29/09/2019

De l'importance archéologique d'un guerrier et de son cheval

Je dois vous conter ici l'histoire d'une cheval et de son guerrier helvète.

C'est avec beaucoup de tristesse que je n'obtiens pas, pour le moment, de réponse de la part de la personne à qui j'ai confié mon beau guerrier et dont je viens de dévoiler mon identité réelle il y a quelques jours de ça seulement.

La Suisse est vraiment un drôle de pays rempli de bonnes et de mauvaises surprises. Les gens peuvent y être attachants mais aussi très distants et même quand un cadeau leur tombe du ciel à travers la beauté du geste d'une personne on ne reçoit finalement en retour qu'un silence de plomb.

Hors donc, mon guerrier sur son cheval m'a été vendu très vulgairement dans un sac plastifié style grande surface avec pleins d'autres objets hétéroclites dont certains étaient d'origine romaine ou gauloise.

Mon vendeur m'a juste dit qu'il y avait là un Indien sur sa monture genre soldat de plomb sur son cheval en pensant que c'était un objet relativement récent et ne concernant en rien le monde gaulois.

Maltraité, au milieu d'objets divers, et non protégé, mal nettoyé, il faisait peine à voir et au départ j'ai effectivement cru que cela pouvait être un Indien et son cheval fait avec du plomb. Mais très vite en le brossant avec soin et le débarrassant de sa poussière, j'ai vu que c'était une sorte de miracle. Un bronze d'époque sans doute, guerrier helvète sur sa monture avec tous les détails. Fabuleux! C'était pourtant au moment de la découverte de la fameuse main d'or de Prêle par des amateurs non-autorisés à la détection.

D'abord, je ne voulais pas vraiment y croire. C'était sans doute une copie plus ou moins fidèle d'un Gaulois sur son cheval fabriquée au XVIIIème ou XIXème siècle mais très vite j'ai été persuadé qu'il était vraiment d'époque. Car oui, un guerrier gaulois avec un tel luxe de détails n'aurait pu être créé qu'à peine il y a 50 ans en arrière et encore. L'archéologie a réussi à découvrir que très récemment comment un guerrier gaulois montait son cheval pour le combat.

Hors on voit bien que cet objet n'a pas été fait dans les 50 dernières années et qu'il est vieux.

Je vous donne les détails de ce merveilleux objet antique totalement unique et très précieux en attendant que ces Messieurs de l'archéologie ou des Musées antiques décident de prendre contact avec ma personne. 

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Guerrier helvète au galop. Il porte des braies (pantalon typiquement gaulois). Il a les cheveux long, porte un casque qui se termine par un serpent à trois têtes. Sur son flanc droit, une hache de guerre. Sa main droite est protégée par un gant de métal avec une lame qui repose sur un élément métallique placée au sommet de la tête du cheval ( cet élément a été découvert en archéologie dans les 50 dernières années. C'est donc totalement déterminant pour donner de l'authenticité à cet objet sans analyse des scientifiques).

Sur son flanc gauche, un poignard. Il porte également une cuirasse.

Les pattes avant du cheval semblent stylisées se terminant par un serpent pour la droite, et une tête d'aigle pour la gauche.

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Ici, on aperçoit bien la courte épée ou poignard ainsi que les braies (pantalon). L'autre main est aussi protégée dans une sorte de gant métallique.

 

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IIci le guerrier est posé sur fond d'une tasse de café standard.

Vous pouvez vous rendre compte de sa grandeur réelle.

 

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Détail du casque à la triple tête de serpent

 

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Détail de la main gantée à la lame de poignard reposant sur l'objet placé au sommet de la tête du cheval. C'est ce genre de détail qui a fini par me convaincre que cet objet datait d'environ 2'000 ans ou plus.

 

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Détail des deux pattes avant du cheval

 

Voilà. Vous savez maintenant pas mal de choses sur cet objet fantastique. Essayez donc de trouver un objet similaire aussi bien conservé dans toutes les trouvailles archéologiques qui concernent le monde celtique. Je n'ai rien vu de pareil sur Internet. C'est sans doute un objet très précieux. Seulement voilà, j'ai pensé bien faire après l'émoi qu'il m'a procuré. Je ne pouvais pas garder un tel trésor pour moi même si j'aurais bien voulu. Il fallait que je le restitue d'une façon ou d'une autre au patrimoine de l'Helvétie. C'était au temps de la main de Prêles. Je me devais de rester totalement anonyme pour éviter les emmerdements de la loi et pour éviter de gros problèmes au vieux chasseur de trésor gravement malade aujourd'hui que je ne connais pas mais dont je sais qu'il est encore en vie...

A noter que cet objet historique aurait pu finir dans une brocante en France, acheté par une mère dont son enfant aurait voulu l'avoir pour jouer à la guerre des cow-boys et des indiens, et finir sa triste carrière dans une poubelle le jour où, peut-être abîmé par l'enfant grandissant et se désintéressant de celui-ci, la maman aurait voulu faire de l'ordre dans une chambre encombrée d'une multitude de jouets devenus inutiles...

Alors franchement, Messieurs les archéologues, aurais-je du m'éviter les ennuis en ne rachetant pas des antiquités et ne pas sauver cet objet de la perdition, ainsi que tous les autres, et d'une triste fin dont notre patrimoine aurait été privé?

Maintenant reste la question. Monsieur le président de l'APYM a-t-il pris bien soin de mon guerrier et de sa monture comme je m'y attendais au départ quand j'ai pris la décision de le lui envoyer par paquet postal? A ma question, une réponse semble absolument nécessaire. Car je sais que le colis a bien été réceptionné par la personne en question...

Merci Monsieur de me répondre et de répondre ainsi à mes lectrices et lecteurs qui doivent se poser maintenant des tas de questions...

Et puis, un musée romand attend forcément le bel objet pour le présenter au public et en faire profiter toute la population.

C'est bien cela que veulent en général les archéologues. Non?

 

 

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