas vraiment homme.

C'est que lorsque je fantasme sur elles

à travers des images porno,

je vois des corps cultes,

des culs bandant qui exultent,

des seins et des bouches,

des sexes offerts,

des clitoris en rut,

des objets lubriques étalés

sans histoire et sans âme

vendues à l'étale

pour les ogres, les barbe-bleus,

et leurs gros crochets de boucher 

alignant et suspendant les viandes,

leurs derniers avions de chasses

de la Champion's League,

leurs trophées, les filles saignées

pour le grand sacrifice des orifices

aux laids plaisirs

des paradis artificiels.

 

Alors pardon si je fais

un peu trop mâle

en ce jour de grève

et que je te fais un peu trop mal

lorsque mes obsessions

dominent mes sentiments

quand tout est devenu porno

en ce monde de prédation totalitaire.

 

Il faut toute une vie

à un garçon 

pour être autre chose

qu'un vieux polisson,

qu'un vieux son malpoli

gravant le vinyle d'une pin-up

couchées sous le bras

de son pick-up.

 

Comme un accouchement

tu dois m'apprendre

à aimer l'amour

plus que ton cul.

Comme un accouchement

tu dois m'apprendre

à aimer la femme

plus qu'une partouze.

Comme un accouchement

j'ai besoin de toi

dans ma vie de blues

pour m'enseigner

encore et toujours l'amour,

l'égalité, la liberté, la solidarité,

les instants inoubliables

vécus en live à tes côtés

les effleurements de ta peau

en ce joli jour

de grève des femmes.

 

C'est mon rêve

un jour de grève.

 

 

Commentaires

Vous savez quoi, histoire de penser à autre chose…

Une maman hirondelle demande à son petit oiseau d'ouvrir son aile au vent… c'était une poésie pour les enfants il y a longtemps.

Vous vous étendez, fermez les yeux et pensant à la petite hirondelle priée d'ouvrir son aile au vent

vous vous laissez comme porter… par le vent le souffle l'esprit...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 14/06/2019

Les commentaires sont fermés.