17/10/2019

Les monnaies, ces traçeuses d'Histoire et d'éternité

A l'heure des cryptomonnaies, ces monnaies virtuelles sans aucune attache à un peuple, il est temps de lancer un cri d'alarme face aux visionnaires ultra-libéraux qui nous vantent et nous vendent leur camelote.

D'abord, il est totalement erroné de se fier à des monnaies virtuelles. D'une part, parce qu'elle tracent tous nos achats, notre façon de vivre et de dépenser, nos moyens financiers d'existence, et les gens au pouvoir peuvent ainsi nous contrôler, nous espionner, nous contraindre, et, si un opposant politique dérange trop, le pouvoir peut remonter toute la trace de ses achats, donc ses déplacements, ses fréquentations, et, par exemple, pour un seul paiement effectué dans sa vie auprès d'une prostituée, le faire chuter devant sa femme, sa famille, et le peuple. C'est un pouvoir énorme que l'on donne aux puissants en nous abandonnant totalement à la monnaie virtuelle.

Ensuite, quelles traces allons-nous laisser de notre époque, de notre Civilisation si nous passons au tout virtuel? Déjà nos monnaies ne sont plus fabriqués dans des métaux nobles, or, argent, bronze, métaux qui tiennent le coup durant des siècles, voir des millénaires, même en milieu hostile (sols humides, acides, etc.). Il suffit d'abandonner une pièce d'euro dans la nature pendant quelques années et vous verrez bien le résultat: désastreux. La pièce est déjà "morte", illisible, corrompue jusqu'à l'os...un peu à l'image de notre temps.

Je serais pour ma part très favorable à ce que nos sociétés recrées des monnaies de bronze, d'argent, et d'or au lieu de s'abandonner à des monnaies bas de gamme, ou plus grave encore, au tout virtuel.

Mais bien sûr ce n'est pas du tout la tendance actuelle de nos pouvoirs en place. Eux, le futur éloigné, il s'en fiche royalement. Ce qui compte c'est l'efficacité de leur pouvoir et la surveillance des foules. Les monnaies peuvent bien disparaître à tout jamais, ne laisser aucune trace dans mille ans, c'est le cadet de leurs soucis matérialistes.

Hors la monnaie, c'est bien plus qu'un lien matériel avec celui qui la détient. C'est d'abord un lien spirituel qui nous relie à la communauté, la vision d'un peuple, son histoire écrite (les Romains racontaient leurs victoires militaires à travers les monnaies alors qu'ils frappaient aussi des jetons érotiques qui servaient à payer les prostituées). 

Je vous ai parlé un jour du denier d'argent de la Légion XVII (denier des Légions créés par Antoine) que je détiens, denier trouvé par le chasseur de trésor mystérieux et très vieux aujourd'hui. Ce denier je le considère comme merveilleux parce qu'il a une contre-marque en forme de coeur, contre-marque unique à ma connaissance qui ne peut pas vraiment être confondu avec un V par exemple. J'ai alors imaginé un légionnaire tombé amoureux d'une belle de chez nous qui lui offre en cadeau un denier dont il a demandé à un forgeron de le marquer préalablement d'un coeur. C'est peut-être n'importe quoi mais moi j'aime bien les histoires romantiques extraordinaires. Et quand on sait que la Légion XVII est passée par chez nous pour aller se faire massacrée totalement par les "barbares" de l'autre côté du Rhin, et bien j'aime d'autant plus imaginer dans ma légende qu'un légionnaire a aimé furtivement une belle de chez nous avant de mourir pour la gloire de Rome.

Tout ça pour vous dire que grâce aux monnaies nous remontons le temps et nous apprenons beaucoup de choses sur nos ancêtres qui ont toujours vu à travers les monnaies des expressions divines autant qu'humaines.

Ci-dessous, je vous donne en images trois monnaies d'exception. La première, c'est une monnaie bien de chez nous, notre Dame Helvétia assise, créée en 1850 et reproduite alors sur les pièces d'argent de 50 ct., 1 franc, deux francs, et 5 francs. Des citoyennes et citoyens ont su conserver, presque intactes, ces monnaies magnifiques qui se négocient, pour certaines parmi les plus belles et les années les plus rares, à des prix au-delà des mille francs suisses actuels...voir des dizaines de milles francs...

