20/06/2019

La Libra et Facebook, le cobra de l'hyper libéralisme

En apparence, tout paraît merveilleusement bien et fait pour le bien de l'Humanité.

Court-circuiter les systèmes bancaires, éviter les frais et les rackets de firmes comme Western-Union en cas de transfert d'argent à l'étranger, voir disparaître des radars des écrans fouineurs que sont les Etats, quelle merveilleuse invention solidaire pour les populations peuvent s'imaginer des milliards de personnes à travers le monde. Et, cerise sur le gâteau, sécurité et stabilité de la monnaie optimum, spéculation inexistante, une monnaie aussi solide que le franc helvétique, voir plus...

A vrai dire, ce sera exactement l'inverse. Ce sera plus de chacun pour soi, plus de travail imposé par des géants mondiaux sans pitié qui profitent déjà amplement des masses besogneuses pour s'octroyer des gains faramineux à travers des industries übérisées et, autre cerise sur le gâteau bien plus amer, un pouvoir hors norme agissant sur les masses populaires qui ne seront plus libres d'exister hors de ces réseaux sociaux pour participer au bonheur collectif euphorisant de la consommation sans frontière...

Et l'impôt? Que deviendra l'impôt sans les banques? Comment Peut-on imaginer une Suisse sans banques et sans recettes fiscales provenant de leurs activités? Un désastre collectif, une Suisse livrée aux bêtes sanglantes d'un hyper libéralisme où celui et celle qui ne seront pas esclaves des multinationales n'auront que la rue comme abri dérisoire, l'activité criminelle ou la manche pour survivre.

Des gardes-fous? Si les multinationales s'exonèrent de leurs responsabilités, il n'y aura pas de garde-fou. Le bras de fer entre des sociétés-pieuvres oeuvrant à travers la planète entière et des Etats indépendants et des lois oeuvrant sur un territoire défini ne peut que déboucher sur la victoire totale des géants...Sauf à imposer un impôt universel qui oblige les entreprises créant leur monnaie virtuelle de verser un impôt automatique à l'Etat concerné à travers chaque transaction faite sur un territoire donné au prorata de la somme transférée. Et qui paierait au final ce nouvel impôt? Le client déjà surtaxé de partout. Et qui n'en paiera toujours pas? Les multinationales puisqu'elles le font généreusement à titre non lucratif...

La Libra de Facebook pourrait bien être la piqûre du cobra mortel qui affaiblira encore davantage les Etats démocratiques au profit de régimes autoritaires acceptant la toute-puissance des multinationales pour la main-mise de leur caste sur le peuple. A la merci de ces entreprises ayant créé leur propre monnaie, les peuples n'auront plus droit à l'aide sociale pratiquée dans des Etats de droits démocratiques. On ne peut pas imaginer des Etats démocratiques saignés par ces nouvelles monnaies vampires. C'est à nous de prendre conscience de la réalité futuriste catastrophique que nous prépare ces soi-disant faiseurs de bonheur universel. 

L'hyper libéralisme est en train de se transformer d'un état fantasmé à une réalité contraignante et agissante qui mettra à mal l'équilibre de tout système politique et démocratique avec les risques grandissants de fascisme et de pouvoir autoritaire tout-puissant subtilisant encore davantage la liberté, l'égalité et la solidarité humaine...sous couvert de faire le bonheur des peuples.

Je ne suis pas Libra. Que Mark Zuckerberg le sache bien.

Le règne de l'hyper libéralisme est à nos portes. Défendons-nous avant qu'il ne soit vraiment trop tard.

 

P.S. J'allais oublier encore. La casse au coeur des entreprises bancaires, la mise au chômage de dizaines de milliers d'employé-e-s, les caisses de chômage saignées non renflouées par la Libra, Calibra et ses gourous, les liens sociaux transformés davantage en cartes plastiques pour les plaisirs de la consommation... Je peins le diable sur la muraille mais le diable est bien là même s'il a enfilé les habits du bon dieu et du bon gourou.