25/06/2019

La fin d'un monde?

 

J'vais pas non j'vais pas

là où tu n'iras pas avec un mec.

J'vais pas non j'vais pas

te faire des salamalec

et me mettre à genoux

pour te dire que selon moi

t'es le nec 

le nec plus ultra du féminisme 2.0.

 

Mais tu sais que ça me fait mal.

Non bien plus que ça.

Que ça me cogne façon uppercut

venant d'une petite pute,

pardon d'une féministe,

c'est bien plus correct,

qui se la joue insoumise

envoie une putain de purée 

en pleine face.

Non que ça pisse le sang

sur mon visage.

Non que mon arcade sourcilière

explose sa race sous ton vocabulaire. 

Non que tes mots 

tes mots vernis vernaculaires

sortis de tes entrailles

de meuf au taquet 

sont, érotomatiquement,

nos funérailles masculines,

nos...funérailles railles railles

dérailles masculines,

des fake news pour Donald Trump,

des mensonges de meuf

sous dopamine

s'inventant une fiction féminine

déroulant son film muet,

des scènes de crime

remontant d'un passé

qui n'aurait pas eu lieu,

 humour vengeur et sarcastique

d'une chanteuse mal baisée

prenant ses tristes névroses

pour des pétales de rose

attendant tout comme les autres

que Prédator Trump et ses semblables

jouent au bon doctor Gynéco

et te bouffe ta chatte consommable,

te lèche ton cul démontable,

contre un gros chèque

ou une situation en or massif

au sein de sa Society.

 

Mais qui a donc voté pour le Donald?

Des femmes, des femmes, des femmes.

Mais qui défend donc le Donald?

Des femmes, des femmes, des femmes.

Mais qui aiment donc le Donald?

Des femmes, des femmes, des femmes.

 

Et qui, qui n'aiment pas les gentils

qui peuvent de toute façon 

devenir un jour ou l'autre

de gros méchants?

Les femmes, les femmes, les femmes

qui se pâment et se plient en 4

dans une BMW 4 X 4

pour de gros machos bien porno.

Et qui, qui n'aiment pas les poètes

qui peuvent de toute façon

devenir un jour ou l'autre

devenir un jour ou l'autre

devenir un jour ou l'autre

des garçons vulgaires comme les autres

qui ont égaré par hasard leur poésie noire

au fond d'un urinoir?

Les femmes, les femmes, les femmes.

 

Il est trop sensible

ce mec-là.

Il est trop fleur bleue

ce mec-là.

Il se fait marcher dessus

ce mec-là.

Il doit être pédé

ce mec-là.

Il doit être obsédé

ce mec-là.

Il doit être à la masse

ce mec-là.

Il doit être sans le sou

ce mec-là.

Il doit être cocu

ce mec-là.

Il doit être marginal

ce mec-là.

Il doit être anormal

ce mec-là.

Efféminé, féministe,

objecteur de conscience,

visiteur de bordel,

visiteur de la rue,

ami des pauvres et des faibles,

ennemi de la puissance masculine,

ennemi de la puissance impériale,

ennemi des patrons trop riches,

de tous les DSK

qui règnent sur la Terre

tout autour de la Terre

et sur les femmes

qui ne se posent pas

les bonnes questions.

 

STOP!

j'SUIS PAS UNE SALOPE

NI UNE PAUVRE MERDE!

 

Pouah! Mais il est nul

ce mec-là.

Pourquoi il manifeste 

dans la rue ce type-là?

Pourquoi il fait des trucs bizarre

ce type-là?

Pouah! J'veux pas d'un mec

comme ça dans ma vie.

Pouah! Trop faible, sans pouvoir,

juste invisible, juste inintéressant,

juste pas baisant

d'avoir un type sans le sou,

sans pouvoir, sans charisme,

travaillant à l'ombre

dans sa cuisine

comme une femme bonne

comme une femme bonniche

qui travaille dans sa cuisine

pour cet homme fort qui se fiche

de sa petite gueule d'amour

sauf au moment de la baiser.

 

Maintenant oui.

Je te fais mes salamalec,

Suzane.

Mes salamalec de mec

qui dit ce qu'il pense

de nos tristes rapports de force

règnant encore et toujours

entre filles et garçons.

Des rapports de force

qui ne sont pas

de vrais rapports amoureux.

Des rapports de force

qui forcent aux jeux sexuels

dominants-dominés.

 

C'est nous, c'est notre société,

c'est nous tous

et toi tu te bats au féminin

et moi je me bats au masculin

contre ça.

 

C'est tout. Et merci pour ce combat solidaire.

 

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