Pour les deux autres, je me dois d'avertir les connaisseurs et connaisseuses. Si quelqu'un peut me prouver que ces monnaies appartiennent à un musée ou à un privé, ce serait un grand honneur pour moi de les restituer à leur légitime propriétaire. Ce sont des monnaies parvenues jusqu'à moi par hasard. Disons, par ironie, que j'attire les beautés jusqu'à moi, et que c'est grâce à une archéo pizza connexion que j'ai eu la chance de les racheter à un ignorant en la matière qui voulait juste se faire un peu d'argent et pas vraiment me dire comment il avait obtenu ces deux pièces. Par les temps qui courent, plus rien ne m'étonne. Les pays sont pillés par la guerre, les musées sont dévalisés, et les collectionneurs volés...tandis que des sites archéologiques sont vandalisés et violés par des gens qui profitent de la guerre en Syrie. Donc, voilà. Ces monnaies sont miennes mais je m'attends à les rendre un jour ou l'autre. Par contre, si aucune preuve ne peut être apportée (je n'ai pas trouvé trace de ces deux monnaies sur Internet à part les miennes...) je ne vois pas quel pays pourrait revendiquer la propriété de ces monnaies fantastiques. Certainement pas la Suisse en tout cas. Sinon ce pourrait être la Grèce, la Turquie, la Syrie, le Liban, l'Egypte, et même d'autres encore... Donc, jusqu'à preuve du contraire, elles sont miennes (Interpol si vous avez leur signalement, entrez en contact avec moi).

Ceci étant dit, il s'agit d'un tétradrachme de Ptolémée V (- 205 avant J.-C.). Au départ, je n'en savais strictement rien à part qu'elle devait être grecque en lisant le texte. J'ai juste trouvé la monnaie belle malgré ses traces de patine noire qui défiguraient un peu la monnaie. N'étant pas sûr de l'authenticité, je l'ai achetée avec prudence en pensant à une copie refrappée en argent par un artisan. Mais au fur et à mesure de sa prise en charge, de son nettoyage patient, et du manque d'information sur Internet quant à d'éventuelles copies modernes de cette monnaie, j'ai commencé à prendre conscience qu'elle devait être authentique, d'une part parce qu'elle avait tout de même des tâches noires importantes que j'ai pu effacer avec douceur et, d'autre part, parce que son poids (environ 14 g) et ses dimensions (25mm et 27mm dans sa plus grande largeur) peuvent être considérées comme valides. Enfin la frappe elle-même (léger trefflage à un endroit de la monnaie) et les traces laissées sur la pièce font vraiment penser à une frappe d'origine.

Pour l'autre monnaie, il s'agit d'un statère ou double sicle de Kaunos (410-390 avant J.C.) représentant la déesse ailée Iris d'un côté et, de l'autre, un bétyl ou maison de dieu entouré de deux grappes de raisin avec les lettre delta et gamma.

Dans les deux cas, les monnaies sont d'une beauté exceptionnelle et rarissime voir unique. Je vous laisse admirer en silence.

Elles ont laissé plus de deux millénaires derrière elles et même presque 2500 ans pour celle qui représente la déesse Iris. Regardez leur état. Et regardez l'état de nos monnaies actuelles après quelques années passées sous terre... 

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L'état du tétradrachme de Ptolémée V peu après son achat

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L'état actuel après des heures de nettoyage en douceur. L'éclat est unique. Même dans les musées du monde, vous ne trouvez pas un tel portrait aussi parfait de Ptolémée V.

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L'Aigle au levé du soleil. Le bleu est le bleu du ciel se miroitant dans la monnaie.

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Le léger trèfflage (double frappe si le coin bouge) de la monnaie Lagide

et l'anagramme de Tyr (Liban actuel) marque de l'atelier de frappe.

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Impressionnante Iris... d'une qualité de frappe exceptionnelle pour cette monnaie...

 

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Mon péché mignon...

Et maintenant attention. Dame Helvétie doit bien se tenir à côté de deux monnaies qui lui rendent deux millénaires et plus.

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Notre Dame  d'Helvétie passe l'examen. Mais dans deux milles ans,

est-ce que sa qualité de monnaie en argent aura su se préserver

de la corruption comme les deux autres monnaies qui figurent avec elle sur cette image? Rien n'est moins sûr. Tant les miracles sont de plus en plus rares.

   

Celtes et Egypte pharaonique se reconnaissent dans la défaite

Trois grandes batailles étendues sur à peine un quart de siècle ont assis la domination du futur Empire romain (ex République romaine) sur tout le pourtour de la Méditerranée (Mare Nostrum), notre mer désormais romaine.

Divico, l'Helvète, le peuple du plateau suisse et ses alliés gaulois, furent défaits à Bibracte en 58 avant J.-C. au tout début de la Guerre des Gaules. Vercingétorix, l'Avernois (Auvergne), fut défait à Alésia en -51 et mourut étranglé à Rome cinq ans plus tard sur ordre de César. Marc Antoine (un des trois généraux du second Triumvirat) et Cléopâtre, furent enfin considérés comme dangereux pour Rome et soupçonnés de vouloir faire d'Alexandrie la nouvelle capitale égypto-romaine. Antoine s'orientalise et cela ne plaît ni à Octave, qui risque de perdre son autorité, ni au Sénat qui trouve qu'Antoine est en train de trahir Rome au profit de la reine pharaonique Cléopâtre VII.

