03/07/2019

Espoir d'un amour

 

Peu à peu

tu me racontes ta vie

comme celle d'un long fleuve

charriant les lointains débris

d'une babushka, d'une veuve.

 

Cette grand-mère russe

fuyant son mari violent

pour sauver sa vie

et celle de sa petite puce,

ta mère,

qui accouchera un printemps

donnant naissance

à celle qui deviendra mon eldorado.

 

Eldor

Eldorado

la femme du poètissimo

Eldor

Elodrado

la femme du maestro.

Eldor

Eldorado

la femme de ce vieil ado

fou croyant au mirage

d'une vie sage avec toi.

Mais demain sera

sans toi et sans nous.

Car toi et moi

nous sommes fous.

 

Eldor

Eldorado

ta vie change

 mon ange.

Et si tu fais encore un peu de scène,

artiste pour leurs queues débâcle,

intermittente du spectacle,

actrice pour messieurs très obscènes

et que tu sèches tes larmes

sur le lit du bordel

en attendant la prochaine passe d'armes,

le moment glauque et sacrificiel,

ton faux numéro de charmes

pour tous ces noyés de l'amour,

je sais que, comme ta grand-mère

ramant avec sa fille le long du Danube,

tu fuiras aussi le pire des hommes,

le pire de leur nature primitive,

le pire de ta vie captive,

pour gagner les rives de ta Seine

et ta ville Lumière.

 

Va mon ange.

Tu es la plus belle

à mon coeur.

Va mon ange.

Tu es ma douleur,

mon honneur, mon bonheur.

 

Viva Cubanita!

Viva nuestra revolución!

mi angel.

 

C'est parti.

On danse ensemble

dans la nuit.

Et on oublie

nos âges, nos emmerds,

la fin de la nuit

et l'espoir perdu

de notre réalité future.