17/06/2019

La Boîte aux Lettres

 

Dois-je encore t'attendre

ou aller me faire prendre,

ailleurs,

dans un autre lieu,

une autre ville,

une autre aventure,

par une fille solitaire

qui n'aura jamais le goût de toi,

ailleurs,

par une triste nuit suicidaire

qui jamais ne pourra imprimer

ton aura sur mon coeur abîmé

par cette nouvelle histoire de fesses,

tendre mon corps vers toi,

tendres baisers d'autrefois,

tendres désirs évanouis,

inassouvis parmi nos voluptés?

Dois-je donc savoir t'aimer si fort

que ton clitoris t'envoie au ciel

entre mes lèvres goûtant tes liqueurs

m'enivrant me donnant

cette fièvre tropicale,

la puissance de Zeus

sur ma langue

déclenchant la foudre

à ton corps libéré

tandis que mon pénis s'épanouit

entre tes langues secrètes 

alors que l'avenir nous est bouché,

que l'horizon nous est obstrué,

que le soleil n'existera jamais

qu'à travers nos rêves irréalistes,

que notre amour idéaliste 

finira tragiquement demain

sur un débouché vers nulle part

pareil à une atroce scène de crime

où notre amour saignera à vif?

 

L'adieu promis nous attend

comme faire-part de deuil,

passerelle de l'utopie

jamais n'aura su trouver son port,

sentiment amer d'une défaite honorable

alors que cette victoire fabuleuse

d'un amour unique semblait

à la portée de nos coeurs,

à la portée de nos sexes

réunis dans nos affaires de fesses,

l'affaire d'une détresse humaine,

notre poème héroïque,

notre bohème érotique,

sans jamais laisser d'adresse

autre que cette boîte aux lettres

que je t'offre en attendant la fin?

 

Tu ne sais pas où tu vas.

Je ne sais pas où je vais.

Nous voyageons ensemble

complices de nos soupirs

complices de nos délices

comme des amants clandestins,

comme si à la fin de ce voyage imaginaire

forcément la vie devait nous séparer

et que toi tu partiras

et que moi je resterai

nous quittant comme deux marins

qui se sont aimés exclusifs

en mer d'Indochine,

comme notre fameuse histoire de fesses

entre capitaine et sirène,

comme notre rêve inachevé

au son des sirènes

de nos urgences

à jamais abandonnées. 

 

Où iras-tu demain

puisque demain

ne nous appartiendra pas?

Où irai-je après

si plus loin sans toi

arrivera l'abîme mortelle du voyage

d'un amour impossible?

 

Tu me parles,

tu me souris,

nos conversations nous portent,

nos yeux en pleine lumière,

en pleine conscience de notre réalité,

nous transportent, nous disent,

en quelque sorte,

que nous étions faits l'un pour l'autre,

l'une pour l'autre

dès le départ

mais que l'horloge du temps

nous a tendu un mauvais sortilège.

 

Je crois vraiment

que tu es la femme idéale.

Tu crois vraiment

que je suis un bel animal.

Nos Fleurs du Mal

sont les mots qui nous sauvent

et nous font du bien,

une sorte de souvenir impérissable

d'une histoire d'amour incroyable.

 

Toi et moi

c'est tellement bien

que je n'arrive pas

décider du moment de la fin.

Toi et moi

c'est tellement bien

que tu n'arrives pas

décider du moment de la fin.

 

Ce devrait être une histoire d'amour

sans fin

qui retourne aux origines

de l'histoire romantique.

 

Comme ça

je ne mourrai pas de chagrin.

Comme ça

tu ne vivras pas dans le chagrin

d'avoir mis fin

à notre plus belle histoire d'amour.

 

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