C'est donc finalement une bataille marine fratricide à laquelle se livreront les légions fidèles à Antoine et les légions fidèles à Octave. A Actium, en -31 la bataille navale est engagée. Et c'est Antoine qui sera défait.

Très vite, après la mort de Cléopâtre et d'Antoine, Octave se fera appeler Auguste et deviendra le premier empereur de l'Empire romain.

En moins de trente ans Rome brise la résistance celtique et détruit la dynastie ptolémaïque qui existait depuis la disparition d'Alexandre le Grand (-305 avant J.C.), Cléopâtre VII étant la dernière souveraine pharaonique (reine d'Egypte, le titre de pharaon ayant été attribué par les prêtres égyptiens dès le règne de Ptolémée II).

Si Rome triomphe et s'installe désormais de pleins pieds en territoire conquis, Helvètes et Egyptiens semblent alors se reconnaître encore davantage dans la défaite. C'est peut-être pour cela que l'on a alors des assemblées cultuelles mêlant les croyances pharaoniques aux croyances celtiques du côté de Lousonna. Si les peuples pharaoniques sont défaits et leur étrange écriture à jamais déchiffrée par les générations futures avant que la miraculeuse pierre de Rosette (écrite en trois langues et proclamant roi pharaon Ptolémée V) nous donne enfin la possibilité de lire les textes égyptiens; si les peuples celtes sont défaits et leurs rites à jamais mystérieux disparus parce que jamais gravés dans la pierre, il n'en reste pas moins que ces deux cultures multi-millénaires ne sont pas mortes. Elles nous fascinent. Et l'on cherche à en savoir toujours plus sur elles.

Associés à la culture romaine et à la culture grecque. ces 4 cultures réunies avancent désormais ensemble pour le meilleur et pour le pire. Il n'y a, alors, pas de dieu supérieur et unique. Il y a des hybridations, des mixités, des croyances qui se meuvent et évoluent. On appelle cela le paganisme.

Pendant ce temps, un certain Jésus-Christ naît du côté de Jérusalem. Une nouvelle religion dominatrice s'installera plus de trois cents ans plus tard. Rome, après avoir pourchassé et exécuté les chrétiens, va devenir peu à peu chrétienne. C'est la conversion au Christianisme, en 312 ou 326, de l'Empereur Constantin qui va changer la donne et faire du Christianisme une religion reconnue et non persécutée par l'Empire. Mais le paganisme reste très majoritairement au sein des populations. Le Christ n'a pas encore triomphé. Il reste marginal et pas très attractif pour les gens du peuple.

Il faudra sans doute l'arrivée des rois de France pour faire du Christianisme un triomphe religieux en Europe. Une religion née sur les bords du Nil triomphe dans nos sociétés...et cela ne posera aucun problème aux générations futures qui s'étriperont plutôt pour savoir si on a le droit de représenter la Vierge, les saints et les saintes, et Jésus lui-même ou si le Temple doit rester vierge de toute icône. Catholiques et protestants se feront des guerres sanguinaires pour des statues... L'aberration religieuse et le fanatisme...

Et puis, au moment même ou le Christianisme commence à peine à prendre son essor, naît un certain prophète Muhammed. L'Orient n'a pas forcément envie de ce dieu fait homme, provenant du Nil qu'est Jésus et qui a été labellisé par Constantin et ses successeurs religion officielle d'Occident. Muhammed tombe très bien. On mettra sa religion en concurrence immédiate avec celle des Chrétiens d'Occident et on combattra les Chrétiens d'Orient. On prend le même livre sacré d'Abraham (l'Ancien Testament des Juifs), on critique le Nouveau Testament et on refuse la divinité de Jésus tout en fabriquant le Coran écrit sous la Parole d'Allah, Parole Absolue puisque non humaine mais venant directement du Ciel. C'est plus fort encore que n'importe quelle religion pour la manipulation des esprits. Un écrit qu'on ne peut pas toucher sous peine d'être condamné à mort et à l'enfer, c'est le moyen de terreur absolu sur les âmes de populations plus ou moins ignorantes.

Nous sommes au XXIème siècle. Rien à changer. L'esprit de domination des hommes, la soumission des femmes. la soif de pouvoir par la terreur sur les êtres humains. 

J'étais hier soir au cinéma. J'ai vu un très beau film. C'est l'histoire tragique d'une jeune femme algérienne ayant soif d'émancipation. C'est notre Histoire tragique et perpétuelle sous la domination de quelques hommes qui se croit détenteurs de la parole divine et maître de la vie et de la mort de femmes, d'enfants, d'hommes qui ne pensent pas comme eux la spiritualité et la croyance, ou non, en un dieu ou plusieurs dieux...