11/10/2019

François Fillon, ce grand dadais des révolutions

Mauvais joueur, mauvais perdant, mauvais retour. François Fillon c'est la France pour les nuls en fake news.

Désolé, ce type, ex-candidat à la présidence, revanchard et trop prétentieux, tente de faire un retour médiatique faramineux et donne une leçon à Macron. Car lui aurait mis quelque 2,5 millions de personnes dans la rue au moment des réformes Sarkozy alors que le "petit joueur" qu'est Macron craint beaucoup trop quelques 180.000 gilets jaunes (en réalité plus de 300.000 personnes au début du mouvement qui dure encore près d'une année plus tard...

Non seulement cynique le type mais complètement nul en analyse. 2,5 millions de personnes qui manifestent leur raz-le-bol dans la rue ce n'est pas comparable à 350'000 personnes décidées à renverser la table pour un changement radical de politique en exigeant la démission d'un président.

Fillon ne connaît pas son histoire et ne sait rien des réalités de hier et d'aujourd'hui, fort différentes au demeurant.

Sait-il combien de personnes étaient présentes au moment de la prise des Tuileries le 10 août 1792? Non bien sûr sauf si cela lui convient d'être amnésique. 

Petit rappel au candidat à la présidence (sic):

"Pendant ce temps, les insurgés avaient forcé l'arsenal, s'étaient armés et avançaient en plusieurs colonnes. La colonne forte de 15 000 personnes du faubourg Saint-Antoine sur la rive droite et la colonne de 5 000 insurgés du faubourg Saint-Marceau sur la gauche entament leur marche vers six heures ; leur nombre augmente au fur et à mesure de leur progression. Les artilleurs se sont placés sur le Pont-Neuf avec la consigne du département d'empêcher la jonction de ces colonnes, mais Manuel, le greffier de la ville, leur demande de se replier et le passage est alors libéré.

Tôt dans la matinée du 10 août, les insurgés assaillent les Tuileries. L'avant-garde des faubourgs, composée de fédérés marseillais et bretons se déploie sur le Carrousel, tournant ses canons contre le château. Joly et Champion reviennent de l'Assemblée, considérant que les soixante ou quatre-vingts membres présents ne sont pas suffisamment nombreux et que leur proposition n'a pas été entendue. (...).

lire ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_10_ao%C3%BB...

Il faut se rappeler ce qui s'est passé en novembre et décembre dernier. Plus de 100'000 personnes dans la Capitale (soit au moins le double qu'en 1792 à l'attaque des Tuileries). Cette foule très en colère qui se heurte frontalement aux CRS avec parfois une violence inouïe du côté de l'Arc-de-Triomphe. Et Macron qui prend peur en son Palais. Hors, nous vivons au XXIème siècle. La police comme l'armée, d'un ordre de grandeur impressionnant pour toute la France, sont immédiatement alertées face au danger, les drones surveillent la foule, l'armée et la police sont équipés d'armes sophistiquées que les révolutionnaires n'ont de loin pas alors que, si Monsieur Fillon prend la peine de comprendre l'Histoire, le roi n'a guère que ses gardes suisses et quelques troupes françaises pour le défendre avec des armes plus ou moins équivalentes aux paysans et ouvriers ( équipés de fusils mais aussi de fourches, de couteaux, de cailloux sans doute, etc.), foule à l'époque plus nombreuse que les troupes attelées à la défense du roi et, surtout, foule très déterminée quant à l'issue finale,soit le départ du roi et son arrestation... Exactement comme en automne 2018 et printemps 2019.

Avec les mêmes moyens qu'à l'époque, les Gilets jaunes renversaient Macron. Ce n'est pas une utopie ni une analyse folle, c'est une réalité historique.

Ensuite François Fillon, bien trop fier en son château, ne comprend pas qu'aujourd'hui le recours à la violence répugne l'immense majorité du peuple alors qu'à l'époque de Louis XVI la violence faisait partie des moeurs courantes pour mener une guerre insurrectionnelle. Aujourd'hui, c'est par rage, par dépit, et par désespoir que certains et certaines ont brûlé des magasins, des banques, des kiosques à journaux beaucoup plus que par goût d'en venir aux mains et de combattre par la violence les forces de l'ordre qui ne fait plus partie d'une option valable pour l'écrasante majorité du peuple. Car que peut donc faire la violence civile face à l'équipement technologique et humain d'un pouvoir moderne? Rien. Absolument rien à part des morts et des martyrs d'une cause. La seule manière de réussir une révolution moderne, c'est le putch militaire et policier d'une partie des troupes loyalistes qui se rallierait à un mouvement révolutionnaire, donc une vraie guerre civile avec à la fin l'établissement d'une dictature militaire.

Option pas du tout réjouissance pour qui souhaite une vraie révolution démocratique vers une...6ème République par exemple.

Donc voilà, l'ex candidat de la Droite à la Présidentiel est un cancre en analyse politique doublé d'un vaniteux qui se prend pour plus malin qu'Emmanuel Macron. Ce dernier ne fait pas super bien son job, c'est un euphémisme, mais j'imagine que Fillon aurait fait encore pire que lui...

Vivement une candidate valable à la Présidentielle et préparée à l'établissement d'une Sixième République prête à changer radicalement le système politique français. Cela nous changera de la donne actuelle. Mais par pitié surtout pas Marine parce que là c'est vraiment la fin de la France démocratique issue des Lumières.