10/03/2020

Laissez-moi mourir de rire

Si je dois partir

par ce méchant virus;

si mes funérailles sont solitaires,

que le gouvernement verbalise

et condamne ma famille,

mes quelques amis,

mon cheval, mon chien, et mon rat

qui voudraient me dire un dernier adieu,

j'aimerais que mon croque-mort

pose sur le toit de son corbillard,

comme un corbeau posé

sur une branche de chêne,

ces deux images finales

d'un poète disparu.

 

Qu'il passe dans tout Neuchâtel

avec des haut-parleurs

et une sono

en diffusant cette chanson

proclamant que la mort d'un poète

n'a pas de temps,

qu'un poète meurt toujours

pour la gloire de l'humanité.

 

Ce sont là mes voeux.

 

A mes amis et amies italiens-nes,

soudanaises, migrants et migrantes

d'où qu'ils viennent

et qu'elles viennent

qui sont restés coincés au pays

et qui n'auront peut-être

jamais droit à d'électriques funérailles.

 

L'époque est méchante

et la Terre nous prévient

de notre méchanceté.

 

Le Poète, Montreux Jazz Festival,

photo originale prise par ma soeur Chantal

 

 

 

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