30/06/2019

Septembre en Juin

 

Septembre en juin.

Le vignoble semble mourir

sous nos yeux aveuglés

par ce soleil de mercure.

La vigne ne donnera pas de raisin.

L'azur est trop bleu.

Jour après jour,

le soleil y va de sa bombarde.

Ses rayons dardent sur nos corps

et nous tombons comme des mouches

atteints de somnolence et d'insolation.

 

 

Avec lui, l'Europe brûle

d'une chaleur inconnue

sauf des déserts de la mort,

des mirages inimaginables.

 

Tu dis que ton coeur m'aime

mais je brûle de l'intérieur

de ne pouvoir l'unir au mien.

Tu dis que courir pour le gain,

faire encore du cash avec du trash

en donnant quelques coups de reins

pour des flibustiers de l'amour

cela t'es indispensable

à tes urgences

de donner du pain

et même un peu plus

à ta famille

et à ton compte en banque

qui sonde les profondeurs

d'un abîme secret.

Tu dis que si tu fauches le foin

des prairies masculines

malgré nos saisons d'amour

en nous privant davantage

de notre temps pour nos soins,

le temps des regains

nous dira que cela

nous permettra de sauver

nos corps de la débâcle,

de la famine, de la solitude,

et qu'à la fin

nous resterons à jamais

les meilleurs amis du monde.

 

Tu dis que tu as le temps,

que tu es encore jeune,

que tu aimes les vacances en solo,

qu'un homme à tes côtés

c'est pas forcément l'amour à boire

mais trop souvent

la source de contraintes,

d'exigences, de violences, peut-être.

 

Tu dis,

et pendant ce temps

je vieillis encore un peu plus.

Tu dis,

et nous n'irons jamais voir

le coucher du soleil

sur les vagues,

les bateaux des pêcheurs

et les oiseaux enchanteurs

circulant au-dessus d'une mer écarlate.

Tu dis,

et je n'ai jamais obtenu la réponse

à notre énigmatique amour.

Tu dis,

et je ne saurai jamais

si la fin de notre voyage de noces

aura débouché sur nulle part

ou vers un paradis incroyable.

 

Tu es en attente

de je ne sais quel rêve extraordinaire.

Et tu t'actives sur ton I-phone

pour répondre aux chalands corsaires

de passage au studio

qui viendront déposer

leur vague à l'âme idiot,

leur pauvre marchandise

sur tes seins augmentés

de nouvelles tâches de rousseur

après une chevauchée espagnole

sous cette chaleur de plomb,

ton Mont de Vénus dévasté

par les barbares

et leur déluge après l'orage.

 

Tu voulais prendre

la couverture d'une autre

et sauvegarder

l'image de ton anonymat

pour préserver ton avenir

qui arrive très vite.

Mais tu sais bien

qu'il n'y a qu'une seule playmate

sous les flash d'un photographe

produisant pareille électricité, de mystère,

d'émotions tragiques

au fond de mon coeur grillé.

 

Alors tu te couches encore

un peu sur le futon de ton bordel

pour ces hommes qui passent

attirés comme des mouches

par tes attractions à la con.

 

Et mes vacances passent et trépassent.

Et notre amour passe et trépasse.

Et je joue l'Indien

qui te cherche dans la jungle atroce

de tes tours de passe-passe féroces,

de tes sentiments glacés

pour ces hommes à jeter

par-dessus la vraie vie

pour te donner mon souffle

et mon inspiration qui te portent

vague après vague

vers ta nouvelle vie en septembre.

 

Alors tu couches encore

un peu, beaucoup, passionnément

sans passion.

Alors tu couches encore

avec des garçons glaçons sans âge

comme un automate à piston

qui n'a jamais existé

et moi je vise toujours ton coeur

de ma flèche sarbacane

en attendant de construire

une cabane dans les bois

avec toi.

 

Mais si tu n'arrives pas

jusqu'à ton Robin des Bois

je finirai un jour en cabane.

Mais si tu n'arrives jamais

jusqu'à ton Robin des Bois

je finirai un jour en cabane.

Si tu n'arrives jamais

je finirai en cabane

Si tu n'arrives jamais

je finirai en cabane.

 

Chasser comme un bébé phoque

par le visage pâle

qui craint les Indiens dans la ville.

 

Les commentaires sont fermés.