18/11/2019

La présomption d'innocence. Un droit sacré?

Le Capitaine Dreyfuss avait droit à la présomption d'innocence. Il a eu droit à l'humiliation et à la condamnation la plus sévère pour un crime qu'il n'avait pas commis et des preuves fabriqués.

Les présumés innocents étaient ses accusateurs qui se sont révélés être coupable d'antisémitisme et d'une grossière erreur judiciaire montée de toutes pièces par eux-mêmes.

Dans un contexte de dénonciation, il est facile de dire du mal de n'importe qui et surtout des personnes qui ne nous conviennent pas idéologiquement ou politiquement. J'en sais quelque chose...

Hitler était présumé innocent avant qu'il ne commette les pires barbaries du XXème siècle. Quelqu'un qui disait du mal d'Hitler en Allemagne était quelqu'un qui diffamait et mentait aux yeux des fanatiques d'Hitler.

Il faut donc bien que des femmes et des hommes courageux(ses) prennent la défense des plus "faibles" c'est-à-dire des personnes qui ne peuvent à peu près rien prouver d'une agression sexuelle si ce n'est qu'elles ont en parlé à un confident ou une confidente, à une ou des personnes de confiance quelques temps après l'acte criminel. Mais parler n'est pas apporter une preuve de ce que l'on a vécu dans un huis-clos. Seule une scène filmée, une dénonciation immédiate à la police avec examen médical de la victime et sperme éventuel de l'agresseur sont des preuves réelles d'une agression. Mais quelle femme se rend immédiatement à la police ou à l'hôpital si elle n'est pas blessée physiquement au point d'avoir recours à des soins d'urgence? Sous le choc émotionnel très peu de femmes conçoivent qu'elles doivent aller à l'hôpital pour dénoncer leur agresseur et subir un examen gynécologique dans la foulée du viol si j'ose m'exprimer ainsi. Et plusieurs jours après, c'est déjà bien trop tard. La femme s'est lavée bien souvent immédiatement après le viol subi pour effacer les traces du crime sur sa personne.

Les hommes savent tout ça. Et les violeurs en profite pour commettre leur crime en toute impunité. Sans compter les proférations et menaces de mort si la victime parle, voir pire encore des menaces de mort sur les proches, les enfants de la femme bafouée.

Les femmes sont bien entendu aussi capables de mentir et de se comporter de façon ignoble. Elles peuvent apporter un témoignage mensonger. Il faut pourtant se poser la question. A qui profite la libération de la parole d'une femme 43 ans après les faits? A l'accusé ou à la victime? Sans preuve a apporté autre que sa parole, la femme est dans une position de fragilité absolue surtout face à une personnalité médiatique. Son témoignage ne peut suffire à lui seul. Il faut que le public tranche entre la véracité de sa parole ou la fausseté de celle-ci. C'est quasi un acte de foi qui est demandé au public en l'absence de toute preuve tangible.

Dans l'affaire Ramadan, frère Tariq a compté beaucoup plus sur la loi islamique pour sa défense devant les adeptes de l'islam, qui requiert au moins 4 témoins direct du viol ou de l'adultère (!!!) pour punir le ou les coupables et prononcer une sentence de culpabilité, que sur nos lois occidentales qui prennent en considération le témoignage direct de la personne violée et des témoins indirects qui ont pris connaissance de sa parole après l'acte. Cependant, même en France, la parole d'une femme vaut-elle la parole d'un homme puissant et adulé ainsi que le plaidoyer des meilleurs avocats qui prennent sa défense et misent tout sur la présomption d'innocence et ainsi acquitter le violeur de tout crime sexuel?

Pour ma part, j'ai pris le parti de défendre les femmes qui osent parler. Certainement que parmi toutes les femmes qui se prétendent victimes d'un violeur, il y en a de temps en temps une qui ment et qui cherche à faire sa publicité et gagner de l'argent sur le dos d'une célébrité.

Mais il est pour moi assez clair qu'une femme qui dénonce 43 ans plus tard un crime sexuel prescrit par la loi sait parfaitement qu'elle a beaucoup plus de chance de prendre des sales coups que de gagner l'estime des gens et d'obtenir du fric d'une célébrité. Si elle le fait, c'est qu'elle est bien certaine d'avoir été un jour tabassée et violée par son agresseur. C'est pourquoi j'ai foi en sa parole et que pour Roman Polanski, violeur récidiviste, je ne lui accorde guère la présomption d'innocence dans cette nouvelle affaire tragique.

Mais ma foi peut bien entendu me rendre aveugle à la vérité car comme pour toute foi est heureux celui qui croit la victime sans avoir vu; est malheureux celui porte un jugement sur un présumé coupable et qui condamne à l'exil et à la dégradation de sa célébrité un innocent cinéaste de génie...

http://vincentschmid.blog.tdg.ch/archive/2019/11/15/j-acc...

 

 

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