03/10/2019

Cette Suisse qui protège jusqu'à l'absurdité et la surdité

Massimo Beck tient bon dans sa lutte contre l'injustice qu'il subit depuis sa découverte de la fameuse main d'or de Prêles.

Il fait appel et lance dans le même temps une campagne de soutien à sa cause mais qui servira sans doute à faire évoluer la loi pour tous les passionnés de détection de loisir.

La Suisse est beaucoup trop rigide et surtout soupçonneuse avec les amateurs et peut-être trop laxiste avec un certain milieu professionnel qui accorde des permis de détection à des personnes de bon ton dans la société mais qui ne font pas preuve d'autant de loyauté envers les services archéologiques du pays.

Le problème n'est pas uniquement helvétique. En France, les gens qui ont obtenu officiellement permis de détection de l'Etat ne sont pas tous des saints et des saintes au service du peuple et des Musées. Allez seulement visiter les différentes plate-formes où se vendent tous les jours des dizaines de milliers d'objets, monnaies, armes, bijoux, etc. de biens culturels repris à la terre. Les amateurs de trésor recyclent leurs trouvailles et vendent sans aucun certificat d'authenticité et d'autorisation pour obtenir des gains parfois importants en contre-partie.

Punir quelqu'un d'honnête qui a ramené un trésor, qui plus est un trésor de premier rang, au service compétent en signalant l'endroit de la découverte, est d'une stupidité sans nom. Cela donne raison à toutes les personnes qui ne se gênent absolument pas de vendre à des privés des trésors archéologiques dont le lieu de découverte a été effacé à tout jamais... C'est là que réside le vrai scandale, le grand fléau auquel les pays doivent s'attaquer en punissant et en fermant les plate-formes du Web qui vendent à qui mieux mieux des objets que la loi, en principe, interdit...

Quant à donner la permission à des détectoristes de fouiller le sol grâce à des moyens technologiques, l'Etat devrait se montrer rigoureux et imposer une formation et l'obtention d'un petit diplôme après cours et examens auprès des services universitaires en archéologie. Ainsi ces personnes sauraient mieux apprivoiser l'importance d'une découverte quand elles fouillent un territoire et le signaler aussitôt au service compétent. La confiance devrait être réciproque et si doute devait apparaître sur l'intégrité de l'amateur concernant la remise de ses trouvailles les plus belles et de grande valeur sur le marché (style aureus d'or romain, autre monnaies en superbe état et d'une grande rareté, statuettes, etc.) il faudrait tout simplement retirer l'autorisation de fouille à cette personne.

Monsieur Massimo Beck, je vous soutiens entièrement dans votre combat. Il n'est pas normal de punir une personne honnête alors que beaucoup de personnes malhonnêtes profitent du flou juridique et du laxisme des Etats envers certains sites de vente de trésor. 

Personnellement, je trouverais même normal qu'un musée, qu'une ville, qui va profiter de l'aura d'une découverte majeure indemnise au minimum l'heureux inventeur d'un trésor pour sa peine. On récompensait bien un soldat héroïque d'une médaille officielle. Je ne vois pas pourquoi on ne gratifierait pas d'une gentille attention un inventeur de trésor qui a sauvé de la disparition totale un trésor vieux de plusieurs millénaires...

Les heures de passion passées dans un lieu de fouille par l'amateur sont autant d'heures de travail non rémunérées par l'Etat qui, lui, paie et paiera au prix fort les salaires des archéologues et autres savants qui viendront explorer le lieu de découverte. Personne n'est l'esclave d'un autre dans une démocratie...

A bon entendeur, salut. J'attends toujours un contact de Terrien avec un autre Terrien concernant mes chers petits objets. C'est là où l'absurdité et la surdité deviennent totales de la part de l'Etat, des journalistes, des archéologues et autres personnes déjà au courant de ces deux trésors qui n'attendent que des voix, des bouches, qui parlent et des experts qui analysent pour trouver et déterminer un jour le lieu d'exposition au grand public. Je crois que les objets en valent vraiment la peine et j'aimerais tant revoir, entre autres, mon cher guerrier helvète sur sa monture exposé derrière une vitrine avec sa légende et visiter par des milliers de citoyens et de citoyennes...

Je crains cependant le pire. Kafka vient à mon secours. Mais le meilleur je l'attends quand même pour la fin du Procès silencieux qu'on me fait.

 

 

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